‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 215 sur 228 · De vir. ill., ch. lux · texte numérisé non relu

De vir. ill., ch. lux

IV. Poésie. —D'après saint Jérôme (1), Lactance versifia son voyage à Nicomédie, comme avant lui Horace sa course à Brindes, et après lui Rutiliusson retour en Gaule. Cette pièce est aujourd'hui perdue.

Le poème du Phénix, en 85 distiques, est-il de Lactance ? On le tenait autrefois pour apocryphe ; la critique moderne en soutient l'authenticité. La légende du merveilleux oiseau nous apparaît ici sous sa forme la plus récente : le Phénix, accablé de vieillesse, va se brûler lui-même sur l'autel qu'il a dressé, pour ensuite renaître de ses cendres. Au lecteur d'y saluer un symbole de l'immortalité de Tâme, récompense de la piété.

On avait attribué fort indûment à Lactance d'autres poèmes, 80 hexamètres Sur la passion de Notre-Seig?ieur, œuvre peut-être d'un humaniste italien delà Renaissance, 55 distiques Sur la rsurrection de Jésus-Christ^ un recueil décent Enigmes.

V. Lactance et la postérité. — Pureté, aisance et grâce, les qualités du style de Lactance ont de tout temps rallié les suffrages. Familiarisé de bonne heure avec les auteurs classiques, Lactance s'était donné Cicéron, entre tous, pour maître et pour modèle. Saint Jérôme (3) croyait voir l'éloquence de Cicéron couler en Lactance à pleins bords, et Pic de la Mirandole (f 1494) l'a surnommé le Cicéron chrétien.

Mais, faute d'une connaissance approfondie du dogme, les idées de l'apologiste n'ont pas trouvé la même faveur que son style. « Plût au ciel, s'écriait saint Jérôme (i), qu'il n'eût pas eu plus de peine à défendre nos croyances qu'à ruiner celles de nos ennemis ! * C'est, à coup sûr, la pensée du solitaire de Bethléem, sinon sa phrase, qui

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