Homélies X1II-XXII
tueux, paternel; à la simplicité, le style unit l'énergie. Partout, l'exégèse allégorique de l'Écriture. C'est aux Homélies sur les Évangiles qu'on s'est plu dans la suite à emprunter et les leçons de l'office liturgique, et les lectures des Chapitres ou du réfectoire des communautés religieuses.
Le Sacramentaire Grégorien met les critiques aux prises. M. Fabbé Duchesne y reconnaît la main du pape Adrien 1 er , et naturellement, il en change le nom traditionnel contre celui de Sacramentarium Badriani; M. Prolst (1892) y voit au contraire la main de saint Grégoire et en maintient le nom traditionnel. Les retouches décisives que saint Grégoire a fait subir au sacramentaire de l'Église romaine, sont hors de conteste, et, puisque le vieux Sacramentaire Gélasien remonte très au-delà de saint Grégoire (1), force est bien d'admettre que le Sacramentaire Grégorien est le fruit de la réforme du grand pape.
L'antique tradition qui réserve à Grégoire l'honneur d'avoir définitivement fixé le chant liturgique, Cantus Gregorianw, défie toutes les attaques. De nos jours, M. Gevaert et d'autres l'ont prise à partie; Dom Germain Morin n'a pas été seul à la défendre.
Les huit hymnes qui portent le nom de saint Grégoire, peuvent être toutes regardées comme apocryphes.
III. Génie de saint Grégoire. — C'est sur le terrain pratique, sur celui de la vie spirituelle et du gouvernement de l'Eglise, qu'on voit éclater, avec les mérites hors de pair, la grandeur de saint Grégoire. Servir l'Eglise et les âmes, ce fut, jusque dans ses travaux littéraires, le but et la devise du glorieux pontife.
Ce génie éminemment pratique est l'apanage commun de saint Grégoire et de saint Ambroise. Pour la culture d'esprit et le savoir, l'archevêque de Milan dépasse de