‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 190 sur 228 · Ch. ii · texte numérisé non relu

Ch. ii

ne fait guère qu'enfiler sans commentaire les textes de V Ecriture Sainte. On dirait moins un traité ou un discours, qu'une sorte de table des matières, de cadre d'instructions. « J'envoie, dit-il ingénieusement à Fortunat, la laine teinte du sang de l'Agneau : à vous d'en tisser les habits ». Un magistrat de Carthage, nommé Démétrien, avait dans ses libelles dénoncé les chrétiens aux fureurs populaires. Le traité Ad Demetrianum (26 chap.), dont on a suspecté sans raison l'authenticité, vengea les fidèles de ses calomnies et souffleta le calomniateur. Les chrétiens, disaient à chaque instant les païens, sont la cause de tous les malheurs publics, en refusant d'adorer nos divinités. Non, réplique nettement saint Cyprien, ce n'est pas le christianisme, c'est le désordre des mœurs païennes qui provoque la colère de Dieu. Aussi bien, la fin du monde approche, et, depuis longtemps, les prophètes ont prédit pour les derniers jours les épreuves que nous traversons.

Le traité De Caumône et des bonnes œuvres, en 26 chapitres, enflamme le zèle des fidèles pour l'aumône et pour les œuvres de miséricorde.

Les deux traités sur les avantages de la patience, De bono patientiœ (24 chap.), et sur l'envie, De zelo et livore (18 chap.), appartiennent à la dernière phase de l'épiscopat de saint Cyprien ; ils montrent l'un et l'autre à quel degré l'évêque de Carthage avait su garder sa sérénité d'âme au fort de la controverse sur le baptême des hérétiques. Sans toucher aux blessures encore saignantes, ils prêchent aux esprits échauffés le calme et l'abnégation. L'opuscule Sur les avantages de la patience est une imitation du traité parallèle de Tertullien (1) : ici et là, même plan et même marche du discours ; la ressemblance s'étend jusqu'aux détails. A la suite des traités de saint

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