‹ Les pères de l'égliseChapitre 106 sur 149 · In gloria martyrum, ch. xciv · texte numérisé non relu

In gloria martyrum, ch. xciv

sion des sept dormants d'Ephèse, dans la version de saint Grégoire : assertion étrange! vu qu'il existe une édition incunable, publiée par Mombrizio vers 1479.

Le livre Des offices ecclésiastiques, De cursibus ccclesias-

ticis, a paru entre 575 et 582. Pendant très longtemps on

n'en a connu que de faibles débris. Mais, de nos jours (1853),

Haase a publié l'ouvrage entier d'après un manuscrit de

Bamberg, du vm° siècle, où il est intitulé : De cursu stella-

rum ratio qualiter ad officium implendum debeat observari.

C'était un manuel liturgique, un guide pour déterminer

l'ordre des offices ou leçons ecclésiastiques, cursus eccle-

siastici, d'après la position et surtout d'après le lever des

constellations les plus importantes.

11 ne nous est resté de commentaire sur les Psaumes que des fragments insignifiants.

Les Sept livres de miracles ne font pas un tout homogène; c'est plutôt un assemblage de livres indépendants les uns des autres, que saint Grégoire, peu avant sa mort, a revus une dernière fois et rattachés au livre de la Vie des Pères, pour en former un recueil hagiographique.

En tête il a placé le livre De la gloire des martyrs. In gloria martyrum, lequel date des environs de l'an 590, et nous parle surtout de miracles opérés par Notre-Seigneur, par les apôtres, par divers martyrs de l'Eglise des Gaules. Vient ensuite le livre Des miracles de saint Julien, De virtutibus S.Juliani; saint Julien avait souffert le martyre, vers l'an 304, dans les environs de Clermont, et son tombeau à Brioude était un pèlerinage très fréquenté.

Le prologue des quatre livres Des miracles de saint Martin, De virtutibus S. Martini (iii-vi) nous initie à la pensée de Fauteur ; Grégoire veut transmettre à la postérité le souvenir des miracles « actuels » du grand thaumaturge, de ceux qu'il fait encore chaque jour à son tombeau. Selon Krusch, le I" livre est antérieur à 576 ; le II e n'a pu de-

vancer 581 ; le III e date des environs de 584; le IV* est de meure inachevé.

Au septième rang figure le livre de la Vie des Pères, Liber vitae patrum, sans conteste le plus intéressant et le plus remarquable de tout le recueil. Ce livre comprend vingt chapitres ou morceaux, dont trois renferment chacun deux biographies distinctes, et qui furent d'abord publiés à part. Une partie de l'ouvrage n'est pas antérieure à Tan 592. Le VIII e et dernier livre, De la gloire des confesseurs, In gloria confessorum, autre recueil de courtes histoires miraculeuses, fut publié en 587; mais, depuis 590* l'auteur ne s'est pas lassé de retoucher et d'augmenter son livre.

C'est encore dans le domaine de la légende chrétienne que nous reporte le Livre des miracles de C Apôtre André. L'auteur ne le cite pas. On ne saurait néanmoins en contester l'authenticité.

Mais le grand travail de l'évêque de Tours, son vrai titre de gloire, est son Histoire des Francs, en dix livres. L'auteur nous avertit dans sa Préface qu'il veut transmettre à la postérité la connaissance des choses de son temps. Aussi, à partir du V e livre — les quatre premiers ne forment qu'une introduction — Y Histoire des Francs constitue, au sens le plus propre, une série de Mémoires.

Le I er livre, afin d'asseoir la chronologie de l'ouvrage, commence avec le monde et traverse rapidement les siècles jusqu'à la mort de saint Martin (397). Le II* livre entame à la fois l'histoire de l'Eglise dans les Gaules et celle de la barbarie ; le fondateur de la monarchie franque, Clovis, y occupe la plus large place (1). Le III* livre s'arrête à la mort de Théodebert l* (548), le IV* à la

i. V. M. Kurth, Les sources de V histoire de Clovis dans Grégoire de Tours, dans le Congrès scientifique international des catholiques, Paris, 1888, t. II, p. 339-380. (N. dm T.).

mort de Sigebert l tr (575), et, déjà, pour les dernières décades, Fauteur puise dans ses propres souvenir?. Les quatre premiers livres datent, selon Arndt, de Tan 575. L.es deux suivants, qui vont de 575 à 584, furent écrits de o80 à 585. Puis on vit successivement paraître les quatre derniers livres qui retracent dans les menus détails, avec force anecdotes, les années 584-585, et s'arrêtent après un récit plus sommaire à Tan 591.

