Apparemment Geoffroy d'Àuxerre, f
2. Gerson écrivit sa Consolation de la théologie, en 1418-1419, exilé dans les montagnes de la Bavière. V. Kraus, Hist. de l'Eglise, édit. française, t. U f p. 459.
§ 90. — DOÈCE ET CASSIODORE 163
ïl a paru des éditions complètes de Boèce, à Venise, en 1492 et 1499, à. Baie, en 1546 et 1570. — Au premier rang figure l'édition de M igné, />• L., lxiii-lxiv.
Editions partielles : Boetii commentarii in librum Aristotelis 7cspi \epr,vetaç. Rec. G. Meiser, Leipzig, 4877-1880, 2 vol. in- 8°. — Pour les écrits de Boèce sur la Logique en général, V. G. Prantl, Histoire de la Logique en Occident, t. I, Leipzig, 1855, p. 679-722. — Sur le traité De la définition, V. Supra, § 65, vin. — Quant au commentaire des Topiques, de Gicéron, cf. Th. Stangi, Boethiana vel Boethii commentaHorum in Ciceronis Topica emendationes ex octo codicibus haustx et auctx observationibus grammaticis, Gotha, 1882, in -8°.
Boetii de institutione arithmetica libri duo, de instituiione musica libri quinque. Accedit Geometria quse fertur Boetii. E libris mss. éd. G. Friedlein, Leipzig, 1867, in-8° — Le liber mathematicalis de saint Bernward, dans le trésor de la cathédrale de Hildesheim, n'est ni plus ni moins qu'une copie du De institutione arithmetica, copie faite à la un du x» siècle ou au début du xi°, et non sans importance pour la critique du texte. Cf. H. Ducker, Etude historique et critique du Liber mathematicalis de saint Bernard (Progr.), Hildesheim, 1875, in-4°. — O. Paul, Boèce et r harmonie grecque, Leipzig, 1872, in-8° — G. Schepss, Les ouvrages de Boèce sur les mathématiques et sur la musique : Dissertations dans le domaine de l'archéologie classique, publiées par G. von Christ, Munich, 1891, in-8«, p. 107-113.
L'opuscule apocryphe De unitate et uno (M igné, P. L., lxiii, 1075-1078) a été réédité et revisé par P. Gorrens, L'opuscule pseudo-boétien de Dominique Gundisalvi, De unitate, Munster, 1891 (Contributions à l'histoire de la philosophie du moyen âge, publ. par Cl. Baeumker, 1. 1, fasc. i).
Boetii de consolatione philosophie libri quinque. Ad optim. lit), mss.
nondum collatorum fidem reo. et proleg. instr. Th. Obbarius, Iéna, 1843,
in-8° — Boetii Philosophix consolaiionis libri quinque. Accedunt ejusdem
atque incerlorum opuscula sacra. Rec. R. Peiper, Leipzig, 1871, in- 8°.
Les Opuscula sacra sont les cinq opuscules théologiques de Boèce;
Peiper ne tient pour authentiques que les trois premiers. Il parle aussi,
dans ses Prolégomènes, « de commentatoribus Consolationis, de sacro-
rum operum commentatoribus, de interpretibus, de imitatoribus Philo-
sophiœ consolationis ». Un moine de Constantinople, Maxime Planude,
vers le milieu du xiv« siècle, composa, de la Consolation une version
grecque, dont G. F. Weber a publié les morceaux poétiques, Darmstadt,
18324833 (Peiper, p. 56) et E. A. Bétant le texte entier, Génère, 1871,
in«8*.
V. sur la Consolation, di Giovanni, Severino Boe%io filoso/o e i suoi tmt-
la tort, Palerme, 1^80, in-12". — Cb. Jourdain, Excursions historiques et philosophiques à travers le moyen âge. Publication posthume, Paris, 1888, ic-S°, p. 29-68 : Des commentaires inédits de Guillaume de Conches et de Nicolas Triveth sur la Consolation de la philosophie de Boèce. — N. Scheid, La conception du monde de Boèce et sa Consolation, dans les Voix de Maria Laach, 1890, t. XXXIX, p. 374-392.
