MINUTIUS FÉLIX
rds charmants, et l'entretien change de cours. Mais ?cilius n'y prend plus part, il reste sérieux et préoccupé, îr une question de Marcus, il avoue qu'Octavius Ta piué au vif, et il demande que, séance tenante, de part et autre, on s'explique à fond(l). Marcus est choisi pour rbitre ; il s'assied entre ses deux amis, sur le môle du >ort, et la discussion commence.
Ceci li us, qui prend la parole le premier, est un acadéri ici en comme le Gotta de Cicéron, un sceptique; s'il réprouve le christianisme, c'est qu'il y voit une apostasie de cette foi des ancêtres, à laquelle Rome doit sa grandeur, un fantôme, qui insulte à la morale et à la raison (2). Après un court échange d'observations Octavius dans sa réplique suit pas à pas son adversaire ; il flagelle d'abord et jusqu'au sang le polythéisme païen ; puis en face des calomnies ramassées par Gecilius, il venge les chrétiens des accusations de débauche, d'assassinat, d'inceste, d'athéisme, etc. (3). Pas n'était besoin d'une sentence de l'arbitre. Cecilius n'hésite pas à se reconnaître vaincu, c Après quoi, conclut l'auteur (4), nous nous séparâmes heureux et pleins de joie, Cecilius d'avoir cru, Octavius d'avoir vaincu, et moi d'avoir assisté à la conversion de l'un et à la victoire de l'autre. »
L'art de la composition et le charme du style font dé l'Octavius, selon le mot de M. Renan, « la perle de l'apologétique chrétienne ». Disons plus : les meilleurs écrivains profanes du n e siècle, un Fronton, un Aulu Gelle, un Apulée, ne sauraient disputer le premier rang à notre auteur, tant, malgré les inévitables traces de la décadence générale du goût, son langage atteint à un rare degré d'élégance, de grâce et de limpidité! Minucius Félix, a étu-