Ch. n
§ 20. — HERMIÀS 491
Ce célèbre opuscule n'est pas une seule fois mentionné
par les anciens. La question de son origine ne peut donc
se décider que d'après les critères internes. On a identifié
l'auteur tantôt avec Hermias Sozomène, l'historien de
l'Eglise, tantôt avec THermias, fondateur de la secte des
Hermiens, d'après Philastrius (1) et saint Augustin (2),
mais qui, selon toute probabilité, fait double emploi avec
Hermogène. L'une et l'autre opinions sont complètement
abandonnées.
A défaut de la personne de l'auteur, on cherche à préciser son époque. L'opinion commune le fait vivre à l'âge des apologistes, à la fin du n e siècle ou au commencement du nr. On se fonde, d'une part, sur le nom de a philosophe » donné à l'auteur dans le titre traditionnel des manuscrits — comme c'est aussi le cas pour saint Justin, pour Athénagore et pour d'autres apologistes, — d'autre part, sur diverses indications de l'opuscule lui-même : la vie et la chaleur du langage annoncent une époque de lutte* où les écoles des philosophes sont encore florissantes, où le christianisme n'a pas encore remporté la victoire.
Sur la tradition du texle de VIrirsio gentilium philosophorum, V. Harnack, Hist. de l'anc. UtL chrét. I" part. Leipz. 1893, p. 782-783. La première édition parut à Baie en 1553. Autres éditions par Maran (Galland, Migne) et par Otlo, t. IX. — La dernière est celle de H. Diels, Doxographi Grzci, Berl. 1879, p. 649-656. Cf. p. 259-263.