Grégoire a plus tard enrichi les six premiers livres de nombreux suppléments. C'est avec le V* livre qu'il est complètement lui-même. 11 raconte les événements qu'il a vus, auxquels il a été mêlé, sans jamais oublier de faire nettement ressortir la part qu'il y a prise; sur tout ce qui le touche, Grégoire s'étend avec la complaisance de l'intérêt personnel.

11 n'y a, du reste, aucun art de composition, aucun ordre ; l'ordre chronologique même, que l'auteur promet de suivre, est sans cesse méconnu et interverti. C'est bien moins une histoire qu'une foule d'histoires particulières, entassées pêle-mêle et reliées par un fil extérieur. Grégoire n'est pas un historien au sens moderne du mot; l'étude de la liaison des événements, l'intelligence des causes dans les résultats, ne sont pas du tout son fait ; ce lui est assez d'enregistrer et de décrire ce qu'il connaît parfaitement. Mais, indépendamment de la couleur locale et de la vie des personnages, la simplicité, le naturel et la naïveté de l'historien prêtent à son œuvre un charme et un attrait qui en rachètent toutes les faiblesses et tous les défauts. 11 y a plus, ce qui donne à Y Histoire des Francs une valeur inappréciable, c'est, avec l'importance exceptionnelle du sujet, l'impossibilité où nous sommes réduits d'aller puiser à d'autres sources ; Y Histoire des Francs, a dit Giesebrecht, « est l'un des ouvrages les plus précieux de toute la littérature historique ».

II. Littérature. — Des éditions complètes de saint Grégoire la meilleure a été longtemps celle de Dom Ruinart, Paris, 1699, in-f°, réimprimé par Migne, P. L., lxxi. « Les travaux modernes sur l'évoque de Tours n'ajoutent que peu de chose à la magistrale élude de Ruinart. s Fustel de Coulanges, Op. cit., p. 6, note 1. — Mais l'édition bénédictine est aujourd'hui dépassée par celle de 6. Arndt et Bruno Kruscb, Gregorii Turonensis opéra (Monum. Germ. hisL Script rer. Meroving, t. I). Pars I (p. 1-450): Historia Francorum, éd. G. Arndt. Pars h (p. 451-881) : Miracula et opéra minora, éd. Br. Krusch; dans cette seconde partie, p. 821-846 : Gregorii episc. Turon. liber de miraculis B. Andréa? apostoli, éd. M. Bonnet. Ce livre a aussi paru à part. A la fin du volume on trouve, de la main de Krusch, un Index (p. 884-911), des Ortographica (p. 912-928), des Lexica et grammatica (p. 929-963). Cette édition est la première qui ait essayé, avec un incontestable succès, de rétablir la langue originaire de l'auteur. Tandis que les éditions précédentes s'attachaient aux manuscrits les plus récents et nous donnaient un texte retouché, avec un vernis des siècles carolingiens, nous rencontrons ici, avec laide des plus vieux manuscrits, lesquels remontent au vn e siècle, et malgré bien des mutilations et des lacunes, toute la rudesse et la barbarie de l'époque mérovingienne. — Sur la tradition manuscrite des divers ouvrages, v. aussi Krusch et Bonnet, dans les Nouv. archives pour la connaissance de Vancienne histoire d'Allemagne, 1886, t. XI, p. 629 , 1887, t. XII, p. 303-308, 309-314 ; 1894, t. XIX, p. 24-45. — II. Omont, Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livres /- VI. Texte du m$. de Corbie, BibL nat. ms. lat. 17655 avec un facsimile, Paris, 1887, in-8°. — G. Collon, Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livres V1I-X. Texte du ms. de Bruxelles, Paris, 1893, in-8°.

