V. Supra, §73, jii
2. c On en tire peu de chose pour les institutions et pour la vie de la société. Le principal fait qui s'en dégage est que la Gaule du v* siècle ne séparait pas encore son histoire de celle de l'Espagne, de l'Italie, de Constantinople, et de tout ce vaste ensemble qu'on appelle respublica % c'ess-a-dire l'Empire romain ». Fustkl de Coula ngbs, Hist. des Institutions politiques de l'ancienne Franoe. La monarchie franque, Paris, 1888, in 8°, p. 2. (N. dis T.).
bablement originaire du Nord de l'Afrique, composa une description de la Terre Sainte, De situ Terrse Sondas, qui n'a été publiée qu'en 1865.
C'est au vi° siècle également que remonte le Breviarius de Hierosolyma, court mémoire sur la Ville sainte, retrouvé en 1879.
J. Gildemeister a donné de ces opuscules une excellente édition : ThéodosCy le De situ terras sanctas dans le vrai texte et le Breviarius de Hierosolyma complété, Bonn, 1882, in-8°. — Sur les éditions antérieures de Tobler et Molinier, v. Gildemeister, p. 3 et s. — L'édition de Gildemeister a été reproduite, avec une traduction russe, par J. Pomialowsky, Saint-Pétersbourg, 1891, in-4. — Stewart et Wilson (Palestine Pilgrims' Text Sociely) ont publié du Breviarius de Hierosolyma une version anglaise, avec des éclaircissements, Londres, 1890.
Sous le titre d'Antonini Placentini Itinerarium, un anonyme, qui avait accompagné, vers 570, un certain Antonin de Plaisance dans son pèlerinage en Orient, nous en a laissé la relation*
Edition de Migne, P. L., lxxii, 899-918. — J. Gildemeister a publié cet Itinéraire dans le texte authentique, avec la traduction allemande, Berlin, 1889, in-8°. — Sur les éditions et versions antérieures, v. Gildemeister, p. 15-17. — Quant à la critique de l'édition de Gildemeister, v. P. Geyer, Commentaire critique et grammatical de l'Itinéraire d'Antonin de Plaisance, Àugsbourg, 1892, in-8*.
§ 92. — Ecrivains mêlés à la controverse des Trois Chapitres.
I. Facundus d'Hermiane. — Quand Justinien se fut avisé, par un édit de 543 ou 544, de condamner les Trois Chapitres (1), Facundus, évêque d'Hermiane dans la Byzacène d'Afrique, lança contre l'édit impérial son vaste ouvrage en douze livres, Pro defensione trium capitulorum. Il récrivit à Constantinople, dans les années 546-551, ou, selon Dobroklonskji, 546-548, et le remit aux mains de l'empereur.
Facundus ne songe pas du tout à faire le procès du concile d'Epbèse (434) et à soutenir la cause de Nestorius ; mais il voit dans redit une attaque contre le concile de Ghalcédoine (451), dont il veut avant tout venger l'autorité. Justinien n'a-t-il pas attenté à l'honneur du concile de Chalcédoine ? car les Pères n'avaient frappé d'aucune censure Théodore de Mopsueste ni ses ouvrages, ils avaient même reçu expressément Théodoret de Cyr et Ibas d'Edesse à leur communion. Ne fallait-il pas aussi protester contre la condamnation du coupable après sa mort?
Lorsque le concile de Constantinople, dans sa dernière session du 2 juin 553, eut anathématisé les Trois Chapitres et que le pape Vigile se fût résigné à ratifier les décisions du concile, Facundus, avec la plupart des évoques d'Afrique, ne recula pas devant un schisme et se sépara du pape et des évêques d'Orient. Plus d'une voix s'éleva pour prêcher la soumission et la concorde. Le savant et obstiné Facundus répondit, vers 571, par deux pamphlets, le Li-
i. V. Supra, § 79, in.
ber contra Mocianum scholasticum et YEpistota fidei caiho licœ in defensione triwn capilulorum.
Edition des trois ouvrages sus-mentionnés par Migne, P. L., lxvii, 527-878. — Sur la date des deux derniers écrils, v. Nirschi, Manuel de Patrologie et de Patrittique, m, 477, notes 3 et 5. — A. Dobroklonskji, L'ouvrage de Facundus ^ évêque d'Hermiane, Pro defensione trium capitulorum, Moscou, 1880, in-8° (russe). Cf. Àd. Harnack, dans la Gazette de littérature théologique, du 18 décembre 1880, col. 632-635.
Les idées qui ont inspiré à Facundus sa première apologie des Trois Chapitres, sont aussi celles du diacre Fulgenoe Ferrand (cf. Supra, § 89, v) dans sa Lettre à Pelage et Anatole, diacres de la ville de Rome, Migne, P. L.» lxvii, 921-928, el celles de l'évoque africain Pontianos, dans sa Lettre à l'empereur Justinien, P. L., lxvii, 995-998.
II. Le pape Vigile. — La célébrité qui s'est attachée à la controverse des Trois Chapitres, et qui en dépasse de beaucoup la véritable portée, tient au nom du pape Vigile (537-555) et à son rôle dans les débats.
