‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 187 sur 228 · Cf. S. Cypr., Ep · texte numérisé non relu

Cf. S. Cypr., Ep

§ 37. — SAINT CiTRIEH 535

ralluma le feu de la persécution. L'avènement de Valérien au trône (mai 253) fit renaître la paix. Mais l'activité de saint Cyprien ne connaissait pas plus le repos, que sa fermeté, de défaillances; non content d'avoir étouffé te schisme au berceau, défendu les fidèles contre les calomnies et retrempé leur courage devant la mort, il mit son bonheur à instruire son peuple, en composant des traités ascétiques qui lui ont assuré un rang éminent parmi les moralistes chrétiens.

La controverse sur le baptême des hérétiques devait assombrir le soir de sa vie. Le baptême conféré, par un hérétique est-il valide ? ou faut-il rebaptiser les hérétiques ou les schismatiques lorsqu'ils rentrent au giron de l'Eglise? Tertullien avait déjà discuté la question (1); l'évêque de Carlhage, écho trop fidèle de Tertullien, affirma hautement qu'il est impossible de recevoir le baptême chez les hérétiques, puisqu'ils ne l'ont pas. Trois conciles, tenus à Carlhage, sous sa présidence en 255, au printemps 256, et le premier septembre de la même année, se prononcèrent dans le même sens. Mais le pape saint Etienne cassa les décrets de ces trois conciles, et dans sa réponse au primat d'Afrique: c Si quelqu'un, disposaitil, vient à vous, de quelque hérésie que ce soit, que l'on garde sans rien innover, la tradition, qui est de lui imposer les mains pour la pénitence, puisque les hérétiques eux-mêmes admettent, sans les rebaptiser, ceux qui parmi eux passent d'une secte à l'autre (2). »

i. Cl. tupra . § 36, Tiietix.

ï. S. Cypr. Ep. 7*, i : t Si qnis ergo a quacumt ; ■ ii.iiesi vtMfit ft'l vos, niliil iunovetur, nisi quod trnditum est, ut manus Uii IffipODltS? In [>u>uilenliam. • Peters, dans sa Vie de S. Cyprien (tic, 3\ oWi'iid lin terp relu lion enl-. Yunto, qui est en elfet la plus conforme à la gramm-iin.' : qu'on De réUAra aucun rite, excepté ce qu'il est de tradition de réitérer, savoir l'imposition (les mnins pour la pénitence. Constant, dans ses Epp. I.'vm. f'ondf. < qunvora Stephani sentenlia explicatur », n. £0, col. :\\2. adopte le H lem, Ce qui recommande l'interpréta lion donnée u-dt-Mu <

Malgré la déplorable opiniâtreté de saint Cyprïen (1), il ne semble pas qu'il y ait eu, entre le pape et lui, rupture déclarée, schisme formel. Toujours est-il que, sous le pontificat de Sixte II, successeur d'Etienne, l'évêque entra dans la communion du Saint-Siège.

Aussi bien, la persécution de Valérien avait rejeté la querelle des rebaptisants à l'arrière-plan. Saint Etienne était tombé, en 257, sous les coups des persécuteurs. Le 14 septembre 268, saint Cyprien fut décapité, aux portes de Garthage, dans la villa proconsulaire de Sextus. 11 était le premier évêque d'Afrique à recevoir la palme du martyre (2).

II. Ouvrages de saint Cyprien: traités. — Saint Cyprien nous a laissé deux classes d'ouvrages, des lettres et des traités.

Le premier traité sorti de sa plume est cette Epître à Donat en 16 chapitres (3), que Ton range parmi les plus belles productions de l'éloquence chrétienne et qui visiblement suivit de près la conversion de Cyprien (4). Sous forme de confessions, l'auteur y fait voir à son ami Donat, un néophyte comme lui, que le christianisme seul peut satisfaire aux besoins du cœur et aux exigences de l'esprit. Tout y respire un enthousiasme bienfaisant, mais un

bien qu'elliptique et insolite, c'est qu'elle semble être celle des anciens Pères, de saint Cyprien lui-même, Ibid. y 2, d'Eusèbe, Hist. éccl., vu, 3, de saint Vincent de Lérins, Commonit. 9. — La décision pontificale ne fut tendue selon toute apparence ou du moins ne parvînt à Garthage qu'après le concile du i" septembre 256. (S. des T).

1. Saint Cyprien tenait-il la question du baptême des hérétiques pour dogmatique de tout point ? ou Tenvisageait-il comme une affaire de pure discipline ? Ses lettres attestent dans son jugement à cet égard de l'oscillation et de l'incertitude. (N. des T.).