On trouve, sous la plume de Grégoire, le renvoi suivant à son livre, aujourd'hui perdu, sur les messes de Sidoine Apollinaire : « In prsfatione libri quem de missis ab eo compositis conjunximus. » HisL Franc., II, 22. Tillemont (Mémoires, t. XVI, art. 38, p. 277) suppose que ces missx et les ContestatiuncuUe, c'est-à-dire les préfaces liturgiques dont Sidoine Apollinaire, Epis t. Vil, 3, réclame la paternité, ne font qu'un ; mais nulle part ailleurs le mol missa n'est employé dans le sens de préface : v. Du Gange, Gloss. med. et inf. latin ; éd. L. Favre, au mot Missa.

La plupart des écrits théologiques de l'évoque de Tours (Libri miraculorum aliaque opéra minora) ont été publiés, avec une traduction française, par H. L. Bordier, Paris, 1857-1864, 4 vol. in-8°. — V Histoire des Francs a été traduite en français par Guizot, nouv. édit. par A. Jacobs, Paris, 1861, 1874, 2 vol. in-8°;et par H. Bordier, Paris, 1859-1862, 2 vol. in-8°. — A. Lecoy de la Marche, De l'autorité de Grégoire de Tours,

Elude critique sur ie texte de l'histoire des Francs, Paris, 1861, in-8°. — G. Monod, Etudes critiques sur les sources de V histoire mérovingienne, l r * partie : Introduction, Grégoire de Tours, Marius d'Avenches, Paris, 1872 (Bibliothèque de V école des hautes études, fasc. 8). — Àrbellot, Les sources de Vhistoire des origines chrétiennes de la Gaule dans Grégoire de Tours, Limoges, 1891, in-8°. — A. Jacobs, Géographie de Grégoire de Tours, de Fredegaire, et de leurs continuateurs, 2* éd., Parie, 1861, in-8°. Cf. A. Longnon, Géographie de la Gaule au vi* siècle, Paris, 1878, in-8\ — R. Urbat, Contributions à un tableau dés éléments romans dans le latin de r histoire des Francs de Grégoire de Tours, Kœnigsberg, 1890, in-8°.

Sur la vie et les œuvres de Grégoire, v. Lcebell, Grégoire de Tours et son temps, Leipzig, 1839, in-8<>,2* édit. augmentée, avec une préface d'Henri de Sybel, 1869. — G. Wattenbach, Sources de Vhistoire d'Allemagne au moyen dge, 6* édit., i, 93-103 : Grégoire de Tours. — L. v. Ranke, Histoire universelle, iv, 2 (l rû -3« édit.), p. 328-368 : Grégoire de Tours. — M. Bonnet, Le latin de Grégoire de Tours, Paris, 1890, in-8°. Sur cet ouvrage, cf. la discussion de Bonnet et de Krusch dans les Nouvelles archives de ta société pour la connaissance de Vhistoire ancienne de V Allemagne, 1891, t. XVI, p. 432-434; 1892, t. XVII, p. 199-203.

III. Fortunat. — Pendant que la Gaule voyait Grégoire de Tours ranimer un moment l'histoire, la poésie latine aux mains de Fortunat y jetait, avant d'expirer, ses dernières lueurs.

Fortunat, Venantius Honorius Clementianus Fortunatus, n'était pas Gaulois d'origine ; il était né vers 530, aux environs de Trévise, dans Test de la Haute-Italie. Ce fut à Ravenne qu'il reçut son éducation littéraire ; avec la grammaire et la rhétorique, il y étudia le droit ; la philosophie et la théologie n'étaient guère de son goût, il ne s'y adonna point, et ne fut jamais très au fait ni de Tune ni de l'autre de ces sciences. Par contre, sur les bancs mêmes de l'école, il s'essayait dans la poésie.

