‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 168 sur 228 · Ch. xl · texte numérisé non relu

Ch. xl

dié les lettres humaines, il est imprégné de la culture ch sique de son temps, et c'est aux païens lettrés que s'adre— notre dialogue. Si vive que soit la critique, on y sent pa* tout la tolérance et la douceur, et l'ardeur des convïctio: n'altère pas la cordialité des sentiments. L'Ecriture Sain: n'est pas une fois citée ; à toutes les pages, au contraire le défenseur du christianisme, Octavius, en appelle au: auteurs païens de la Grèce ou de Rome. Les mystères c la foi chrétienne sont laissés dans l'ombre (1) ; en face c polythéisme, la religion nouvelle ne paraît être qu'un monothéisme rigoureux.

H. Date de l'Octavius. — Gomme il arrive souvent, pou: préciser l'époque où vécut l'auteur, il faut d'abord assigner une date sûre à la composition de son livre. Mai* pour déterminer cette date, on ne trouve pas dans le dialogue lui-même un point de repère certain.

Le ton de l'Octavius, en parlant de Fronton (2), fait supposer que cet écrivain, lequel mourut vers 175, était encore un personnage, sinon vivant, du moins très connu et d'une grande autorité. D'autre part, c'est dans l'Apologétique de Tertullien, vers Tan 197, qu'on aperçoit généralement de nos jours les premiers vestiges de l'Octavius (3). Tout, d'ailleurs, forme et fond, révèle entre les deux livres une si étroite parenté, qu'on ne peut se refuser à croire que l'un des deux a profité de l'autre ; sans quoi l'on devrait admettre qu'ils ont puisé tous les deux à une source commune, dans un troisième ouvrage don( fe souvenir a totalement disparu. Mais il est malaisé de dé-

i. Ces lacunes n'accusent ni la science ni l'orthodoxie de l'auteur. IfhraeiQ*- Félix n'avait pas entrepris une exposition complète des dogmes chrétiens, n avait voulu combattre le paganisme avec les armes de la raison et de la philosophie ; U n'a voulu dire et n'a dit que ce qui allait directement à réfuter les calomnies populaires et à calmer les répugnances des lettrés contre le christianisme. (N. d. T.).

2. En parlant de Fronton, Cecilius dit Cirtensis noster (Oct., ch. ne, 6), *< Octavius lironto tuus (Oct., ch. xixi, 2).

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