2. Cf. La vie de saint Cyprien, ch. xix ; — Prudence, Peristeph., 13.

3. \u titre primitif on a joint plus tard celui de La grâce de Dieu, Deçra» tia Dei.

4. Bossuet, dans son beau sermon Sur la loi dé Dieu, a imité Y E pitre à Donat. (N. des T.).

style excessivement fleuri, que saint Augustin ne pouvait s'empêcher de blâmer (t), rappelle encore le rhéteur de la veille.

C'est, au fond, la même pensée qui inspire et anime, vers l'an 248, le traité De la vanité des idoles, primitivement intitulé: Quod idola dii non sint, en 15 chapitres. Saint Cyprien après avoir dépeint et flétri les mœurs païennes, remonte à la source des désordres et combat les croyances du polythéisme. En attestant, le premier de tous, l'authenticité de ce travail (2), saint Jérôme admire et loue la concision de l'auteur, sa science de l'histoire, l'éclat de son style et de sa pensée. Mais, nulle part ailleurs, Cyprien ne s'est montré moins original ; le traité De la vanité des idoles n'est guère qu'une compilation, et il n'en resterait presque rien, si l'on retranchait ce qui n'est qu'emprunt à Tertullien et à Minucius Félix.

Après l'assaut du paganisme, la controverse avec les Juifs : les trois livres Des témoignages,a.dre$sés vers l'an 248 à Quirinus, font pendant au traité De la vanité des idoles et à YEpîlre à Donai. Pour extraire de la Bible les principaux points de doctrine qu'elle renferme, Cyprien groupe autour de 174 propositions, formant chacune un chapitre, les textes de l'Ecriture Sainte qui s'y rattachent. Le 1" livre (24 chap.) met surtoutenreliefle caractère essentiellement transitoire de la loi mosaïque ; le 11° (30 chap.) établit que Jésus de Nazareth est le Messie, le Rédempteur promis au genre humain. A ces deux livres Cyprien, sur la demande de Quirinus, en ajouta plus tard un troisième (120 chap.), qui comprend une collection de textes relatifs aux devoirs de la vie chrétienne. Ce résumé lumineux de la Bible, ou, si l'on veut, cette concordance, outre qu'elle témoigne de l'authenticité des Livres Saints,

i, De doctr. c/triit., ir, 14, 31 : Micst, P. L. xxxiv, t.Ep. 70, Ad Magnum, ch. t : Migxe, P. £.,xxn, C

nous aide puissamment à connaître la version de l'Ecriture que Cyprien avait sous les yeux. Nombre d'écrivain \ après lui, l'auteur de YAdversus aleatores par exemp!-. i Commodien, Lactance, Firmicus Maternus, ont puisé dai> ce riche trésor à pleines mains.

Ce fut dans les premiers temps de son épiscopat, ve^ l'an 249, que saint Cyprien écrivit ses belles règles c: conduite pour les vierges, De habitu virginum, ou p!-ï exactement peut-être, Ad virgines, en 24 chapitres. I!y recommande surtout aux vierges consacrées à Dieu h modestie des vêtements, le mépris du luxe, l'esprit de pauvreté.

Les schismes de Félicissime et de Novatien fournirent à Tévêque de Carthage l'occasion de publier, en 251, so r . immortel traité (27 chap.) sur l'unité de l'Eglise, De catk ■ lîcœ Ecclesias unitate, ou bien encore De simplicitate prs 1 ' ' torum. Ce que saint Ignace d'Antioche en Orient, sain. Irénée et Tertullien en Occident avaient écrit de la hiérarchie, Cyprien le recueille, le coordonne, le complète •' contribue par là même à l'avancement de la science Illogique. L'hérésie et le schisme, déclare le vaillant évèque. sont des armes du démon. Jésus-Christ a fondé son Eglfr sur Pierre; Pierre est pour l'Eglise le principe et !e centre visible de l'unité. « Le Seigneur parle ainsi a Pierre : Je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise... (1) ! C'est sur un seul qu'il b**tit son Eglise. Il est vrai qu'après sa résurrection, u confère à tous les apôtres une égale puissance en leur disant: Comme mon Père m'a envoyé, moi, je vous envoie... (2) Mais, pour rendre l'unité manifeste, il veut, en vertu de son autorité, que l'origine de cette même unité commence par un seul. Sans doute les autre?

i. Saint Math., xvi, 18-19.

Page 1