POÈTES
III. Saint Sophronius. — Le patriarche Sophronius de Jérusalem (634-638), déjà mentionné comme hagiographe (1), fut l'énergique et puissant adversaire du monothélisme. Le synode qu'il célébra à Jérusalem lors de son intronisation (634), condamna la nouvelle hérésie, et la lettre synodale adressée aux patriarches prouve, dans une copieuse et solide exposition, qu'à chacune des deux natures, unies dans le Christ sans confusion, il faut reconnaître son opération propre, fcxxclpa <pu<ux7j èv^e»». La même richesse de fond dogmatique caractérise également nombre de sermons de fêtes de saint Sophronius ; tels les sermons de Noël, de r Annonciation, de la Purification, etc. Le sermon sur l' Annonciation de la Sainte Vierge se distingue entre tous par retendue et par le mérite.
11 s'agit ici de Sophronius comme poète. La majeure partie des écrits qui portent son nom est en effet en vers ; mais l'auteur manifestement a bien moins le génie du poète que celui du théologien. 11 cultiva de préférence la savante et artificielle poésie métrique ; aussi ses odes anacréontiques, àvaxpe<$vcEia, bien qu'elles traitent exclusivement des sujets religieux, n'eurent-elles jamais d'usage liturgique ; l'auteur les avait écrites pour un cercle choisi de lecteurs. Quelques tôttyeÀa (2), destinés à la liturgie, étaient composés d'après le procédé du rhythme tonique. Le recueil de chants sous le titre de TpiyStov, attribué par Mai au patriarche de Jérusalem, appartient bien plutôt à l'hymnographe Joseph du ix e siècle. L'ensemble des écrits qui portent le nom de Sophronius, a d'ailleurs grand besoin de passer par le crible de la critique.