‹ Les pères de l'égliseChapitre 28 sur 149 · npwxov 7rpoTiÔ7)[Ju TÎjj X^ty tw àêêâv 'IcoàvvTjv · texte numérisé non relu

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§ 81. — HAGIOGRAPHES Ai

ce moine qui, après quarante ans de solitude dans les Laures de la Palestine, fut ordonné, vers 494, évêque de Bétélie près de Gaza (f 522).

Sur saint Théognius comme sur saint Théodose, le biographe se borne à quelques pages. On possédait déjà un ample panégyrique de saint Théodose par un moine du couvent de ce nom, Théodore, dans la suite évêque de Petra. Le panégyriste semble avoir prononcé son discours au couvent même, dès Tan 530 ; il n'y mit la dernière main et ne le livra au public que vers Tan 547. Paul, abbé d'Elusaen Idumée, avait publié de même, vers Tan 526, un discours sur saint Théognius. Cyrille se contenta donc de résumer à grands traits la vie des deux saints, et il faut voir dans la sobriété voulue de ses esquisses une critique discrète à l'adresse de ses devanciers.

En effet, à la différence de Théodore et de Paul, Cyrille est historien, non panégyriste. S'il ne s'affranchit pas de ce besoin de merveilleux qui est caractéristique de l'époque, partout il paraît animé du plus pur amour de la vérité ; il n'épargne aucun effort pour ne raconter que des faits avérés, pour rectifier et compléter les récits de ses devanciers ; il a en particulier un continuel souci de l'exactitude chronologique. Ses mémoires dans la forme originelle, sans les retouches que leur fit subir au x e siècle Siméon Métaphraste, constituent, pour l'histoire de la Terre-Sainte et de l'Eglise de Jérusalem au v e et au vr siècle, une source du plus grand prix.

La Vie de S. Eutkyme fut éditée par B. de Montfaucon dans les Anakda Grœca des Bénédictins, t. I, Paris, 1688, p. 1-99 ; le remaniement de Métaphraste, par Cotelier, dans les Ecclesix Grxcœ monumenta, t. II, Paris, 1681, p. 200-340, et dans Migne, P. G., cxiv, 595-734. — La Vie àe S. Sa bas, danB Cotelier, Op. c, t. III, Paris, 1686, p. 220-376. La Vie àt S. Jean Vhrmite a paru dans les Acta Sanctorum, t. III de Mai, p. 16*-

21*, en latin, p. 232-238 ; la Vie de S. Cgriaque, dans les mêmes Acla, t. VIII, de septembre, p. 147-159 ; le remaniement dans les Analecta Grxca des Bénédictins, t. I, Paris, 1688, p. 100-127, dans Migne, cxv, 919-944.

Les deux Vies de S. Théodose par Théodore et par Cyrille ont été publiées par H. Usener, Saint Théodose. Ecrits de Théodore et de Cyrille, Leipz. 1890, in -8°. Cf. Krombacher, Etudes sur les légendes de S. Théodose y dans les Comptes-rendus de VAemd. royale de Munich, 1892, p. 220-379. Krtimbacher a prouvé, à l'aide de nombreux manuscrits, la base insuffisante de l'édition d' Usener, an seal manuscrit du xi e siècle. Migne avait déjà donné la Vie de S. Théodose par Théodore, remaniée par Métaphraste, en v, 469-554. Les Analecta Bollandiana, i. X (1891), p. 73-118, donnèrent les deux Vies de 5. Théognius par Théodore et Cyrille. Cf. J. Van den Gheyn, 5. Théognius, évéque de Bétélie en Palestine, dans la Revue des quest. kisL, t. L (1891) p., 559-576.

Sur la Grande Lanre de S. Sabas, fondée par Enthyme, v. A. Bhrard, Le couvent grec de Mâr-Saba en Palestine, son histoire et ses monuments littéraires, dans la Revue trimestr. romaine d'archéoL chrét., t. VII (1893), p. 32-79.

II. Saint Jean Moschus et saint Sophronius. — Le goût du public, surtout dans les monastères, accueillait avec tant de faveur les récits de Cyrille de Scythopolis et de ses émules qu'il en résulta un genre littéraire spécial, les « mémoires monastiques ». Les monuments les plus connus de cette littérature sont Y Histoire Lausiaque de Pallade (i) et le Pré spirituel de Jean Moschus.

La vie et les travaux de Jean Moschus marquèrent la fin du vi e siècle et les premières années du vn e . Dégoûté du monde, il se retira, au dire d'une ancienne biographie anonyme, dans le couvent de Saint Théodose à Jérusalem. Plus tard il vécut parmi les moines de la vallée da Jourdain et dans la Nouvelle Laure, pour entreprendre ensuite de lointains voyages en Syrie, en Egypte, en Italie.

i. s 61, it.

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Sur la fin de sa vie, qui se termina Tan 619 dans la ville de Rome, il rassembla dans un vaste recueil les exemples et les miracles des ascètes contemporains, soit qu'il en eût été témoin, soit qu'il en eût entendu ou lu le récit. Il dédiait l'ouvrage à son disciple et compagnon de voyage Sophronius et l'intitulait Pré, Xetjxwv, pratum spirituale, « parce que, dit le titre complet, expliquédans la dédicace, il offre uue biographie pleine de fleurs de la céleste roseraie ».

Gomme il arriva souvent pour les livres de piété très en vogue, notamment pour V Histoire Lausiaque> le texte subit dans le courant des siècles bien des modifications ; ceuxci abrégaient, ceux-là amplifiaient. Entre les exemplaires que Photius (1) eut sous les yeux, les uns contenaient 304 sections ou récits, les autres 342. Les éditions imprimées comptent 219 chapitres.

