‹ Les pères de l'église (volume 3)Chapitre 45 sur 228 · V. Supra · texte numérisé non relu

V. Supra

sèbe signale en outre un « traité intitulé le Psalrnisie, et un autre sur l'Ame oxoXtov mprtyvfâç, où l'auteur analyse différentes études du problème posé dans le titre, passe en revue les systèmes des philosophes grecs, s'engag-e à les réfuter dans un autre ouvrage, explique ses idées personnelles... etc., etc. ».

Nous avons déjà parlé (1) de courts fragments, débris peut-être d'ouvrages disparus. Rien du reste n'empêche d'admettre qu'Eusèbe avait entre les mains des livres qui se réclamaient indûment du nom du philosophe martyr.

VII. Le style de saint Justin. — Les analyses rapides des ouvrages authentiques de saint Justin se ressemblent souvent assez peu ; les différences de détails foisonnent. II faut s'en prendre, pour une part du moins, aux ouvragesmêmes; tant il y a peu de régularité dans le plan, de proportion entre les parties, d'ordre logique dans la marche des idées! On dirait une improvisation écrite sous l'inspiration du moment. Presque toujours saint Justin quitte son sujet avant de l'avoir épuisé; il passe facilement d'une idée à une autre, laisse là un argument inachevé pour le reprendre un peu plus loin, entasse les digressions sans perdre de vue la fin qu'il poursuit, de sorte que les pensées les plus homogènes semblent ne pas tenir entre elles et que les moins homogènes s'étonnent de leur étroite union.

Sans doute, le style de saint Justin a deux grandes qualités, la simplicité et la clarté ; mais on y chercherait en vain l'élégance et la distinction. Quelquefois pourtant la diction de l'auteur s'anime et se colore; dans le Dialogue avec Thryphon, surtout, le style qui prend naturellement le ton de la conversation, ne manque ni de force ni de chaleur; mais il est en général calme et contenu, sobre

i.V.i&id.,8ub fin.

jusqu'à la sécheresse, sans ombre de variété dans les tours. La phrase de Justin n'est pas exempte d'incorrections ; elle se traîne plutôt qu'elle ne marche ; de longues parenthèses la coupent et l'embarrassent ; il y a parfois une cohue de participes; et dans les transitions règne un6 désespérante monotonie.

VIII. Doctrine de saint Justin. — C'est, avec plusieurs critiques de nos jours, s'abuser étrangement que de représenter la doctrine de Justin comme un mélange bizarre d'idées chrétiennes et de principes philosophiqnes païens, mélange où le christianisme perdrait son propre caractère et s'effacerait devant la philosophie de Platon. Saint Justin est bien devenu chrétien sans cesser d'être philosophe, et les systèmes philosophiques ont marqué profondément ses écrits de leur empreinte. Mais ce philosophe chrétien savait et sentait que la foi au Fils de Dieu, en ouvrant à ses pensées un monde nouveau, l'avait rapprochée de la vérité, et, en face de la foi chrétienne, la philosophie ne joue, dans les idées de Justin, qu'un rôle tout à fait secondaire.

Cette foi en Jésus-Christ, Justin la trouve exprimée et déposée dans l'Ancien Testament, le livre divinement inspiré, l'Ecriture « Sainte », dont les auteurs étaient remplis du Saint-Esprit et parlaient au nom du Saint-Esprit (1). Quant au Nouveau Testament, il fait ressortir le caractère inspiré des prophéties de l'Apocalypse (2) ; c'est surtout le caractère historique des autres livres qu'il met en relief. Aussi désigne-t-il habituellement les Evangiles canoniques sous le nom de « Mémoires des apôtres, àTtojxvr^oveufixca tô>v dhto<rt<$X(ov » ; ses ouvrages nous apportent encore les échos des Actes des Apôtres, des Epîtres de saint Paul» excepté l'Epître à Philémon, de l'Epître de saint Jacques,

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