De rir. M., 1 : Migsb, P, L., lxviii
Les autres homélies, de la I re à la XXII e , sont intitulées : De la foi, De la charité, Du jeûne f De la prière, Des guerres, c'est-à-dire de la campagne du roi de Perse Sapor II contre Uonstantin-le-Grand — , Des moines, De la pénitence. De la résurrection des morts, De C humilité, Du pasteur — entendez de la tâche et des devoirs des pasteurs de l'Eglise — , De la circoncision, De la Pdque, Du sabbat, De [avertissement, — circulaire qu'Aphraate écrivit au nom d'un Concile tenu Tan 344, probablement à Séleucie-Gtésiphon, et qu'il inséra ensuite parmi les instructions destinées à son ami — , De la distinction des viandes, Des nations qui ont remplacé le peuple juif, De la preuve que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, Contre les Juifs de la Virginité et de la Sainteté, Contre les Juifs au sujet de leur prétention d'être de nouveau rassemblés, Dusoulagement des pauvres, De lapersècution, De la mort et des derniers temps.
D'un style simple et clair, mais qui pèche par la prolixité, les écrits d'Aphraate sont d'un prix inestimable au point de vue philologique ; ils ont notamment pour la syntaxe syriaque une importance capitale. La langue syriaque y a encore sa pureté originelle, sans mélange de grec ni d'aucun autre élément étranger.
En fait de christologie, Aphraate représente les idées du concile de Nicée ; mais sa terminologie manque encore de précision, par suite sans doute du caractère pratique et ascétique de ses écrits, mais bien plus encore parce que, demeuré étranger aux agitations doctrinales de l'occident, il n'a aucune connaissance des controverses ariennes. Il parle très souvent du sacrement de la pénitence et de la Sainte Eucharistie. A plusieurs reprises il professe la théorie, qu'adopteront dans la suite presque tous les Syriens Nestoriens, du sommeil de l'âme. Dans l'intervalle entre la mort et la résurrection corporelle, l'âme demeure dans un état d'inconscience ou de sommeil (1).
i. Iiom. 6, 13 ; 8 f 8.
§ 97. — SAINT AP1IRAATE 233
III. Littérature. — Nie. AQtonelli,S. PatrisN.Jacobi episc.Nisibeni sermones, cum prxfatione, noiis et dissertalione de ascetis, Rome, 1756, in-P\ — Wright, The Homilies of Aphraates,lhe Persian Sage.Edited from- Syriac manuscr. of the Vlh and Vlth centuries, in the Brilish Muséum with an English transi, vol. I : The Syriac text, Londres, 1869, in-4°. La versioo anglaise promise n'a pas paru. — Parisot, 0. S. B. a donné une nouvelle édition du texte syriaque avec version latine, dans Je Cursus patrologix Syriacœ de Graffin, i, n. Cf. supra, § 96.
Sur Aphraate, v. Sasse, Prolegomena in Aphraatis Sapientis Persx sermones homilelicos. Leipz., 1878, in-8°. — Schœnfelder, Aphraate, dans la Revue trimestr. de thèoL, t. LX (1878), p. 195-256 : son explication des 70 semaines d'années el des 4 royaumes dans Daniel ; sa christologie. — Forget, De vita et teriptis Aphraatis, Sapientis Persae, dissertatio hi&toricotheologica, Louvain, 1882, in-8°* — Funk. Les éléments haggadigues dans les Homélies d 1 Aphraate, le Sage de la Perse, Francf., 1891, in-8°. — Harlwig, Recherches sur la Syntaxe d' Aphraate, Leipz. 1893, in-8°. — De la tentative de Weingarten, dans YEncyclop, de Herzog, 2* éd. t. X, (1882), p. 776-777, à l'art. Monachisme, mettant en doute non seulement la date des Homélies d 'Aphraate, mais la personne même de l'auleur (Cf. supra, § 45, xi), il ne reste rien. V. Ryssel dans la Gazette de littér. théoL, 1885, col. 387-389.
IV. Papa de Seleucie. — Braun a publié une traduction allemande, avec une étude approfondie, d'une prétendue correspondance du catholicus ou patriarche Papa de Seleucie (vers 266-336), Revue de théol. cath., t. XVIII (1894), p. 163-182, 546-565.
V. Acta disputationis Archelaï. — II a été question ci-dessus, § 47, i, des Acta disputationis Archelaï, document de la 1" moitié du iv e siècle, originairement en syriaque selon quelques savants.
§. 98. — Saint Ephrem le Syrien.
I. Sa vie. — Le plus remarquable écrivain de l'Eglise syrienne à l'époque patristique, c'est saint Ephrem ou Afrém, comme prononçaient sans doute les Syriens. L'histoire de la vie d'Ephrem offre encore plus d'un point obscur. Les
plus anciens documents, les biographies syriaques et grecques et la confession du saint — qui n'est conservée qu'en grec — se contredisent en plus d'une occasion, outre que plusieurs de ces pièces portent çà et là les signes manifestes de la légende.