Mandé par l'empereur à Constantinoplè, Vigile s'était prononcé d'abord avec la dernière énergie contre l'édit de Justinien ; puis il prit le parti de condamner lui-même les Trois Chapitres, par un Judicatum du 11 avril 548 (i), mais sous diverses clauses qui se résument dans la formule : Salva in om?iibus reverentia synodi Chalcedonensis. Dans le Constitution du 14 mai 553, Vigile, au contraire, professe les idées de la première apologie de Facundus ; il ne veut pas qu'on frappe d'anathèmela mémoire d'un évêque ni qu'on transgresse d'un iota les décisions des Pères de Chalcédoine.
1. Il nous en reste & peine quelques débris ; V. Maksi, t. IX, col. 181-182, 104-105.
Entre temps, le cinquième concile œcuménique s'était ouvert à Gonstantinople, le 5 mai 553. Dans sa huitième et dernière session, le 2 juin, il anathématisa les Trois Chapitres, et Vigile se décida enfin, par deux rescrits, l'un du 8 décembre 553, l'autre du 23 février 554, à reconnaître le concile et à confirmer sa sentence.
Outre les actes pontificaux précités, nous avons encore du pape Vigile plusieurs lettres, qui, presque toutes, regardent la controverse des Trois Chapitres. Vigile, dès la première heure, avait été convaincu que les Trois Chapitres méritaient une condamnation ; mais y avait-il lieu de la fulminer? En face du problème, l'attitude du pontife, sous la pression des hommes et des choses, manque de netteté comme de fermeté.
Les Lettres et les Décrets du pape Vigile, dans Migne, P. L., lxix, 15 et s. ; — dans la Collection des conciles de Mansi, t. IX. — Cf. Jaiïë, ftcg. Pontif. Rom., 2« éd., t. I, 1885, p. 117-124. — Le cardinal Pitra, dans ses Anale c ta novissima, t. I, Frascati, 1885, p. 365-461, a fait paraître, en y joignant une préface et des notes, une longue apologie de Vigile par D.im Goustaot (t 1721). — J. Punkes, Le pape Vigile et la controverse des Trois Chapitres, Munich, 1864, in-8<>. — Héfélé, Histoire des conciles, 2* édit., u, 798-924. — Al. Vincenzi, dans son histoire de la controverse des Trois Chapitres, s'est écarté tout à fait des sentiers battus. Vigilii Ponti/icis Romani, Origenis Adamantii, Justiniani imperatoris triumphus in s y no do œcum. v (Li S. Gregorii Nysseni et Origenis tcript a et doclrinam nova recensio, cum appendice de actis synodi V œcum., vol. IV), Rome, 1865. Vincenzi tient pour apocryphes une foule de pièces, y compris le fameux Constitulum ; ce qui le met à Taise pour nier jusqu'à l'ombre d'une fluctuation dans la conduite du pape. Pour la critique de ce travail, ▼ . J. Hergenrœther, dans la Feuille de littérature théologique du 13 août 1866, col. 543-551. — L. Duchesne, Vigile et Pelage, élude sur l'histoire de l'Eglise romaine au milieu du vi e siècle, dans la R'vue des questions historiques, 1884, t. XXXVI, p. 369-440. — Dom Chamard, Les Papes du vi° siècle et le second concile de Constantinople, réponse à 1/. l'abbé Ducliesne : Jbid., 1885, t. XXXVII, p. 540-578. — Ré-
Péris de l'Église, T. III. 12
ponse de M. l'abbé Duchesne; ibid. 9 p. 579-593. — L. Lévéque, Etude sur le pape Vigile (Extr. de la Revue des sciences ecclésiastiques), Amiens, 1887, in-8».
Les prédécesseurs immédiats du pape Vigile, saint Silvère (536-537) excepté, nous ont aussi laissé quelques rescrits. On trouve les Lettres et Décrets de saint Félix iv (526-530}, Migne, P. L., lxv, 11 et s. ; — de Boniface 11 (530-532), Ibid., 31 et s. ; de Jean II (532-535), ibid., lxvi, 11 et s., de saint Agapet 1 (535536), Ibid., lxvi, 35 et s. — Cf. Jaffé, Op. cit., p. 110-115.
III. Le pape Pelage I er . — Pelage, n'étant qu'archidiacre de l'Eglise romaine, avait publié,en 554, àConstantinople, une Réfutation, Refutatorium, du cinquième concile œcuménique, travail qui n'a pas encore été imprimé, mais qui s'est conservé en manuscrit. A peine assis sur le trône de saint Pierre, en 556, il se rétracta.
Pelage I er mourut le 3 mars 560. De son court pontificat il nous reste, proportion gardée, beaucoup de lettres, qui ont été, pour une part, exhumées de la collection du British Muséum (1).
Sur la découverte d'un manuscrit quelque peu incomplet du Réfutatorium, v. L. Duchesne, dans Je Bulletin critique, 1884, n° 5, p. 96. Cf. le travail sus-menlionné, h, de M. l'abbé Duchesne sur Vigile et Pelage. — Lettres de Pelage I er , dans Migne, P. L., lxix, 393 et s., et dans la collection des conciles de Mansi, t. IX. — Lettres nouvelles, de courts billets pour la plupart, empruntées à la collection du Rritish Muséum, dans S. Lœwenfeld, Epistolx Pontificum Rom. inédite, Leipzig, 1885, p. 12-21 ; cf. Jaffé, Op. cit., p. 124-136.
IV. Rusticus. — Parmi les plus acharnés défenseurs des Trois Chapitres figure un diacre de l'Eglise romaine, Rus-