‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 176 sur 228 · De hœresibus, ch. lxxxvi ; xui · texte numérisé non relu

De hœresibus, ch. lxxxvi ; xui

Lérins, enfin, n'hésite pas à décerner la palme au prêtre de Garih^ge, sur tous les auteurs ecclésiastiques latins (1), et c'est avec une sorte de transport qu'il célèbre sa science, son génie, la puissance de sa parole. « 11 a, s'écrie-t-il, presque autant d'idées que de mots, et toutes ses idées sont des victoires. » Mais, quelques lignes plus bas, force est à saint Vincent de retourner contre ce prince des auteurs latins le mot qu'il avait appliqué d'abord au prince des auteurs grecs, Origène: « Fuit ipse quoque in ecclesia magna tentatio. »

Puis, le silence peu à peu se fait autour du nom et des

œuvres de Tertullien. Gennade (2) en parle deux fois,

1 sans l'avoir lu peut-être, et saint Isidore de Sévi lie, dans

ses Origines en recueille ici et là de nombreux extraits.

P re ^Mais le moyen-âge, que le Décret de Gélase a prévenu

cette ^ntre l'écrivain et que la langue de Tertullien aurait

'P' eul "ailleurs rebuté, ne le connaît plus. Tertullien doit at-

ûlleurs: ^j re j a Renaissance du xvi e siècle, pour être rendu aux

gétiqueet, des et à i' a dmiration des lettrés.

la science y chronol0 gi e deg ouvrages de Tertullien. — La date

pour battre ? j a pi U p ar t d e ces ouvrages est incertaine et discutée.

r à Tertulitfjcr jj vre contre Marcion porte seul avec lui sans con-

e:tt DeTenQ >sa da j e p r é c ise, i, 15; il fut écrit t la quinzième

été l'bomme c ée du règnede Septime Sévère », c'est-à-dire Tan 207,

irenant à|» rtl i us ion que fa.it l'opuscule Du manteau à Septime Sé-

matérialite <* e e j ^ ges ( j eux gj Sj Caracalla et Géta, nous permet de

i matérialité d6 j acer en t re 209 et 211. Mais hormis ces deux excep-

à la tête a ûQ« ^ c » es |. sur t ut aux critères internes qu'on est obligé de

nt Vincent a« Qr ^ r e j. en p are jj cas ] a fantaisie personnelle a d'ordi-

\ le dernier mot, Peut-être, les ouvrages qui nous sont

fs de Tertullien ont-ils été composés entre 197 et 212.

tns ce court espace de quinze années, on Ta déjà fait

ïommonit.t ch. xvm : P. L. 4, 664.

De tccUsiastic. dogmat., 4 ; De rir. ill,, 15.

pressentir, il faut distinguer deux périodes ; une phase catholique et une phase plus ou moins décidément monta nis te. Le caractère d'un livre ressort en général nettement, et Ton peut hardiment affirmer qu'il est montaniste ou non. Mais il y a des étapes, et partant des nuancedans le montanisme de Tertullien.

Catholique, Tertullien écrivit à peu près dans l'ordre où nous allons les nommer, les ouvrages ci-après: les deai livres Aux nations, Y Apologétique, l'Exhortation Aux martyrs, Du Témoignage de lame, le livre Contre les Juif*. celui Des spectacles, celui De l 'Idolâtrie, les deux livres Su r la toilette des femmes, les deux livres A sa femme, Ad uxorem, le traité Du baptême, ceux De la pènite?ice, De la prière y De la patience, De la prescription, De « praescriptionibus hœreticorum ».

Montaniste, il composa le traité Sur le voile des vierges. I Exhortation à la chasteté, le travail Contre Hermoyène, celui Contre les Valenliniens, les cinq livres Contre Marcion, le traité De rame, ceux De la chair du Christ et De la résurrection de la chair, le traité Contre Praxéas, l'opuscule Du manteau, les traités De la pudicité et De la monogamie, l'opuscule Sur le jeûne, les livres Sur la couronne et Sur la fuite dans la persécution, le Scorpiaque, la lettre A Scapula.

Tous ces ouvrages se répartissent, d'après leur sujet et leur but, en trois groupes: écrits apologétiques qui prennent à tâche de défendre la religion chrétienne et de combattre le paganisme et le judaïsme ; écrits polémicodogmatiques qui vont à réfuter l'hérésie en général et divers hérétiques en particulier ; ouvrages ascétiques consacrés à différents problèmes de la morale chrétienne ou de la discipline ecclésiastique.

V. Tertullien apologiste. — Au premier rang des apologies de Tertullien, sinon par la date, du moins par l'importance du sujet comme par les beautés littéraires dont

elle étincelle, on trouve X Apologétique. Plaidoyer en

50 chapitres» ou plutôt brochure adressée aux gouverneurs

des provinces de l'Empire (1), et d'abord, naturellement,

au gouverneur de l'Afrique, en faveur des chrétiens. Les

préludes sanglants d'une persécution avaient mis la

plume aux mains de l'auteur; nul doute que la brochure

n'ait été lancée dans les dernières années du 11 e siècle,

probablement elle remonte à l'automne de l'an 197.

Le ton en est amer et le style incisif; tout y jure avec l'Octavius. Mais ce n'était pas seulement la langue qui était nouvelle, la défense du christianisme y prenait un caractère nouveau et déployait des ressources vraiment inattendues. Les autres apologistes grecs ou latins se plaisaient à parler en philosophes au nom de la raison, du bon sens, de l'humanité. Le premier, Tertullien parle en juriste et en politique ; il s'adresse beaucoup moins comme ses devanciers à l'homme qu'au magistrat romain. Il critique et convainc d'injustice les procédures et la jurisprudence qu'on applique aux chrétiens ; discute pied à pied et réduit à néant les accusations dont on les charge : mépris des dieux et des empereurs, indifférence du bien public, complots contre la sûreté de l'Etat. En même temps que l'éloquent avocat plaide la cause des chrétiens, \\ accable leurs adversaires de railleries sanglantes et d'invectives immortelles ; il tient à la fois, peut-on dire» la lance et le bouclier. « La vérité, s'écriait-il, ne demande pas grâce, elle ne s'étonne même pas de se voir traitée comme elle Test (2). » « Plus vous nous massacrez» plus notre nombre s'accroît; c'est une semence que le sang des chrétiens, semen est sanguis christianorum (3) ». — U Apologétique, par la nouveauté et l'à-propos de la mé-

i. Ch. i.

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