ARNOBE
snnent, du moins par leur origine, Arnobe et Lactance. "Afrique restait toujours la terre classique des apologistes n Occident.
Arnobe naquit à Sicca, en Numidie, d'une famille aïenne. Il y enseigna la rhétorique, vers la fin du ï.x* siècle, avec beaucoup d'éclat, et devenu chrétien se signala par son ardeur à défendre le christianisme. Saint Jérôme (1) nous parle de songes qui auraient poussé Arnobe à se convertir. L'évoque de Sicca hésitait, malgré les prières du catéchumène, à l'admettre au rang des fidèles. Pour donner des gages non équivoques de la sincérité de sa foi, Arnobe écrivit, à la demande peut-être de l'évêque, ses sept livres Advçrsus nationes. Nul doute qu'il ne les ait publiés dans les dix premières années du iV siècle. Lorsque l'auteur y parle (2) des Livres sacrés jetés au feu, manifestement il fait allusion à la persécution de Dioctétien. Le calcul approximatif de l'âge du christianisme, qui remontait, selon l'auteur (3), à 300 ans, concorde pleinement avec cette donnée.
On ne sait du reste rien de la vie d'Arnobe. Saint Jérôme (4) le fait mourir en 327.
II. Le traité contre les Gentils. — Le vaste ouvrage d'Arnobe est à la fois une apologie de la religion chrétienne et une attaque contre les croyances et les cultes polythéistes. La pensée maîtresse est celle qui, dans le traité Contre Dèmétrien, dirigeait et inspirait la plume de l'évêque de Garthage. Les païens rendaient le christianisme responsable de toutes les calamités publiques, en provoquant, disait-on, la colère des Dieux. Arnobe, à son tour, veut réfuter ces vieilles calomnies qui retentiront
i. Chron. ad a. Abr. 2343 = a, Chr. 327; Eca., Chron., éd. Schoen»,