‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 153 sur 228 · S 31. — SAINT GRÉGOIRE LE THAUMATURGE · texte numérisé non relu

S 31. — SAINT GRÉGOIRE LE THAUMATURGE

voir récemment « un exercice élégant » de quelque humaniste moderne, peut-être de l'oratorien Vignier (f 1661), trop expert en ce genre de littérature.

• Saint Grégoire le Thaumaturge.

I. Sa vie. — Grégoire, surnommé le Thaumaturge, naquit vers l'an 210, à Néocésarée, dans le Pont, et porta d'abord le nom de Théodore. Il grandit en sa ville natale, dans un milieu distingué, mais païen. Sur les conseils de son maître de latin, il résolut de se consacrer à la science du droit et de l'aller chercher, avec son frère Athénodore, aux célèbres écoles de Béryte en Phénicie ; mais la nomination de leur beau-frère au poste d'assesseur du gouverneur de Palestine, ayant conduit les deux jeunes gens jusqu'à Césarée, ils y furent tellement charmés par la personne et par l'enseignement d'Origène, qu'ils renoncèrent au projet formé à plusieurs reprises de s'enfuir secrètement à Béryte ou dans leur patrie ; ils s'attachèrent de toute leur âme au maître admiré, qui sut gagner des élèves si distingués à l'étude des Saintes Ecritures et par là, peu h peu, à la foi chrétienne. La première rencontre du jeune Grégoire avec Origène doit se placer on l'an 231 ; ses études sous l'illustre savant durèrent jusqu'en 238 ou -39, interrompues seulement par la persécution de Maximi n le Thrace (235-237 ou 238), qui contraignit, croit-on, le maître à chercher un refuge en Gappadoce, tandis que le disciple se rendait à Alexandrie.

L'an 238 ou 239, Grégoire, dans un discours publie (! panégyrique et actions de grâces, dit adieu à Orîgèoe eu la ville de Gésarée, et les deux frères reprirent le chemii du Pont. Dès Tan 240, semble-t-il, Grégoire fut élevé pr Pheedimus, évêque dAmasée et métropolitain du Pon: sur le siège épiscopal alors créé dans sa ville natale. Sa: les travaux de l'évoque nous ne sommes guère renseigna que par la Biographie (2) que lui consacra saint Grégoire de Nysse, pièce quelque peu ornée de légendes et surtou. très peu sûre dans ses données chronologiques.

Avant d'entrer en fonction, raconte le biographe, le Thaumaturge se retira dans la solitude. « Une nuit, comme il réfléchissait sur la parole de la foi et faisait toute sorte de méditations (3) i v la Bienheureuse Vierge Marie lui apparut, accompagnée de saint Jean. Sur Tordre de la Sainte Vierge, l'apôtre dicta une formule de foi au nouvei évêque, qui, les célestes visiteurs disparus, s'empressa de la mettre par écrit. L'autographe se voyait encore à Néo- Césarée à l'époque où écrivait Grégoire de Nysse (4). Sainte Macrine, grand'mère de saint Grégoire de Nysse et de saint Basile le Grand, instruite suivant cette formule par le Thaumaturge lui-même, l'apporta en Gappadoce à ses petits-fils. 11 est probable que l'évêque de Nysse trouva dans les récits de la sainte aïeule les principaux éléments de sa biographie. La formule de foi, exposition brève mais fort claire et précise du dogme de la Trinité, obtint dans la suite une très grande autorité.

Grégoire de Nysse raconte longuement les divers miracles qui valurent à son homonyme de Néo-Gésarée le surnom de Thaumaturge. Ce qui est certain, c'est qu'il

1. « Convocata grandi frequenlia, ipso quoque Origenc pressente. ■ Hua, /> viris, ch. lzv.

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