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VIII PRÉFACE DE L ÉDITION FRANÇAISE

dans les éditions successives (1), nous l'avons fait pour le présent manuel de Patrologie : ?zous nous sommes efforcés, par les c Notes des traducteurs », de le tenir au courant des travaux des quatre dernières années, de t enrichir des résultats des plus récentes recherches.

Dans tous les paragraphes les lecteurs remarqueront des alinéas, souvent des numéros entiers m petit caractère. Comme dans Vèdition allemande nous avons adopté cette disposition typographique pour tout ce qui regarde la bibliographie des Pères : histoire sommaire de la tradition des textes, éditions principales f travaux les plus importants sur les Pères.

Nous avons cru devoir traduire — (Tune façon aussi exacte et transparente que possible — les titres des ouvrages allemands indiqués, titres souvent suggestifs. Les ouvrages, en moindre nombre, de langue anglaise ou italienne, ainsi que les ouvrages latins, ont conservé leurs titres originaux.

i. Editions i-5.

§ 1. — Notion et objet de la Patrologie.

I. Le nom de « Pères de l'Eglise ». — Le nom glorieux de Pères de l'Eglise ou simplement de Pères, de Saints Pères, désigne l'ensemble des auteurs ecclésiastiques de l'antiquité ou l'élite d'entre eux.

Ce nom, que l'on suit à la trace jusque dans le v e siècle, d'où leur vint-il? On s'est plu à l'expliquer par les textes scripturaires qui proclament une paternité spirituelle (1), et Ton n'a pas manqué d'établir un parallèle entre la transmission de la vie et la transmission de la vérité et de la vertu. Mais cette interprétation a le tort de ne point tenir compte de la genèse historique de ce nom.

Le nom de Père, de Saint Père, qui fut, dès le berceau du christianisme, un des titres officiels de l'Evêque, allait à faire ressortir sa dignité de chef d'une Eglise et en découlait ; la métaphore sautait aux yeux et semblait s'imposer. Ainsi, dans le stade de Smyrne, Païens et Juifs crient à l'envi que « Polycarpe est le père des chrétiens (2) » ; et de

1. V. surtout, dans l'Ane. Test., les passages où les disciples des prophètes sont nommés leurs fils, et dans le Nouveau, 1. Cor. v, 14-15 et alibi. — 2. V- Martyr. S, Polyo %i c. 12 {Opp. Patr. apostof., éd. Funk, I, 290).

l'Occident, il arriva à Carthage plus d'une lettre à l'adresse « du bienheureux père Cyprien, Cypriano papas [papati){\) ». Le pouvoir de régir et de gouverner, aux mains de l'évêque, impliquait très spécialement le pouvoir d'enseigner; c'était à l'évêque comme tel, dépositaire de l'autorité doctrinale, d'attester et de défendre la foi de l'Eglise. Aux heures de doute et de querelle, les Pères, témoins et juges, tranchèrent les questions, et Ton entend de reste qu'en ces occurrences, le témoignage des Pères du premier âge avait un poids tout particulier.

Ecrivains, nombre de ces "Pères avaient laissé dans leurs livres l'expression de leur doctrine. Disons plus : la presque totalité aussi bien que l'élite des premiers auteurs ecclésiastiques s'était composée d'évêques. Mais si dans les discussions qui s'élevèrent après eux, ceux-là seuls des évoques d'autrefois pouvaient se faire entendre, qui s'étaient survécu dans leurs ouvrages, des écrivains ecclésiastiques, bien que n'ayant point appartenu au corps épiscopal, pouvaient, eux aussi, rendre un sûr témoignage de la foi de l'Eglise. Plus le temps marcha, plus dans les controverses doctrinales on en appela fréquemment à la croyance de l'Eglise primitive, et par une conséquence nécessaire, le sens du mot Pères* qu'on continuait d'employer, subit de bonne heure une certaine entorse. On entendait les témoins de la foi de l'Eglise, mais comme tels apparaissaient, moins les évêques que les écrivains ecclésiastiques d'autrefois, et c'est ainsi que le nom de Pères passa des uns aux autres.

Cette esquisse de l'histoire d'un nom peul s'éclairer à la lumière de quelques textes.

Ecoutons saint Àthanase parler des évêques assemblés, Tan 325, an concile de Nicée : En définissant que Je Fils est consubslantiei au Père, ils ne se sont point forgé de toutes pièces leurs expressions, ils n'ont rien inventé; ils n'ont fait que s'appuyer sur le témoignage des Pères; et, par ce nom de Pères, Athanase entend d'abord et avant tout saint

C i. V. S.Cypr. Opp. éd. Hartel, ep. 30. 31. 36.

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