NOTION ET OBJET DE LA PATHOLOGIE
F antiquité, V approbation de C Eglise, et l'idée d'un Père ne s'offre à nous qu'avec ce quadruple caractère.
Les autres auteurs de l'antiquité, qui professent et défendent dans leurs livres la foi de l'Eglise, n'ont droit qu'au titre A 9 écrivains ecclésiastiques, ecclesiastici scriptores, ecclesix scriptores (1).
Enfin, il s'est trouvé des Pères, et, après eux, de grands théologiens, que la pureté de leur doctrine et la sainteté de leur vie ont mis sans conteste en un rang à part, et qui ont aussi déployé, dans les combats de la vérité au service de l'Eglise, une vaste et féconde activité. Ceux-là, l'Eglise, par la voix des papes ou des conciles généraux, les a couronnés du titre de Docteurs, Doctor ecclesiœ. Elle a par là même adopté et fait sienne la doctrine de ces théologiens privilégiés, et affirmé sa volonté d'assurer à leurs livres, dans les écoles théologiques et dans l'enseignement religieux, la place et le respect qui leur sont dûs.
Laissons plutôt parler la Bulle (2) où Sixte-Quint élève saint Bonaventure au rang des docteurs. « Nous voulons et entendons, y est-il dit, que les livres, commentaires, opuscules de ce grand homme, qu'en un mot tous ses ouvrages, comme ceux des autres docteurs insignes de l'Eglise, soient cités, invoqués, et, selon les besoins, employés, aussi bien en public qu'en particulier, dans les gymnases, académies, écoles, collèges, dans les leçons, argumentations, interprétations, discours, dans toutes les études ecclésiastiques et dans tous les exercices chrétiens. »
Sous le titre de docteurs, dès 1298, on révérait, parmi les Grecs, saint Àthanase (f 373), saint Basile le Grand (t 379), saint Grégoire de Nazianze (f vers 390), saint Cyrille de Jérusalem (f 386), saint Jean Chrysoslome (f 407), saint Cyrille d'Alexandrie (f 444), et saint Jean Damascène (f avant 754); entre les Latins, saint Ambroise (f 397),
1. V. S. Jbrômb, De vir. ill. Prol : Migki, P. L. XXUI, 601-603. — 2. Bulle Triumphantis Hierusalem, du 14 mars 1588, §. 15.
saint Jérôme (f 420), saint Augustin (f 430), saint Grégoire-le- Grand (-J- 604), Depuis, la liste s'est grossie des noms de saint Hilaire de Poitiers (f 366), de saint Pierre Ghrysologue (f vers 450), de saint Léon-le-Grand (f 461), de saint Isidore de Séville (f 636), de saint Pierre Damien (f 1072), de saint Anselme de Cantorbéry (+ 1109), de l'abbé de Glairvaux, saint Bernard (f 1153), de saint Thomas d'Aquin (f 1274), de saint Bonaventure (f 1274), de saint François de Sales (f 1622) et de saint Alphonse de Liguori (t *787) (1).
Le catalogue des docteurs reste toujours ouvert. Pour y être inscrit quatre conditions sont principalement requises : X orthodoxie , la sainteté, Yéminence de la science, et la déclaration expresse de l'Eglise, qui consacre tout.
Cf. Fessier, Inslilutiones Patrologix y éd. Jungmann, Iuspruck, 1890, i, p. 27-41. — Dès le vm e siècle, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin et saint Grégoire-le-Grand étaient tenus pour les quatre grands docteurs de l'occident. — D'après le P. Nilles, S. J., les livres liturgiques du rite grec ne reconnaissent que trois grands docteurs œcuméniques, saint Basile le Grand, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chrysostome. Revue de théol. calh. y t. XVIII (1894), p. 742-744.
III. L'âge des Pères de l'Eglise. — Dans le langage du v* siècle, on donnait le nom ê de saints Pères aux écrivains ecclésiastiques du passé, fût-ce même le passé le plus récent. Parmi les « saints et religieux Pères » dont le concile d'Ephèse se fit lire des extraits dans sa première session, le 22 juin 431, on voit figurer avec Théophile d'Alexandrie (f 412), Attique de Constantinople (f 425) t et dans le recueil des sentences des Pères, paternœ auctoritates, que saint Léon le Grand avait fait annexer, en manière de supplément, à sa lettre du 13 juin 449 à Fla-
i. Au nombre des docteurs, les Syro-Chaldécns comptent, on première ligne* saint Jacques de Piïsibe, saint Ephrem, saint Maruthas, saint Isaac-le-G ranci, saint Jacques de Saroug, etc. (N. dus T.).