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e colle qui s'ouvre avec Dioclétien et se clôt avec Galère t Maxïmin Daza, qu'il trace un tableau détaillé. Nicomélie, sans conteste, fut le berceau de l'ouvrage. Le caractère neme du récit, œuvre d'un témoin oculaire, en fixe la late, soit à la fin de l'an 313, soit au début de Tan 314. Pas de document plus précieux pour l'histoire de la dixième persécution.
Mais, l'ouvrage est-il de la main deLactance? La question est chaudement discutée ; il faut décidément, avec S. Brandt, la trancher par la négative. Le livre De la mort des persécuteurs, dans le seul manuscrit qui nous Tait transmis, est intitulé : Lucii Cœcilii liber ad Donatum confessorem de mortibus persecutorum. 11 est vrai, c'est précisément sous ce nom de Lucius Gaelius ou Cœcilius que maints autres manuscrits désignent Lactance ; c'est à un certain Donat que Lactance dédie son traité De la colère de Dieu, et saint Jérôme (I) nous assure qu'il avait aussi composé un livre Sur la persécution. Mais, quand parut l'histoire, De la mort des persécuteurs, Lactance n'était plus à Nicomédie, et l'auteur même, à le bien prendre, insinue que le Donat de son livre n'est pas du tout le Donat du traité De la colère de Dieu. Vocabulaire et style, tout, sans doute, rapproche les ouvrages authentiques de Lactance et l'ouvrage qui nous occupe. Mais leur air de famille ne tient pas à l'unité de leur origine ; les emprunts que l'auteur De la mort des persécuteurs puise dans les Institutions et dans YEpitomi, l'expliquent suffisamment. Aussi bien, une analyse pénétrante a mis en pleine lumière les différences radicales qui impriment si souvent au style de chaque auteur une physionomie tout à fait à part. Du fanatisme et du ton passionné que respire le traité De la mort des persécuteurs à la noblesse du langage et à l'esprit vraiment chrétien de Lactance, il y a un abîme.