Fortunat, pendant son séjour à Ravenne, fut guéri d'un mal d'yeux par l'intercession de saint Martin ; il avait oint son œil malade de l'huile de la lampe qui brûlait de-

vant l'image du saint, dans une église de Ravenne. Aussi vers 565, s'achemina-t-il, par reconnaissance, au tombeau du glorieux thaumaturge. Il nous apprend lui-même, d'une manière exacte et très détaillée, quelle fut la direction de son itinéraire; c'est bien plus le voyage d'un touriste que celui d'un dévot pèlerin.

Franchissant les Alpes, Fortunat traversa la Germanie et s'arrêta en Austrasie, au moment du mariage de Sigebert 1 er et de Brunehault, fille du roi des Visigoths d'Espagne Athanagild. L'épilhalame, où le voyageur célébra les deux époux, lui valut d'emblée, avec la faveur de Sigebert, le renom d'un grand poète. Après être resté un an ou deux à la cour d'Austrasie, l'émigré italien poursuivit sa route à petites journées, sans ombre d'impatience» frappant d'ordinaire à la porte des personnages considérables, évêques ou laïques, se ménageant auprès d'eux, à force de souplesse et de savoir-faire, un accueil bienveillant, et payant son écot à ses hôtes avec les flatteries de ses vers. Au terme de son voyage, à Tours, il se lia avec l'évêque Euphronius d'une étroite amitié. Mais, Euphronius, pas plus que le tombeau de saint Martin, ne put longtemps le retenir; il reprit le bâton du pèlerin, et, à la façon des troubadours du moyen âge, parcourut de foyers en foyers tout le midi de la Gaule.

Une visite qu'il fit à Poitiers décida du reste de sa vie. Une princesse thuringienne, sainte Radegonde, veuve de Clotaire l or (f561), venait de s'y retirer et d'y fonder le monastère de Sainte-Croix ; Agnès, sa fille adoptive, en était abbesse. L'empressement de ces deux nobles âmes à recevoir le poète, les soins, les égards et surtout les louanges dont il se vit comblé, le retinrent par un charme nouveau plus longtemps qu'il ne l'avait prévu, et quand sonna l'heure du départ, leur vœu de garder Fortunat près d'elles fut pour lui comme un arrêt d'en haut. 11 ne songea plus à repasser les Alpes et s'établit définitivement à Poitiers;

l'amitié de Radegonde et d'Agnès, qu'il appelait du nom de mère et de sa sœur, lui en faisait une seconde patrie.

A la prière de ses pieuses amies, le poète consentit à recevoir les ordres des mains de l'évêque de Poitiers et vécut à côté du monastère, où il devint le chapelain , le conseiller, l'agent de confiance, l'intendant, le secrétaire de la reine et de Tabbesse. Le calme de cette retraite fut néanmoins entrecoupé de fréquents voyages.

Fortunat, célèbre par ses vers, était en correspondance assidue avec tous les grands évêques, tous les hommes d'esprit de la Gaule ; il avait noué notamment avec Grégoire de Tours les plus amicales relations. Sept ou huit ans après la mort de sainte Radegonde, il fut élevé sur le siège épiscopal de Poitiers, où il mourut, selon toute apparence, au commencement du vu* siècle.

Entre Grégoire de Tours et Fortunat, le contraste est frappant : chez Grégoire, on reconnaît le sérieux de l'historien ; tout, chez son ami, respire l'humeur légère, enjouée du poète. Impossible de dénier à Fortunat un rare talent poétique (1) ; de tous ses devanciers de la fin de l'antiquité chrétienne, aucun ne saurait à beaucoup prè* rivaliser avec lui d'aisance et de naturel, pour exprimer on vers qui coulent de source, les mille détails de la vie ordinaire. 11 n'a pas réussi pourtant à s'élever au-de»*u* du mauvais goût de son siècle. Partout on en aent la vivo empreinte dans l'enflure et l'affectation du ftlylo, et, npricialement dans celte intempérance maladive d'éloges (jul déshonore plus d'un panégyrique.

