V. Supra, § 90, i
ticus, le propre neveu du pape Vigile. L'ouvrage dans lequel il prend à partie les monophysites, Contra Acephalos dispulatio, revêt et garde la forme d'un dialogue entre l'auteur et un « hérétique » ; il ne nous est arrivé ou du moins il n'a jusqu'à présent paru qu'en partie.
L'authenticité des Gloses sur le concile de Chalcédoine f publiées par D. Pitra, demeure toujours suspecte.
La Dispulatio dans Migne, P. L., lxvu, 1167-1254. — Les Gloses dans D. Pitra, Spicil. Solesm., t. IV, Paris, 1858, p. 192-2^1 : Rustici [S. E. R. Diaconi (forte et Verecundi) scholia, distinctiones et collationes in acta concilii Chalcedonensis. Selon D. Pitra, peut être que Rus ticus a rédigé ces Gloses de concert avec Verecundus de Junca (v. Infra, v).
V. Verecundus de Junca. — Verecundus, évêque de Junca dans la Byzacène d'Afrique, un champion ardent et très en vue des Trois Chapitres, mourut à Chalcédoine, au fort de la querelle, vers l'an 552. C'est à D. Pitra que nous devons la publication des trois ouvrages de Verecundus : Extraits des sessions du concile de Chalcédoine, Excerptiones de gestis Chalcedonensis concilii, Commentaire sur neuf cantiques de l'Ancien Testament, Commentariorum super cantica ecclesiastica tibri\X, et poème sur la pénitence, De satisfactione pœnitenliœ. Les deux cent douze hexamètres de ce poème (y compris le supplément de Meyer) fourmillent de fautes contre la grammaire et la prosodie, mais sont animés d'un sentiment profond.
Ces trois ouvrages se trouvent dans Pitra, Spicil. Solesm., t. IV, Paris, *858. D. Pitra donne deux recensions des Excerptiones, la première p. 166-185, la seconde, p. 186-191, qui paraît n'être qu'un abrégé de U première, avec quelques additions de la main du diacre Liberatus
(v. lnfra, vi) et sous le titre de Verecundi et Liberati diaconi Carthaginiensis Excerptiones e concitio Chalcedonensi. Cf. aussi Supra, iv. — G. Meyer a enrichi de huit vers le poème De satisfactione pœnitenlix (p. 138-142) : v. les Travaux de V Académie des sciences de Bavière, l r « classe, t. XVII, p. 2, Munich, 1884, p. 441. — V. au surplus Manitius, Histoire de la poésie chrétienne latine, Stuttgard, 1891, p. 403 et s.
Un autre poème, connu depuis très longtemps et que D. Pitra tenait pour l'œuvre de Verecundus (p. 132-137), YExhortatio pœnitendi, partie détachée d'un vaste ensemble, est de date plus récente. V. Reyer, L. c, p. 431 et s. Cr. Manitius, Op. cit., p. 416 et s.
Le poème De resurrectione et judicio, attribué par saint Isidore de Seville (De vir. ill., ch. vu) à Verecundus, se retrouve peut-être dans le poème De judicio domini ou De resurrectione mortuorum, parmi les œuvres de Tertullien et de saint Cyprien (v. Supra, § 36, xi, sub fin.).
Aux poèmes de l'évoque Vercundus, D. Pitra enjoignait un autre qui, sous le titre de Crisias, comprend trois livres et chante l'avènement de l'Antéchrist, le jugement dernier et la résurrection des morts (p. 144- 165) ; mais l'œuvre est de date bien postérieure.
VI. Liberatus. — Ce n'est pas, dans l'affaire des Trois Chapitres, une source de médiocre valeur que le Breviarium de Liberatus. Abrégé concis où se trouve ramassée toute l'histoire du Neslorianisme et du Monophysisme, depuis le sacre de Nestorius, en 428, jusqu'au concile de Constantinople, en 553.
Liberatus était diacre de l'Eglise de Garthage. On ne saurait l'absoudre entièrement de partialité pour les Trois Chapitres. 11 écrivit entre 560 et 566.
