‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 173 sur 228 · HiBRoii., Devir. M., 53 : Mignb, P. L. xxiii · texte numérisé non relu

HiBRoii., Devir. M., 53 : Mignb, P. L. xxiii

§ 36. — TEUTULLIEN 814

témoignent de la brillante éducation littéraire qu'il avait reçue. Lies livres qu'il écrivit en grec, aujourd'hui perdus, attestent du moins que le grec lui était vraiment familier. Il s'adonna spécialement à l'étude du droit, et, selon toute apparence, plaida devant les tribunaux. Eusèbe^nous dit (1) que Tertullien connaissait à fonds les lois romaines, et de fait, dans ses polémiques théologiques, esprit et langage, tout dénote un avocat consommé.

Ce fut l'admiration de l'héroïsme des martyrs qui l'achemina, semble-t-il, au christianisme. Quand se décida- t-il à l'embrasser ? On ne le sait pas au juste. 11 était marié, ce qui ne l'empêcha pas d'être ordonné prêtre, et, dès lors, il voua infatigablement son génie et sa plume à la défense de sa foi.

Mais, vers le milieu de sa carrière (2), vers Tan 202, il s'attacha publiquement à la secte des Montanistes et la fougue qu'il avait d'abord déployée contre le paganisme se tourna, aussi passionnée ou peut s'en faut, contre l'Eglise. Saint Jérôme (3) nous parle des avanies que le clergé de Rome aurait infligées au grand apologiste et qui auraient provoqué sa chute : ce récit ne mérite pourtant pas une créance absolue. Il est plutôt à croire que les tendances montanistes qui perçaient en Tertullien furent, pendant un de ses séjours à Rome (4), la cause unique de ses dissentiments et de ses conflits avec le clergé romain. Tertullien était en toute chose une nature de feu, c'était un tempérament âpre et sombre, porté aux extrêmes et enclin à tous les excès du rigorisme. La nouvelle prophétie, comme le Montanisme s'intitulait, avec son redoublement de sévérité dans la morale et dans la discipline, devait avoir pour Tertullien de puissants attraits. Au surplus

Page 1