IX. Les « anciens » (7cpea6u*epot) de saint lrénée. — A
plusieurs reprises dans Y Advenus hœreses, pour la conûrmation de la dootrine catholique, lrénée en appelle aux dires de certains au*
ciens, irpeaSuTepot, disciples des apôtres, surtout de saint Jean, 11, 22, 5 ; v, 5, 1. 30, 1. 33, 3. 36, 1. Ailleurs c'est un seul de ces personnages qu'il fait parler, 6 xpefamov, 6 irpeoâoTqç. Préf. liv. I, i, 13, 3. 15, 6. ut, 17,4.23, 3. Il reçut surtout d'amples enseignements « de certain ancien, disciple de ceux qui avaient vu les apôtres et entendu leurs leçons. » iv, 27, 12, 28, 1» 30, 1. 4. I renée ne nomme pas ces témoins et on ne peut faire que des conjectures sur leur identification ; mais on ne doit pas hésiter à ranger parmi eux Papias et Polycarpe. Cf. supra, i. Les paroles de ces anciens dans saint Irénée ont été réunies par Routh k \a suite de ce qui reste de Papias (Cf. supra, § 12, iv), Reliq. sacr. (2« éd.}» h 47-68; Migne, P.G., v, 1386-1402; de Gebhardt et Harnack, Barn. epist., Leipzig, 1878, p. 105-114; Funk, Opp. Pair, aposl. f t. II, Tub. 1881, p. 301-314.
X. Lettres synodales sur la question pascale. — Eusèbe, Hist. ecccl.y v, 24, a transcrit un notable passage de la lettre que Polycrate, éveque d'Ephèse, au nom d'un nombreux concile d'Asie-Mineure, adressa, vers Tan 195, au pape saint Victor (Cf. supra, i) pour justifier l'usage des quarto-décimans. De la lettre d'un synode de Palestine qui, sous la présidence de Théophile de Gésarée et de Narcisse de Jérusalem, avait examiné la môme question, Eusèbe, Hist. eccl., v, 25, ne donne que la conclusion, conforme à la pratique occidentale et opposée à celle des quarto-décimans. Il se contente de mentionner, /. c. v, 23, d'autres lettres synodales dans le môme sens. Saint Jérôme, De viris, 43, 44, 45, en considération de leurs lettres synodales, a mis Polycrate, Théophile et de môme fiacchyle, évoque de Gorinthe (Eus. Hisl. cccl. y v, 23), au nombre des auteurs ecclésiastiques. On trouve le fragment de la lettre de Polycrate avec des éclaircissements dans Routh, Reliq. sacr. $• éd.), u, 9- 36, et dans Migne, P.G., v, 1355-1362, la conclusion de la lettre de Palestine, dans Routh, n, 1-7, dans Migne, v, 1265-1372.
§ 25. — Saint Hippolyte de Rome.
I. L'auteur des Philo sophumena. — Quel est l'auteur du grand et important ouvrage, retrouvé en ce siècle, qui a
pour titre Réfutation de toutes les hérésies (1), mais pk< connu sous celui de Philosophumena (2) ? C'est une question, depuis 1851, souvent et vivement débattue, et qui n a pas encore reçu de solution universellement admise. U premier des dix livres dont se compose l'ouvrage éUi: connu depuis longtemps sous le nom d'Orîgène : attribution manifestement controuvée par ce seul fait que Fauteur dans la préface revendique la dignité épiscopale, que le savant Alexandrin n'a jamais possédée. En 18*2, Mynoides Mynas apporta du mont Àthos à Paris un codex du xiv e siècle contenant les livres 1V-X (les livres \\t\ III manquent encore) qu'E. Miller publia à Oxford en 1851, chose étrange, en maintenant le nom d'Origène.
La critique se prononça à l'unanimité contre l'opinion de l'éditeur; mais, au défaut d'Origène, cinq autres noms furent mis en avant : sainl Hyppolyte, Béron, Caïus, No vatien et Tertullîen, entre lesquels la balance pencha bien tôt en faveur d'Hippolyte. Dœllinger(1853)et Volkmar (1855) furent ses principaux avocats. Il fut facile de prouver que Béron, contre qui Hippolyte aurait composé un écrit (3), a vécu au plus tôt' au rv* siècle. Les titres de Caïus, « prêtre romain » et « évêque des gentils (4) », ne résistèrent pas davantage aux attaques de la critique ; on voit encore de temps en temps des partisans isolés rompre une lance pour Novatien ou pour Tertullien ; mais en général, pour quiconque n'a pas renoncé à donner un auteur à l'ouvrage, les Philosophumena sont d'Hippolyte.
Déjà Eusèbe (5) et saint Jérôme (6) lui attribuent un écrit Contre toutes les hérésies ; ont-ils en vue les Philosophie