La majeure partie des menues poé*ie* de Korlun/il n AU transmise par an recueil en onze livre*, intitulé d'ordinaire Car mina ou Mitcellanea et dont rordowuifi/?o Ht monte certainement au poète lui-mArrio, f<«* rriAriiJwrlUi

1. Les critiques en Fran** ont U6 jEln'raWft'ftt h**n j/l«« tt't'tfiu i\u mî Allemagne «ians l'Appréciai ion >> fori'iun*. '* t>** 't .

PÈBEâ DE L*É«,L!ir., T, Hf, W

qui nous sont restés, sont autant de copies d'un même exemplaire incomplet ; seul, un manuscrit de Paris, du vin" ou du ix 9 siècle, a puisé dans le recueil complet un choix de morceaux et nous a transmis trente-et-une pièces que ne donnait pas l'exemplaire mutilé. Ce qui remplit à peu près le recueil, ce sont des poésies de circonstance. Les lieux que Fortunat visite, les grands personnages qui le reçoivent, les festins où ils le convient, eu un mot tous les incidents de la vie, lui inspirent avec plus ou moins de bonheur des poèmes, des opuscules, de simples distiques (1). Ces petits vers, qui charmaient les Francs, nous montrent les traits de leur caractère, leurs goûts, leurs habitudes et la manière dont ils aimaient à être loués; on devine combien ils versent de lumière sur le poète et sur son temps.

Des trois hymnes du recueil, il en est deux qui non seulement étincellent d'images neuves et splendides, mais vibrent d'un sentiment tendre et profond ; l'Eglise a officiellement adopté le Pange lingua gloriosi (2) et le Vexilla régis prodeunt (3). Fortunat passe encore pour être l'auteur de plusieurs autres hymnes; mais l'authenticité en demeure suspecte.

Indépendamment des deux hymnes de la Passion, le recueil compte parmi ses chefs-d'œuvre trois élégies que Fortunat écrivit à la prière ou mieux au nom de sainte Radegonde : d'abord la déchirante lamentation sur la ruine de la maison royale de Thuringe, De excidio Thoringiœ ; puis, deux pièces adressées, Tune à un cousin de Radegonde, Amalfred, qui vivait à Gonstantinople, l'au-

i. (Test à l'influence de Fortunat que le distique doit la faveur dont il a joui dans la poésie de l'ère carolingienne. (N. dbs T.).

tre, d'un accent moins passionné, quoique toujours ému, au jeune Artachis, le fils ou le neveu d'Amalfred (1).

Quelques morceaux de prose figurent aussi dans le recueil ; on y trouve, avec des lettres, une explication assez prolixe du Pater noster (2) et une Explication du Symbole des apôtres (3), résumé habile du travail de Rufin (4).

Outre le recueil des Miscellanea> Fortunat avait composé un grand poème épique en quatre livres (2453 hexamètres), sur la Vie de saint Martin ; s'il en faut croire sa lettre à Grégoire de Tours, le poème ne lui avait coûté que deux mois. Ce n'est qu'une rédaction poétique et abrégée des ouvrages de Sulpice Sévère. Le poète s'appuie, dans ses deux premiers livres sur la Vita S. Martini, et, dans les deux autres, sur les Dialogues (5), non sans emprunter beaucoup, idées et expressions, à Paulin de Périgueux (6). Il y parle de Tévêque Germain de Paris comme d'un personnage encore vivant (7), ce qui reporte la composition du poème avant le mois de mai 576.

Fortunat, enfin, nous a laissé des Vies de saints, en prose, écrites pour l'édification du peuple et dans un style relativement simple. Nombre de biographies analogues ont, il est vrai, usurpé son nom. Mais il faut tenir pour authentiques la Vie de saint Hilaire de Poitiers avec le Livre des miracles de saint Hilaire, la Vie de saint Mar-

1. Un poème élégiaque de trois cent soixante-et-onze vers sur l'histoire de Gelswinthe, sœur de Brunekault, mérite un particulier intérêt. La subtilité et l'affectation de la mauTaise rhétorique s'y retrouvent ; mais l'émotion en est sincère et l'expression ingénieuse et vive. On y sent, à maints traits qui ne sont pas du fait de Fortunat, l'influence et l'inspiration de sainte Radegonde. (N. dis T.).

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