Sur les opuscules théologiques, v. G. Bosisio, SuW autenticità délie opère teologiche di Boezio, Pavie, 4869, in-4° (Cf. sur cet ouvrage, G. Schnendelen, dans la Gazette de littéral. théolog. 9 le 10 et le 24 octobre 1870, col. 804-811, 838-848). — G. Krieg, Les écrits théologiques de Boèce, dans le Compte rendu annuel de la société de Goerres pour 4884, Cologne, 1885, p. 23-52. — J. Draeseke, Les écrits théologiques de Boèce, dans Annales de théologie protestante, 1886, t. XII, p. 312*333 (tient pour l'authenticité, contre Nitzscb). — Le même, Boethiana, dans la Reçue de théologie scientifique, 1888, t. XXXI, p. 94-104 (défend l'authenticité contre Schepss).
Sur la vie et les œuvres de Boèce, V. G. V. L. Paur, De Boethio christianx doctrinx assenore disputalio theologica, Darmstadt, 1841, in-8°.
— Le môme, Boèce et Dante (Progr.), Leipzig, 1873, in-4°. — J. G. Suttner, Boèce, le dernier Romain ; sa vie, sa profession de foi chrétienne, sa renommée (Progr.), Eichstœdt, 1852, in-4°. — Fr. Nitzch, Le système de Boèce et les écrits tfiéo logiques qu'on lui attribue. Etude critique, Berlio,
860, in-8°. — L. Biraghi, Boezio, fitosofo, le o logo, martire a Caluenzano mUanese, Milan, 1865, in -8°. — G. Bosisio, Sut cattolicismo di Boezio, Pavie, 1867, in-4°. — L. C. Bourquard, De Boetio christiano viro, philosopho ac theologo, Paris et Angers, 1877, in-8°. — H. Usener, Anecdoton Holderi. Contribution à l'histoire de Rome du temps des Ostrogoths, Bonn, 1877, in-8°, p. 37-66 : Boèce. — 0. Prietzel, Boèce et son attitude à l'égard du christianisme (Progr.), Lobau, 1879, in-4°. — G. Bednarz, Oe universo orationis colore etsyntaxi Boethii. Pars I, Breslau, 1883, in-8*.
— Le même, De syntaxi Boethii, Pars I (Progr.), Striegau, 1892, in-4°.
— A. Hildebrand, Boèce et son attitude à V égard du christianisme, Batisbonne, 1885, in-8°. — Ch. Jourdain, Excursions historiques et philosophiques à travers le moyen âge, Paris, 1888, in-8°, p. 1-27 : De l'origine des traditions sur le christianisme de Boèce. — G. Boissier, Le Christianisme de Boèce (Extrait du Journal des savants), Paris, 1889, in-4°.
III. Casaiodore. — De Boèce à Magnus Aurelius Cassiodorius Senator, son contemporain et son ami, le contraste
est visible et profond. Boèce est un spéculatif, Cassiodore un esprit pratique ; là l'idéalisme, ici le réalisme. Cassiodore n'écrit que lorsqu'un intérêt général et pressant le lui commande, et la plupart de ses travaux n'ont pas d'autre but que de satisfaire à des besoins précis de son temps et de son entourage. Mais Cassiodore, qui rivalise d'érudition avec Boèce, rivalise également avec lui d'efforts pour faciliter au public l'accès de la science, et, comme Boèce, peut-être mérite-t-il encore mieux du moyen-age qui commence à poindre que du vi e siècle une reconnaissance sans bornes.
Cassiodore, ou» comme on l'appelait de son temps, Senator, était né, probablement vers l'an 477, à Squillace en Calabre, au sein d'une vieille et illustre famille, qui, depuis trois générations, s'était fort distinguée dans la carrière politique. Aux plus heureux talents il alliait les avantages d'une excellente éducation. Aussi, du père la faveur de Théodoric s'étendit bientôt au fils, Cassiodore avait à peine vingt ans qu'il devenait questeur, en même temps que secrétaire particulier du roi, disons mieux, ministre de l'intérieur. Puis, d'échelons en échelons, il s'éleva, en 514, aux honneurs du consulat.
11 ne laissait pourtant pas de continuer ses fonctions et son œuvre dans le cabinet du roi, et ce n'est que justice de saluer en Cassiodore, sous Théodoric, l'âme du gouvernement. Après la mort de ce prince (526), il conserva tout son crédit, au moins pendant la régence de la reine Amalasonthe, et, sous les rois suivants, il fut encore investi des plus hautes charges de l'Etat
Vers l'an 540, il quitta la cour et s'enferma dans le monastère de Viviers (Vivarium)^ qu'il avait fondé sur le domaine de ses pères, afin de s'y vouer sans partage à la vie religieuse et à la science. L'activité que le . moine de soixante ans y déploya, devait être plus féconde encore et plus bienfaisante que celle de l'homme politique.
