Op. c
§ 35- — MINUT1US FÉLIX 309
~)e aleatoribus ou, mieux, Y Advenus aleatores. C'est là, «Ion toute apparence, une homélie, et l'orateur dans le atin populaire y malmène rudement la passion des déf. 3e n'est guère que dans la bouche d'un pape, d'un successeur de saint Pierre, qu'on peut bien comprendre une des premières phrases, celle où l'orateur revendique
« apostolatus ducatum et vicariam domini sedem et
originem authentici apostolatus super quem Cbristus fundavit ecclesiam > (1). Mais il est à peu près hors de doute, tant les traces d'imitation sont visibles ! que l'auteur a mis à profit les ouvrages de saint Cyprien, notamment son livre des Témoignages, écrit vers l'an 248 (2).
Sur les ouvrages, aujourd'hui perdus, de saint Victor I", V. Caspari, Source* pour l'histoire du symbole baptvmal... tu, 413-414. 432-435.
On trouve l'Advenus aleatores dans les éditions de saint Cyprien : Migne, P. Lai., iv, 837-836 ; G. Bartel, 5. Cypr. opp., Vienne, 1868- 1871, 3* part., p. 92-104. M. ïUrnack, Textes et recherches pour servir à l'hist. de l'anc. lia. chrét., 1. V, fasc. 1, Leipzig, 1888, a appelé l'atlenlion sur cet opuscule et provoqué de nouveaux travaui. A. Miodonski a publié de l'Adrersus aleatores une excellente édition séparée, Erlaugen et Leipzig, 1889, in -8° ; on en doit une autre plus complète à H. Hilgenfeld, Fri bourg, 1889, in-S". Cf. Miodonski, Critique de la première eu date des homélies latines. Advenus aleatores ; Commentaliones Wœlffiinianx, P- 371-376, Leipzig, 1891, in 8° ; Idem, Miscetlanea latina, Cracovie, 1892, in-8°.
Contre l'hypothèse de 11. Haroack, V. WœlfDin, Le Pseudo Cyprien de aleatoribus, dans les Archives de lexicographie et de grammaire latine, t. V, 1888, p. 4*1-499 ; Funk, L'opuscule De aleatoribus, dans les Annales historiques, t. X, 1389, p. 1-22.
L'hypothèse de H. Bamack est soutenue par Ryder, ll-irnack on tfie De aleatoribus, dans The Dublin Bepiew, Ser. m, t. XXII, 1889, p. 82-98 ; ptr P. von Ilœnsbrtech, L'opuscule De aleatoribus et la primauté des Mques de Rome, dans la Rev. de ihéol. cath., t. XIV, 18ÏK.I, p. 1-26.
Cf. W. H aller, Pseudo-cyprianus advenus aleatores, dans les Etude théologiques du Wurtemberg, t. X, 4889, p. 191-222 : l'opuscule a parn« Rome, avant l'année 250 ; il est l'œuvre, non pas d'un évèque catholique, mais d'un évoque novatien, peut-être d'Hippolyte. — Etude cnlique sur l'opuscule De aleatoribus par les membres du séminaire dThisioi^ ecclésiastique établi à l'université catholique de Louvain, 1891, in-8":!« style de l'opuscule dénote un pape né en Afrique, peut-être saint M& chiade (311-314). Cf. un posl-scriptum : Une lettre perdus de saint Pa% et le De aleatoribus, Louvain, 1893, in-8°. Réponse au P. Minasi, S.^J.. Vopuscolo contra Aleatores scritto da un Ponte fice romano del //• secs: (antérieur à Tertullien, postérieur à saint Justin), dans la Civilta Cûitolica, Ser. 15, t. II, 1892, p. 469-489.
Le Pseudo-Isidore contient deux Lettres sous le nom de saint Victor: Décrétâtes Pseudthlsidorianx, rec. Hinschius, Leipzig, 1863, p. 127-130. On trouve deux autres Lettres apocryphes dans Mansi, S5. Cône. Coll., i, 704-706 ; Migne, P. G., v, 1488-1490. Cf. les fragments publiés sous le nom de saint Victor par J. V. Pûugk-Harltung, Acta. Pontif* Rom. in édita, t. H, p. 1-2, Stuttgard, 1884.
§ 36. — Tertullien.
I. Biographie. — Entre Minucius Félix et Tertullien, tout à peu près est contraste, style, esprit, influence littéraire, destinée. Hormis le talent et la science, ils n'ont rien de commun que leur berceau, l'Afrique du nord.
Quintus Septimius Florens Tertullianus naquit vers l'an 160 à Carthage, où son père servait dans les troupes du proconsul romain avec le grade de Centurion (1).
Tertullien, dans sa jeunesse, loin de rompre avec ses traditions de famille, resta lui-même païen de croyances et de mœurs. A presque toutes les pages, ses ouvrages