D'après les données les plus vraisemblables, Ephrem naquit de parents chrétiens et fut élevé dès son enfance dans la crainte du Seigneur. Il résolut de se consacrer tout entier au service de Dieu et commença une vie d'anachorète, uniquement occupée d'étude et de contemplation. L'évêque Jacques, qui occupait alors le siège de Nisibe (f probablement en 338), lui accorda toute sa confiance. On croit qu'il l'amena avec lui au I er concile œcuménique de Nicée et qu'il le mit à la tête d'une école dans sa ville épiscopale. Dans les années 338, 346 et 350, tandis que Nisibe était menacée et serrée de près par le roi de Perse Sapor II, Ephrem, conseiller et censeur de ses concitoyens, exerça sur eux la plus heureuse influence. Lorsque le traité de paix de 363 donna Nisibe à la Perse, Ephrem, avec la majeure partie de la population chrétienne, dit adieu à sa ville natale, pour se retirer en territoire romain, et se fixa bientôt à Edesse.
C'est bien à Edesse qu'il composa la plupart de ses écrits. 11 menait d'ordinaire, semble-t-il, la vie d'anachorète, sur une montagne située dans le voisinage de la ville ; ce qui ne l'empêchait pas de rassembler des disciples autour de lui et de prêcher souvent dans la ville. La tradition qui lui fait visiter l'Egypte et ses institutions monastiques, se heurte à de graves difficultés. Mais il semble certain que, vers 370, Ephrem fit le voyage deCésarée en Cappadoce pour faire personnellement connaissance avec un homme dont le nom était connu de l'univers chrétien, l'évêque Basile. Saint Basile l'aurait ordonné diacre. 11 ne reçut jamais le sacerdoce. 11 mourut l'an 373, peut-être le 9 juin.
II. Ses écrits. — Ephrem laissa un héritage littéraire immense. Il avait commenté, on l'affirme du moins de divers côtés, toute l'Ecriture Sainte. Il avait aussi écrit en vers sur les sujets les plus variés de la doctrine et de la vie chrétienne. Sozomène avait entendu dire qu'Ephrem avait composé « 300 myriades de vers ». Ses écrits ont joui en tout temps d'une extraordinaire considération. Les Syriens appellent Ephrem la bouche éloquente, le prophète des Syriens, le docteur de l'univers, la colonne de l'Eglise, la harpe du Saint-Esprit. Nombre de ses hymnes ont trouvé place dans les liturgies syriaques, tant chez les Orthodoxes que chez les Nestoriens ou les Jacobites.
Ses écrits en prose, ou ses commentaires bibliques, sont sans doute beaucoup moins conservés dans le texte original que ses poésies ; mais de très bonne heure des écrits d'Ephrem furent traduits en grec, en arménien, en copte, en arabe et en éthiopien, et ces versions comblent plus ou moins mainte lacune de la tradition syriaque. Beaucoup de textes qui portent le nom d'Ephrem ne sont pas de lui ; sa renommée même prêtait à ces attributions erronées. Beaucoup d'autres écrits réellement de lui ont subi dans la suite des retouches, et cette remarque s'applique bien plus encore aux versions grecques que nous connaissons en grand nombre par les éditions imprimées, qu'aux textes syriaques. Comme ces versions servaient presque exclusivement à l'édification des fidèles, on ne se fît pas scrupule de modifier, selon le besoin, le texte primitif, de l'amplifier ou de l'abréger, de le démembrer et de le remanier.
III. Ecrits en prose ou commentaires bibliques. — Les commentaires bibliques de saint Ephrem sont écrits en prose, tandis que ses autres ouvrages, ceux du moins dont le texte syriaque est parvenu jusqu'à nous, ont presque sans exception la forme métrique.
En fait de commentaires, il ne nous reste dans la langue et dans la forme originale que ceux de la Genèse et de
l'Exode (1). Sur les autres livres on n'a publié jusqu'ici que des fragments, courtes introductions et scholies détachées, recueillies d'une Chaîne sur plusieurs parties de l'Ancien et du Nouveau Testament que composa, d'après les auteurs syriaques et grecs, Sévère, moine d'Edesse, dans les années 851-861. Les fragments publiés se rapportent au Pentateuque, aux livres de Josué, des Juges, de Samuel, des Rois, de Job et à tous les prophètes, y compris les Lamentations de Jérémie. Les commentaires sur Ruth, les Paralipomènes, Esdras, Néhémie, Esther, les Psaumes, les Proverbes, le Cantique des Cantiques et l'Ecclésiastique auraient donc péri en syriaque. Pour les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament, on doute avec raison qu* Ephrem les ait commentés. Du texte original des commentaires sur le Nouveau Testament, il ne reste rien.
Nous avons une version arménienne des commentaires sur les Paralipomènes, sur le Diatessaron de Tatien (2) et sur les Epîtres de saint Paul. L'Epître à Philémon est omise ; par contre, après le commentaire de la II e Ep. aux Corinthiens, on trouve celui de la correspondance apocryphe de saint Paul avec les Corinthiens. Les fragments de saint Ephrem qu'on rencontre dans les Chaînes grecques n'ont pas encore été réunis.
Saint Ephrem prend pour texte de ses commentaires la célèbre version syriaque dite la Peschitto — probablement le même sens que Vulgate — , pour les Evangiles, le Diatessaron. Il se plaît à recueillir les traditions juives. Savaitil l'hébreu et le grec? Il semble bien que non. Ce qu'il dit ça et là du texte hébreu et de la version alexandrine, il l'a sans doute appris par les notes marginales de la version syriaque ou pour l'avoir entendu des hébraïsants et des hellénistes.