NOTION ET OBJET DE LA PATROLOGIE
vien de Gonstantinople, on trouve des citations de saint Augustin et de saint Cyrille d'Alexandrie, morts l'un en 430, l'autre en 444.
Peu à peu l'usage changea, et Ton s'accoutuma, dans les siècles suivants, à faire du titre de Pères, l'apanage des écrivains ecclésiastiques de l'antiquité. Aussi bien, est-ce à eux que ce nom s'appliquait le plus exactement, non pas tant à % cause de leur antiquité, qu'en raison de leur particulière autorité dont cette antiquité même, après tout, est la racine et le support. Les Pères des premiers siècles sont les plus vieux témoins, les témoins immédiats de la doctrine de Jésus-Christ et des Apôtres ; ils ont reçu des mains des apôtres le trésor de la foi et l'ont déposé dans les monuments de leurs écrits pour la postérité entière. Quand de nouvelles confessions chrétiennes s'insurgeraient avec plus de violence encore contre la règle de la tradition catholique, la nature des choses ne les forcerait pas moins d'aller chercher, pour les thèses les plus contradictoires, un point de départ ou d'attache dans la littérature ecclésiastique des premiers âges.
Impossible d'ailleurs d'assiger à l'antiquité une durée mathématique, et les limites de l'âge des Pères sont restées jusqu'à nous assez flottantes. Aujourd'hui, cet âge se clôt communément avec la mort de saint Jean Damascène, vers 754, dans l'Eglise grecque, et, dans l'Eglise latine, avec la mort de saint Grégoire-le-Grand, en 604. Il vaudra pourtant mieux, par raison d'analogie, descendre en Occident jusqu'à saint Isidore de Séville (f 636). Isidore, le Damascène de l'Eglise latine, n'a pas seulement, comme l'auteur de la Source de la connaissance \ déployé une activité littéraire merveilleuse ; comme lui encore, au sein de cette activité, il a profondément conscience d'être placé sur les confins de deux époques.
C'est à la théologie dogmatique de rechercher et de déterminer la valeur de renseignement des Pères, la mesure où leur doctrine reflète la tradition des Apôtres et la foi de l'Eglise. V. au reste Fessler-Jungniann,
Op. laud. t. I, p. 41-57. V. aussi A. Largent, Eludes d'hist. ecclés. Paris, 1892, p. 226-233.