ÉCRIVAINS LATINS
§ 34. — Prolégomènes.
I. La langue des écrivains ecclésiastiques latins a subi naturellement l'influence et gardé l'empreinte des premières traductions latines de la Bible, que Ton a coutume de comprendre, par allusion au passage si connu de saint Augustin (1), sous le nom de Version italique, d'Itala. Ces traductions parlaient la langue du peuple, lingua rustica ; elles se moulaient en outre, le plus possible, sur le texte grec, c'est-à-dire, dans l'Ancien Testament, sur le texte d'avant les Hexaples d'Origène, sur la xoiW, «oo<nc des Septante ; elles en étaient le calque servile, et de là les tournures étrangères, héllénismes ou hébraïsmes, dont à chaque page elles étaient hérissées. Tel est aussi le caractère qui distingue la langue des plus vieux écrivains ecclésiastiques latins : ici et là même ton populaire, même
1. « In ipsis antem interpretationibus Itala ceteris pnrferatur, nam est verbornm tenacior cum perspicuitate sentenUœ. » S. Aog. De doc t. chr., u, 15 : MiCFt, P. £., miv, 46.
usage ou plutôt même prodigalité de termes et de phr sentant le grec et l'hébreu. Dès la fin du II e siècle ce: dant Tertullien forge avec plus ou moins de bor.Lnombre d'expressions latines, afin de les substituera. mots grecs, et, dans le cours des temps, une fouit . vieilles expressions latines vont se dépouillant peu à : de leur sens primitif pour revêtir un sens nouveau, : sens chrétien. Mais, presque toujours, la langue des éc.v vains ecclésiastiques reste à travers les siècles en un c:: tact étroit avec le langage du peuple; elle y puî^e pleines mains. C'est qu'en effet, les Pères cherchaie: avant tout, comme ils nous le disent eux-mêmes, à se K faire comprendre de leurs auditeurs et de leurs lecteur* et pour atteindre à ce but, en règle générale, ils sacrifie:.: tout.
G. Hoffmane, Histoire du latin d'Eglise. T. I, Naissance et progrès i* latin a" Eglise jusqu'au temps de saint Augustin et de saint Jérôme* fasc. l, Breslau, 1879, in-8°, fasc. 2, 1881. Le reste -de l'ouvrage n'a pas pra. On a étudié de près les vocabulaires de plusieurs écrivains ecclésiastiques latins : nous signalerons chacune de ces études spéciales en paria/r* de l'auteur qui en fait l'objet. — Le lexique le plus important pour l'étude de la basse latinité est celui de du Gange (Cf. Supra, § 4, i} - \ Glossarium ad scriptores mediœ et infimae latinitotis, Paris, 1678, 3 vol. ' in-fol. L'outrage a eu nombre d'éditions corrigées et augmentées. En France, l'édition la plus récente est celle de L. Havre, Niort, 1883-1887, 10 vol. in-4°. — « En vue de préparer un Trésor de la langue latine, G. Wôlfûin publie depuis 1884 c des Archives de lexicographie et da grammaire latine, y compris le latin des débuts du moyen âge. » Les Indices des éditions de l'Académie de Vienne (v. supra, g 3, h) rendent, en attendant, de précieux services. — Sur Vltala, v. les manuels d'Introduction à l'Ecriture Sainte. — V. aussi TeufTel-Schwabe, Hist. de la litt. romaine, 5' édit., p. 942-944.