‹ Les pères de l'égliseChapitre 115 sur 149 · De vir. ill., ch. xxxy · texte numérisé non relu

De vir. ill., ch. xxxy

L'ouvrage est dédié au roi des Suèves, Miron (570-583), qui avait prié saint Martin à maintes reprises de lui adresser quelquefois par écrit un mot de remontrance ou de consolation. Après la dédicace, Fauteur nous offre un abrégé concis de la morale naturelle, qu'il envisage au point de vue des quatre vertus cardinales de Platon, prudence, magnanimité ou force, continence ou tempérance, justice. Cet opuscule, probablement, n'est que Pécho d'un écrit de Sénèque, qui n'a pas survécu. Un second opuscule, celui De la colère, s'inspire des trois livres de Sénèque sur le même sujet ; il n'en est, à vrai dire, qu'un résumé.

Par contre, les trois opuscules Pro repellenda jactantia, De superbia, Exhortatio hamilitatis , qui forment ensemble un seul tout, et qui probablement étaient aussi dédiés au roi Miron, déroulent à nos yeux les exigences de la morale chrétienne positive.

L'histoire des mœurs peut glaner à pleines mains dans un sermon De correctione rusticorum, contre les idées et les pratiques païennes ou superstitieuses des paysans. Le deuxième concile de Braga, de l'an 572, avait enjoint aux évêques, dans leurs tournées pastorales, de prémunir le peuple contre les erreurs idolâtriques, errores idolorum, et l'évêque d'Astorga, Polemius, soucieux de s'acquitter du devoir de sa charge, avait demandé à saint Martin une courte instruction sur l'origine et les crimes de l'idolâtrie, De origine idolorum et sceleribus ipsorum. Martin lui répondit par l'envoi du discours précité.

Les deux recueils de maximes, Mgyptiorum patrum sententiœ et Verba seniorum^ sont l'un et l'autre des traductions du grec ; Martin fît lui-même la première, pendant qu'il était abbé de Dumio ; la seconde fut faite, sur son ordre et avec son concours, par un moine de l'abbaye, nommé Paschasius. Quant au recueil analogue de maximes, intitulé Libellas de moribus % et à l'opuscule De la

pauvreté, lequel fourmille d'extraits des lettres de Sénèque, il ne faut pas hésiter à les tenir pour apocryphes.

Dans r histoire des sources et de la littérature du droit canonique, saint Martin doit sa place et son renom aux Capitula Martini. Collection de canons empruntée aux conciles d'Orient, d'Afrique, d'Espagne, voire aux canons des Apôtres, et qui, rédigée après 561, fut transcrite à la suite des actes du deuxième concile de Braga. Elle est divisée méthodiquement en deux livres, dont l'un, avec soixante-huit canons, concerne les évêques et les clercs et l'autre, avec seize canons, les laïques. Ces Capitula ont été utilisés dans la plupart des autres collections systématiques; un remaniement dû à un compilateur inconnu est connu sous le titre d'Epitomé espagnol.

L'opuscule De la pâque veut asseoir un usage qui remontait, selon l'auteur, aux anciens, majores, d'après lequel la fête de Pâques oscillait entre le XI 4 des calendes d'avril et le XI e des calendes de mai comme dates extrêmes.

La Lettre de trinamersione, adressée probablement à Boniface, un évêque du royaume des Visigoths, prend à partie et déclare entachée de sabellianisme la coutume que la haine de l'hérésie arienne avait introduite en Espagne, de baptiser par une seule immersion.

Il nous reste aussi de saint Martin trois petites poésies ou inscriptions métriques. Un Volume de lettres, cité par saint Isidore (1), paraît aujourd'hui perdu.

XI. Littérature touchant saint Martin. Autres écrivains espagnols. — Nous n'a?ons pas encore d'édition complète des œuvres de saint Martin. Galland, Bibl. vet. Patr.,t. XII, a publié les ou* ▼rages ci-après : Formula viix honestx, Libellus de moribus, Pro repel-

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