Le Breviarium, dans Migne, P. L., lxviii, 969-1052. — ■ Sur les éditions précédentes, v. Fessier, Instit. Patrot., h, 970, n. cf. aussi Supra, ▼.
VII. Prima s iu s d'Adrumète. — Comme la plupart de ses collègues d'Afrique, Primasius, évêque d'Adrumète dans
la Byzacène, a joué un rôle dans la controverse des Trois Chapitres.
De son commentaire sur l'Apocalypse, on dirait une mosaïque sans élégance, tirée d'interprètes latins antérieurs, de saint Augustin notamment et de Tichonius. Un ouvrage sur les hérésies n'est pas, ce semble, arrivé jusqu'à nous. Un commentaire des Epîtres de saint Paul a usurpé le nom de Primasius.
Le commentaire de saint Paul et celui de l'Apocalypse, dans Aligne, P. L., lxvhi, 413-936. — Cf. J. Haussleiter, Vie et œuvres de Primasius, évêque d'Adrumète (Progr.) % Erlangen, 1887, in-8°. — Pour plus de détails sur le Commentaire de l'Apocalypse ou plutôt sur la version latine de l'Apocalypse qui sert de base au Commentaire, v. Haussleiter, L'Apocalypse latine de Vancienne Eglise d'Afrique, dans les Recherches pour l'histoire du canon du Nouveau Testament et de l'ancienne littérature ecclésiastique, IV e partie, publiées par J. Haussleiter et Tb. Jahn, Erlangen, 1891, p. 1-224.
VIII. Junilius. — A la prière de l'évêque Primasius, Junilius écrivit, en 551 probablement, les deux livres de ses Ins titilla regularia divinœ legis; le titre usité naguère, De partibus divinœ legis % ne sied bien qu'au premier cha* pitre du premier livre. L'ouvrage, sous l'aspect que lui ont conservé des manuscrits sûrs, nous offre une introduction méthodique à l'étude approfondie de l'Ecriture sainte. Sujet et plan, Fauteur a toute emprunté aux leçons de son maître, le Perse Paul de Nisibe ; mais ces leçons étaient jusque dans les détails l'écho de Théodore de Mopsueste, dont les Instituta reproduisent les idées et les thèses sur le canon de la Bible, sur la Christologie, sur l'exégèse sacrée.
Gela fut pendant longtemps une erreur très répandue de
voir en Junilius an évèque d'Afrique. Africain de naissance» Junilius Fêtait ; mais il occupait à Constantinople une des grandes charges de l'Etat, quxstor sacri palatii.
V. pour lés preuves, H. Kihn, V exégèse de Théodore de Mopsnxste et de Junilius Africanus , avec une édition critique des InstUuta regularia diuinx legis, F ri bourg, 1880, in -8°. L'édition critique du texte des tnstiluta a aussi para à part, Fri bourg, 1*30. — Sur les éditions antérieures, depois l'édition princeps de J. Gjstias, Baie, 1515, jusqu'à celle de M igné, P. L. f lxviii, 15 42, y. Kihn, Op. cit., p. 200 et s. — Quant à Paal de Nisibe, v. Kibn, laid., p. 254 et s. — Sur un commentaire apocryphe des premiers chapitres de la Genèse, ▼. Kihn, IbidL, p. 301. — Une contribution à la critique textuelle des Instiiuta par A. Rahifs, Le maître et C élève chez Junilius Africanus, dans les Informations de la société royale des sciences et de l'université Georges Auguste, Goettinçue, 1891, p. 242-
On doit un recueil de canons et de décrétâtes à Grèsconius qui, selon toute apparence, était un évêque d'Afrique. Cette Concordia Canonum fut rédigée à l'aide des deux collections de Denys. Elle les reproduit en grande partie, les répartissant en trois cent un titres, à travers lesquels on ne voit pas se dessiner un plan bien précis. Gresconius, dans sa Préface, se réfère à la Brevialio canonum de Fulgence Ferrand (1). Quand est-il mort? On ne sait trop. Ce qu'on peut dire, c'est que le plus ancien manuscrit de la Concordia, celui de Vérone, est, à n'en pas douter, une œuvre du vin* siècle (2).