Cassiodore traça aux religieux des règles de vie, et, sans empiéter sur les exercices de piété, fit de l'étude un devoir rigoureux. Exemple célèbre et qui n'est pas demeuré stérile! C'est grâce à Cassiodore, pour une bonne part, que les cloîtres, en un temps où le flot de la barbarie submergeait tout alentour, sont demeurés les asiles de la science, sauvant du naufrage la littérature de l'antiquité classique avec les lettres chrétiennes, et confiant aux mains du clergé le flambeau de la civilisation. Cassiodore mourut vers 570, en odeur de sainteté.
Le plus ancien des ouvrages qu'il nous a laissés, est une Chronique écrite en 519 et allant d'Adam à cette dernière date. On dirait d'abord une chronique universelle ; ce n'est, au fond, qu'une liste des consuls, avec une préface qui remonte à la Création ; Cassiodore met à profit des travaux antérieurs, mais, à partir de l'an 496, il ne s'appuie, ce semble, que sur ses souvenirs personnels. L'ouvrage est dédié à Eutharic, le gendre de Théodoric et le mari d'Amalasonthe, consul en 519 pour l'Occident. Tout, visiblement, y respire le désir de réconcilier la population romaine avec les Ostrogoths et avec leur souveraineté.
Ce fut la même pensée qui inspira un autre ouvrage bien plus important et plus précieux, De origine actibusque Getarum. Cette Histoire des Goths, en 12 livres, ne s'arrêtait, selon toute apparence, qu'à la mort de Théodoric en 526 ; le vieil homme d'Etat l'avait écrite sur les instances de Théodoric lui-même, entre 526 et 533, Nous n'en avons plus par malheur qu'un abrégé, œuvre superficielle et maladroite (551) de l'Alain Jordanès. Des panégyriques de Cassiodore en l'honneur des rois et des reines des Goths, il ne nous reste que des fragments suspects.
Par contre, impossible de méconnaître le puissant intérêt historique des Variœ (epistolœ), c'est-à-dire du recueil, en douze livres, des ordonnances que Cassiodore avait rédigées dans l'exercice de ses hautes fonctions. L'auteur le
publia lui-même entre 534 et 538 à la prière de ses amis. On y voit figurer, dans les cinq premiers livres, les décrets promulgués au nom du roi Théodoric ; dans les livres VI et VII, de simples formules de décrets de nominations aux emplois les plus divers ; dans les livres VIII, IX, X, les rescrits et ordres expédiés au nom des rois Athalaric, Theodahad et Witigès ; dans les deux derniers livres, les dispositions prises par Gassiodore en son propre nom, comme préfet du prétoire. Le style de ces pièces, après avoir arraché des cris d'admiration aux contemporains, servit de modèle, dans le haut moyen-âge, à toutes les chancelleries. Les digressions que l'auteur se plaît à faire sur toute sorte de terrains, sur ceux de la politique, de la science, de l'art, etc., répandent à travers la sécheresse dés documents officiels la fraîcheur et la vie ; mais nombre dé ces digressions ne datent que de la publication du recueil et n'ont pour but que de le grossir.
Lés Varias avaient à peine paru que Cassiodore donnait son opuscule de l'âme, De anima, fruit de ses vastes lectures, imprégné surtout des idées de saint Augustin et de Claudien Mamert. L'auteur y laisse percer plus d'une fois , notamment vers la fin, ses aspirations à la vie contemplative dans le silence du cloître; on dirait un pont jeté entre les deux phrases de la vie de l'écrivain, entre ses ouvrages profanes et ses ouvrages religieux.
Ce fut pas ses lnstitutiones divinarum et saecularium lectionum ou literarum, que Cassiodore inaugura, vers l'an 544, sa retraite à Viviers. L'ouvrage comprend deux livres, et proclame — nouveauté de la plus haute portée ! — l'union de la science sacrée et de la science profane.
Le premier livre forme une introduction à l'étude de la théologie, à celle notamment de l'Ecriture Sainte qui en est lé centre ; avec ce guide on voit quels auteurs suivre pour les diverses branches de la science théologique.
