Biblioth., cod
concevoir sur l'identité des deux écrits est levé par cetremarque de Photius (1) que les manuscrits sont intitula indifféremment icepï toù iravcéç ou rcepi t^too -navcôç oùs'zs et que Fauteur combat Platon et les païens. 11 est vrai qu ane note marginale de l'exemplaire de Photius attribuait récrii au prêtre Caïus; ce que le savant Byzantin incline à admettre, précisément parce qu'on attribuait au même Cak? le Labyrinthe (c'est-à-dire le X e livre des Philosophumem « qui cite le De universi natura.
IL Vie de saint Hippolyte. — A entendre les jPhilosophumena, Hippolyte était évêque de Rome, et c'est sous ee titre que les Orientaux le connaissent. Mais il ne le fat que comme rival du pape légitime. Il se mit à la tek d'un parti schismatique contre saint Galliste (217-222) e; fut l'un des premiers antipapes que l'histoire ait connus. Nous n'avons d'autres renseignements sur ce schisme que le récit des Philosophumena (2), et bien qu'on ne puisse accuser le narrateur d'avoir sciemment calomnié le parti du pape, il n'est pas moins vrai qu'il faut distinguer avec soin entre les faits racontés, d'une part, et, de l'autre, la couleur que le récit leur donne et les intentions qu'il prête aux adversaires.
Hippolyte attribuait à Galliste des opinions moitié sabelliennes, moitié théodotiennes sur la Trinité ; il l'accusait en outre de ruiner la discipline ecclésiastique. Le peu de fondement de ces griefs ne fait pas de doute et Galliste fut, à tous les points de vue, une des plus pures gloires du siège de Pierre. Son adversaire, au contraire, était subordinatien et soutenait, en fait de discipline, un rigorisme de sectaire. Le schisme fondé par Hippolyte ne se répandit guère. A Rome même la communauté séparatiste ne doit pas avoir vécu longtemps; tout porte à
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oire qu'Hippolyte lui-même, peu avant de mourir, ra- :ena l'union. En 235, il fut déporté en Sardaigne, de >mpag-nie avec saint Pontien, deuxième successeur de al liste ; dans cet exil, sinon déjà à Rome, le pape et antipape se tendirent la main. Tous deux moururent en ardaigne des suites des privations et des tourments couogeusement soufferts. Leurs corps rapportés à Rome urent solennellement ensevelis le même jour, le 13 août; Vest du moins à cette date qu'on fixa le commune fête les deux martyrs.
Peu avant ou bientôt après le martyre de saint Hippolyte, la communauté schismatique de Rome lui érigea une statue de marbre, qui a été retrouvée dans des fouilles en 1551 et que les connaisseurs déclarent la meilleure œuvre de sculpture de l'antiquité chrétienne. Le saint est assis dans une chaire, dont les deux côtés portent gravés \e cycle pascal de 222 à 234, calculé par Hippolyte, et les titres de beaucoup de ses écrits.
Même ce monument si remarquable et hors de pair pour l'époque n'a pas eu le pouvoir de faire vivre la mémoire de celui qu'il célébrait dans la postérité. L'Orient a du moins conservé le souvenir de son épiscopat à Rome, mais en Occident il se forma de très bonne heure autour cT Hippolyte un nuage légendaire, qui ne permettait guère d'atteindre sa personnalité historique. Eusèbe (1) ne sait manifestement plus quel a été le siège d'Hippolyte ; saint Jérôme (2) avoue la même ignorance. Le pape saint Damase, dans une inscription métrique retrouvée et en partie restituée par M. de Rossi, dit qu'Hippolyte était prêtre et partisan de Novat (Novatien), mais qu'avant son martyre il renonça au schisme et exhorta ses amis à se réunir à V Eglise. Le poète espagnol Prudence fait également d'Hip-