Moschus écrivit en outre, avec la collaboration de son compagnon Sophronius, une vie de saint Jean l'Aumônier, patriarche d'Alexandrie (610-619), avec qui les deux auteurs avaient été longtemps étroitement liés. Il nous reste un fragment de cette biographie dans les premiers chapitres de la Vie de saint Jean l'Aumônier qui porte le nom de Métaphraste.

Ce Sophronius dont il a été plusieurs fois question, était tenu de temps immémorial pour le célèbre patriarche hiérosolymitain de ce nom. On a de nos jours émis des doutes sur cette identification, mais les dernières recherches ont confirmé l'antique opinion. Sophronius fut sans doute appelé, Tan 634, du couvent de saint Théodose de Jérusalem au siège patriarcal, qu'il n'occupa que quatre ans (f 638).

11 doit son principal renom littéraire à ses épîtres, à ses discours et à ses poésies, dont il sera question plus bas (2).

i. Biblioth. Cod. 199 : Maure, cm, 668.

Hfiïs il cultiva aussi l'hagiographie et composa un grand ouvrage sur les saints Cyrus et Jean, un abrégé du même ouvrage et une biographie de sainte Marie Egyptienne. Cyrus et Jean étaient deux martyrs alexandrins de la persécution de Dioclétien ; Sophronius croyait avoir été préservé par leur secours d'une cécité complète. La première lie son ouvrage est le panégyrique des deux martyrs ; dans la seconde on lit le récit de soixante-dix guérirons miraculeuses dues à leur intercession. L'ensemble pèche par l'emphase et l'afféterie d'une rhétorique de mauvais goût.

Sainte Marie Egyptienne, que l'on place tantôt au iv% I nu lot au v* ou même au vi* siècle, après avoir mené dans Alexandrie une vie coupable, fut touchée d'un rayon delà gntee à Jérusalem et fit pénitence pendant 47 ans dans le désert a l'est du Jourdain.

La susdite Vita S. Joannît Moschi se lit en tôle de beaucoup de manuscrits et d'éditions du Pré Spirituel. C'est ainsi qu'on la trouve dans la Magn* Bibl. Vêt. Pair., Paris, 1644, t. XIII, p. 1053-1055; en latin dans Migoe, P. L., lxxiv, 119-122.

L'édition princeps du Pré spirituel parut en 1479 & Vicence dans nne version italienne, dérivée de la version latine d'Ambroiee le Camaldule (-;■ ii:r.i). Cette version latine Tut publiée à Venise en 1558, et souvent : ii!, notamment dans Mïgne, l. c, 121-240. Le texte grec fat édité ]iar Fronton du Duc en 1684, puis en 1631 complété et corrigé par 1, IL Cotelier : Migoe, P. G., lxixvii, 3, 2851-3112.

Sur U biographie de S. Jean l'Aumônier, couvre commune de Mosobue et de Sophronius, v. H. Gelzer, dans l'édition de la Vita S. Joannis Eiéemotynarii de Léonce de Neapolis (tn/rn, in), Fri bourg et Leipz., l'SKJ, p. 15-16. La Vie du même saint qui porte le nom deMétapbraste, dans Migne, exiv, 895-966.

Li Tiiiijeure partie des écrits de S. Sophronius n'ont vu le jour que par Isa soins de Mai. Le recueil le plus complet dans Migne, uxxvn, 3, "liT-idU. L'ouvrage sur les sainte Cyrus et Jean est suivi de deux mules biographies des mimes saints, 3677-3696. La première dit

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expressément que Fauteur avait composé un plus grand ouvrage sur les deux héros. La Vie de S. Marie Egyptienne, 3697-3726, se trouve aussi en latin dans la P. L., lxxiii, 671-690. Sur les autres écrits de S. Sophronius, v. § 82, in. L. de Saint-Aignan, Vie de S. Sopkrone, patriarche de Jérusalem, dans len Lect. et mém. de VAcad. de sainte Croix d'Or» liant, t. V (1886) p. 229-244. Sur l'identité du moine et du patriarche, ▼. surtout Gelzer, dans la dite édition de la Vie de S. Jean l'Aumônier de Léonce (1893), p. 118-120.

III. Léonce de Néapolis et Léonce de Rome. — Sur la vie de Léonce, qui fut, dans la première moitié du vu* siècle, évêque de Néapolis, aujourd'hui Nemosia dans l'île de Chypre, on ne sait rien de précis. Mais nous possédons plusieurs écrits de sa main, notamment une Vie de saint Jean V Aumônier, travail qui ne voulait sans doute que compléter celui de Jean Moschus et de Sophronius sur le même sujet (1), une biographie du moine Siméon dit « le Fou pour l'amour du Christ », quelques prédications et des fragments d'un ouvrage polémique contre les Juifs. Une Vie de saint Spiridion de Trimithus, le saint national de l'île de Chypre, semble perdue.

Les biographies qui nous restent sont, d'après le but avoué de l'auteur, des livres d'édification pour le peuple. Dans la Vie de saint Jean C Aumônier, il se fonde sur des autorités de premier ordre, récits de contemporains et de témoins oculaires. La vie de saint Siméon offre aussi plus d'une donnée intéressante pour l'histoire de l'esprit et des mœurs.

« Léonce, prêtre, moine et supérieur du couvent de Saint-Sabas à Rome » : ainsi se désigne lui-même l'auteur d'une vie grecque de saint Grégoire de Girgenti sur la côte méridionale de la Sicile. D'après le début de l'ou-

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