‹ Les pères de l'égliseChapitre 130 sur 149 · V. notamment Gutschmid · texte numérisé non relu

V. notamment Gutschmid

manié au x* siècle, le Martyre de S. Grégoire devient les Acta S. Gre- §orii Armenifde Siméon Métaphraste, qu'on trouve dans Migne, P. G. cxv, 943-996 ; dans de Lagarde, Op. c. Le texte grec a fourni aussi le fond d'une vie latine de S. Grégoire d'Arménie, qui semble du ix< siècle, insérée dans les Acta SS. Sept, vin, 402-413, el dans les Onomastica Sacra de Lagarde, 2* éd. Goettingue, 1837, p. 1-24. Sur Agathange, V. A. von Gutschmid, dans la Revue de la Soc. orient. d'Allemagne, t. XXXI (1877), p. 1-60. — G. Thoumaian, Agathangelos et la doctrine de l'Eglise arménienne au v* siècle, Lausanne, 1879, in-8\

III. Isaac le Grand et Mesrop. — lsaac (Sahak en arménien), surnommé le Grand, fut revêtu de la dignité de Catholicus ou patriarche d'Arménie, des environs de Tan 390 aux environs de 440, et rendit à la jeune Eglise nationale, persécutée par l'idolâtrie, sollicitée par l'hérésie, d'inappréciables services. Sa prudence et son zèle éludèrent tous les efforts du roi de Perse pour introduire en Arménie le culte d'Ormuzd ; il ne s'opposa pas moins heureusement aux tentatives du Nestorianisme, et, grâce au patriarche, les décrets d'Ephèse furent reçus dans tout le pays.

A ses côtés et dans son même esprit, Mesrop déploya dans le combat contre l'idolâtrie et l'hérésie, et pour l'expansion de la vie ecclésiastique, une infatigable activité. A la mort d'Isaac (440) Mesrop prit en mains l'administration de l'Eglise, en attendant la nomination du nouveau catholicus ; mais au bout de six mois il suivit son ami dans le tombeau (441).

Les services singuliers rendus par ces deux grands hommes au développement intellectuel et à la civilisation de leur nation, par l'invention d'une écriture arménienne et par la version de la Bible, ont été mentionnés plus haut (1). La liturgie arménienne doit également aux

deux amis plus qu'à nul autre sa naissance et ses progrès. La tradition nationale leur attribue à l'un et à l'autre des hymnes d'église, et à Isaac un manuel de liturgie. Mesrop semble aussi avoir mis en arménien des écrits des Pères grecs et syriens, encore qu'il soit malaisé, faute de renseignements précis, de lui assigner dans les nombreuses traductions du v G siècle sa part réelle. D'après Vetter, on l'a dit déjà (1), les homélies qui portent le nom de saint Grégoire l'illumanateur, seraient l'œuvre de Mesrop.

Sur les écrits de S. Isaac le Grand, V. Neumann, Essai d'une histoire de la liltér. armén. (Supra, i). p. 28-30. Moïse de Chorène, dans son Histoire de la grande Arménie (wi/ra, vi) m, 57, nous a conservé trois courtes épttres d'Isaac, à l'empereur Théodose le Jeune, au patriarche Atticus de Constantinople et au préfet Anatolius. On les trouve en français dans Langlois, Collection des historiens anciens et modernes de l'Arménie, t. II, Paris, 1869, p. 164-165.

Les travaux apostoliques de S. Mesrop nous sont connus avec quelque détail par une biographie de la main de son disciple Koriun, évêqae géorgien. Ce travail qui date des années 445-451, est d'un style classique et tout plein d'une chaleur communicative. On l'a imprimé à Venise, en 1833, ainsi que, en 1854, une recension plus brève et plus récente, qu'on trouve dans le recueil de Langlois, u, 1-16, traduite en français par J. R. Emine.

IV. Eznik. — Eznik, disciple de Mesrop, naquit au village de Kolb (Koghb). Tout porte à croire qu'il faut l'identifier avec l'évêque homonyme de Bagrevand qui paraît au concile cTArtaschat (449).

Par sa Réfutation des sectes, Eznik s'est placé en un rang

éminent parmi les écrivains ecclésiastiques de l'ancienne Arménie. Des quatre livres de son ouvrage, le premier combat « les sectes des Gentils, » — éternité de la matière, le mal substance — , le deuxième « la religion des Perses », savoir le Zerwanitisme, une évolution du Parsisme, le troisième « les écoles philosophiques de la Grèce », surtout leurs idées astronomiques, et le quatrième « la secte de Marcion », notamment sa prétendue doctrine secrète. Cette étude, dit Vetter, fut le premier effort d'une nation intelligente^ peine sortie de la barbarie et de l'inculture, et s'éveillant à la pensée chrétienne, pour réfuter philosophiquement la conception païenne de l'univers dans ses grands systèmes et ses idées fondamentales. » L'auteur fait preuve d'une profonde pénétration et d'un savoir étendu; des connaisseurs vantent son style comme le plus noble modèle de la langue classique de l'Arménie. Les homélies que d'anciens auteurs mentionnent de lui, semblent perdues. On lui doit aussi en partie la version biblique nationale (1) et peut-être d'autres traductions d'ouvrages grecs ou syriaques.

Le texte arménien de la Réfutation des tecies a été imprimé à Smyrne en 1762, à Venise en 1826 et 1863. On a joint comme appendice à ces éditions un petit recueil de Sentences, quatre-vingt-treize en tout, qui porte le nom d'Esnik. Le Vaillant de Florival a donné de l'ouvrage et de l'appendice une traduction française dédestable : Réfutation des différentes sectes, etc. Paris, 1853, in-8*. V. les justes critiques d'A. de Wickering, Eznig de Gog'ph, dans la Revue de l'Orient, nouvelle série, t. III (1856), p. 207-216. Traduite à nouveau, une faible partie de la Réfutation, livre II, § 1-11, a trouvé place dans le recueil de Langlois, h, 369-382. — E. Dulaurier, Cosmogonie des Perses d'après Eznig, dans la Revue de VOrient, Nouv. série, t. V (1857), p. 253-262. — Esoff, Doctrine d'Esnik au sujet des mages perses, Saint-Pétersb., 1858.

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