Le second livre bien plus court et qui, dans la plupart
des éditions, prend une physionomie comme un titre à part, De artibus ac disciplinis liber alium titterarurn, n'est qu'un résumé concis des sept arts libéraux : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, musique, géométrie, astronomie.
Gassiodore lui-même nous apprend que, le malheur des temps ne lui ayant pas permis de fonder en Occident l'école de théologie qu'il avait rêvée, il a voulu, par ses Instittitiones , remplacer l'école et donner, dans une certaine mesure, un maître aux jeunes générations, notamment à ses moines de Viviers. Au-dessus des Institutiones, dans les écoles du moyen âge il n'y eut rien.
En les écrivant, Cassiodore avait déjà sur le métier un volumineux commentaire des Psaumes, intitulé Comptexiones (1) in psalmos \ et dont le moyen-âge s'est pareillement épris et passionément servi ; mais ce commentaire ne fut terminé que plus tard. Il s'inspire avant tout des Enarrationes de saint Augustin ; la large place réservée à l'exégèse allégorique et au sens mystique des nombres en fait l'originalité et l'intérêt. Quant aux Complexiones in epislolas et acta apostolorum, le moyen âge ne les a pas connues.
En revanche, YHistoria ecclesiastica tripartiia y en douze livres, fut, au moyen-âge, le principal manuel d'histoire ecclésiastique. Gassiodore cependant n'y a pris qu'une part très secondaire. Il fit traduire en latin par Epiphane, l'un de ses amis, les trois historiens grecs, Socrate, Sozomène et Théodoret ; puis il fondit ensemble ces trois textes et en composa un seul ouvrage, laissant la parole tantôt à l'un tantôt à l'autre des historiens, retouchant et complétant le récit qu'il préfère avec celui des deux autres. Cassiodore veut compléter et continuer la version que Rufin avait donnée de YHistoire ecclésiastique d'Eusèbe. Mais,
1. L'auteur explique toujours plusieurs versets h la fois ; de la le titre.
rédaction et traduction, tout, dans YHistoria tripartita, trahit la hâte et le manque de soins ; tout a été bâclé (1).
L'infatigable érudit fit également traduire en latin, par Epiphane et par d'autres polyglottes, nombre d'autres ouvrages grecs (2).
On peut dire de lui qu'il est mort la plume à la main. Car il avait, nous dit-il lui-même, quatre-vingt-treize ans, lorsqu'il écrivit, pour compléter les Institutiones, un dernier ouvrage, le livre De l'orthographe. De orthographia. Ce n'est qu'un recueil, et un recueil sans ordre systématique, d'extraits empruntés à d'anciens traités sur la matière.
Plusieurs ouvrages de Gassiodore se sont perdus, entre autres, une Explication de VEpître aux Romains, qui notamment battait en brèche le pélagianisme. Le commentaire qu'on lui attribue sur le Cantique des Cantiques, n'est pas de lui.
IV. Littérature sur Gassiodore. — La meilleure édition complète de Gassiodore est celle du mauriste J. Garel, Rouen, 1679, Venise, 1729, 2 vol. in-f°. — Migne, en la reproduisant, P. L., lxix-lxx, Ta enrichie des trouvailles de Se. Mafïei et du cardinal Mai.
Les éditions les plus récentes et les plus exactes de la Chronique ont été publiées par Th. Mommsen, dans les Travaux de la Société royale des sciences de Saxe, section de philologie et d'histoire, t. III, Leipzig, 1861, p. 547-696, et dans les Chronica minora, saec. iv, v, vi, vu, t. II, p. 109- 161 (Monum. Germ. hist. Auct. antiquiss., t. XI, Berlin, 1894). — Sur la nouvelle édition que Mommsen a donnée de V Abrégé de l'histoire des Goths, v. Infra, v. — Mommsen a publié, après une longue attente, son édition des Variée, dans les Monum. Germ. hist. Auct. antiquiss., t. XII, Berlin, 1894 ; il y a joint trois appendices : I. Epislulx Theodericianx varias, éd. Th. Mommsen ; II. Acta synodorum habitarum Romœ, ann. 499, 501, 502, éd. Th. Mommsen ; III. Cassiodori orationum rcliquiae, éd.
i. Cl. §28, iv, §53. ii, §77, i.