‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 39 sur 228 · Ad. Valent. , ch. v: Mickb, P. L. t n · texte numérisé non relu

Ad. Valent. , ch. v: Mickb, P. L. t n

plan de saint Justin manque de régularité et de netteté on peut néanmoins y distinguer trois parties.

La première, ch. i à xxn, débute par un appel au dro.: commun. Instruisez toujours légalement la cause des chrétiens, sans tenir compte des cris et des émotions populaires. Le nom de chrétien par lui seul n'est pas une preuve de vertu ni de vice ; ne punissez donc pas un nom : punissez des faits juridiquement prouvés. Or, les chrétienà ce titre ne doivent encourir aucune condamnation ; cails ne sont ni athées, ni ennemis de l'Etat. Rien de plusublime que leur morale ; leur doctrine, loin de prêter le flanc aux railleries et aux dédains, ne mérite qu'admiration et respect.

Saint Justin consacre la seconde partie de son plaidoyer, ch. xxm à lx, à démontrer la divinité de Jésus-Christ et, partant, la vérité du christianisme. A l'appui de sa thèse il déroule la longue suite des prophéties, qui ont annoncé la vie et la passion du Sauveur, la gloire de sa résurrection et de son ascension, la diffusion de sa doctrine dans tout l'univers. Ces prophéties, sans l'inspiration de Dieu, n'auraient pas été faites ; sans l'ordre de Dieu elles n'auraient pu s'accomplir. Les fables païennes, au contraire, ne reposent sur aucune preuve ; elles parodient misérablement le christianisme pour le compromettre, elles ne sont qu'une invention diabolique.

Dans la dernière partie, ch. lxi à lxvii, saint Justin, pour faire éclater encore plus l'innocence de ses frères et la vérité de leur religion, trace d'une plume émue le tableau des rites chrétiens. Avec plus de hardiesse que personne il déchire les voiles de la discipline du secret, et décrit non seulement les cérémonies du baptême, mais encore la célébration de la sainte Eucharistie. Pour appuyer sa requête, il adjure les Empereurs de songer au jugement

(1) Ch. LXT1II.

e Dieu et de veiller à l'exécution de la lettre d'Adrien au ►roconsul Minucius Fundanus (1).

C'est sous le règne d'Antonin le Pieux (138-161), aux ermes mêmes de la suscription, que fut écrite la première apologie. Mais on peut, l'Apologie à la main, en déterminer plus précisément la date. Saint Justin, en effet, compte lui-même 150 ans depuis la naissance de Jésuschrist (1), et nous avons toute raison de croire que sur ce point sa chronologie n'est pas en défaut. Comment d'ailleurs accorder les titres de «philosophe *> et d'« ami de la science » à Lucius Vérus, si ce prince n'avait été qu'un enfant ? Or, le jeune César n'était né que Tan 130. De plus, Marcion, dans le corps de l'ouvrage, est flétri à deux reprises (2) du nom d'« apôtre des démons » ; mais saint Epiphane nous apprend (3) que l'hérésie de ce sectaire n'éclata que vers l'an 140, après la mort du pape saint Hygin. Ces divers motifs nous inclinent à placer la composition et la présentation de la première Apologie de Justin vers le milieu du n* siècle (4).

III. La seconde Apologie. — Ce fier plaidoyer alla-t-il à son adresse ? et, supposé qu'Antonin ait pris la peine de le lire, amena-t il un adoucissement dans la persécution? L'absence de témoignages ne permet de rien affirmer. Toujours est-il qu'un fait particulier (5) décida Justin, quelques années plus tard, à reprendre la plume et à composer intrépidement une seconde Apologie. Le préfet de la ville, Urbicus, venait de condamner à Rome trois chrétiens, sans autre raison que leur aveu de professer le christianisme. Saint Justin, au début de son discours, décrit

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