Cl. Supra, § 76, i
d'action s'élargir et l'activité littéraire, un moment suspendue, se ranime et brille d'un nouvel éclat (i). L'affaissement, l'épuisement total, au sein duquel, depuis le v* siècle, TOrient s'est endormi, n'a jamais paralysé au même degré l'Occident. L'Eglise grecque conserve à peine un souffle de vie, que la théologie latine s'honore toujours de noms glorieux.
Vers le milieu du v° siècle, la Gaule, la portion peutêtre la plus cultivée de l'empire, est le théâtre d'un grand mouvement intellectuel. Au vi - siècle, c'est dans l'Afrique du nord, en Italie et en Espagne, que la littérature ecclésiastique est appelée à porter ses meilleurs fruits.
II. Mission et rôle de la théologie latine. — Au premier plan de la scène théologique, nulle question n'a plus attiré et divisé les esprits que celle des rapports du libre arbitre et de la grâce. L'examen et la discussion des problèmes capitaux de la christologie avaient été de préférence le partage des Grecs (2) ; l'anthropologie et la doctrine de la grâce furent de tout temps la grande affaire de la théologie latine. Le pélagianisme est vaincu ; mais le semi-pélagianisme compte encore dans la Gaule méridionale» sa patrie, d'éminents défenseurs, jusqu'à l'an 529, où le II* concile d'Orange, présidé par saint Gésaire d'Arles, le frappa d'un coup mortel.
Les problèmes christologiques, durant la période qui nous occupe, ne sont pourtant pas relégués dans l'ombre et dans l'oubli ; presque partout en Occident ils ont excité et passionné l'attention. Pourquoi? La raison principale en est que les divers peuples barbares qui envahissaient le sud et l'ouest de l'Europe avaient embrassé le christianisme sous la forme arienne. Arracher ces peuples à l'hérésie et les ramener au giron de l'Eglise catholique,