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des deux Epîtres de saint Pierre et de la première Epître de saint Jean.
Aux yeux de saint Justin la philosophie grecque, celle de Platon notamment, est, comme le christianisme luimême, une révélation de Dieu, révélation partielle sans doute, troublée et altérée par le mélange des idées et des passions humaines ; mais enfin, dans une certaine mesure, elle est une émanation de la raison éternelle, da Xdyoc <ntEp(xartx(5<;. Car si le Verbe s'est pleinement épanoui dans le Christ, le monde ancien de tout temps en a possédé la semence (1) ; c'était le crépuscule avant le grand jour de l'Incarnation. Cette semence divine est implantée dans toutes les âmes (2); le Verbe projette un reflet de luimême sur toute intelligence, et, dans la mesure où les hommes, philosophes et poètes, participaient au Verbe, ils ont pu connaître la vérité (3) ; or, toute vérité est chrétienne et tous ceux qui ont vécu selon le Verbe, ot pt™ X<fyoo ptwcravxe;, ont été chrétiens (4), quoiqu'ils aient passé pour athées ; tels furent, chez les Grecs, Socrate, Heraclite et tous ceux qui leur ressemblent; chez les Barbares, Abraham, Ananias, Azarias et Mizaël, Elie et beaucoup d'autres (5).
Mais les philosophes grecs n'ont pas été seulement éclairés du Verbe, répandu partout et toujours dans le monde; saint Justin croit encore qu'ils ont connu l'Ancien Testament. C'est de Moïse que Platon a emprunté la doctrine de la liberté morale ; tout ce que les philosophes et les poètes ont écrit de l'immortalité de l'âme, du
i. Apol.yi, 46; ii, 13.