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ce fut la tâche providentielle d'ouvriers élus; ils y vouèrent leur parole, leur plume, toute leur vie. Fauste de Riez travailla, dans le sud de la Gaule, à la conversion des Visïgoths, saint Avite de Vienne se fit l'apôtre des Burgondes. En Afrique, Vigile de Tapse, saint Fulgence de Ruspe, etc., combattirent énergiquement TArianisme; mais leur zèle ne put rien contre Tépée et les violences des rois Vandales. Martin de Braga imprima un branle décisif à la conversion des Suèves de l'Espagne, et saint Léandre de Séville fraya aux Visigoths espagnols les voies du catholicisme.

En Occident, les savants de cette période ont aussi à cœur de pourvoir et pourvoient dans une large mesure aux besoins intellectuels des âges à venir. Boèce et Cassiodore travaillent infatigablement, on peut le dire, à sauver des flots de l'invasion et à transmettre au moyen âge dans son berceau tout ce que leur siècle possède encore de culture classique. A côté d'eux on aperçoit entre autres saint Isidore de Séville, le plus grand compilateur de son temps et peut-être de tous les temps ; c'est dans saint Isidore que le monde germanique a retrouvé les trésors de la science romaine et puisé les matériaux d'une

nouvelle civilisation.

III. Les travaux dans les diverses branches de la littérature théologique. — L'âge d'or de l'apologétique est passé et ne reparaît plus. Salvien de Marseille veut raffermir la foi ébranlée au dogme de la Providence.

On doit un précieux abrégé de la dogmatique chrétienne à saint Fulgence de Ruspe, le plus grand théologien du vi* siècle, l'adversaire de l'Arianisme et le défenseur de la doctrine augustinienne de la grâce.

Presque tous les ouvrages de théologie prennent avec l'esprit, les allures de la polémique. Au nom du semi-pélagianisme, Fauste de Riez entre autres, descend dans la lice contre les théories prédestinatiennes du prêtre Lu-

cidus. Les idées semi-pélagiennes inspirent aussi Àrnobe le Jeune, l'auteur anonyme du Prœdestinatus , autre antagoniste du système prédestina tien, Gennade de Marseille, etc. A la tête des adversaires du semi-pélagianisme figure, nous l'avons indiqué déjà, saint Fui* gence de Ruspe.

La thèse de Fauste de Riez en faveur de la matérialité de l'âme est réfutée par Glaudien Mamert. Les hérésies d'Arius, de Macédonius, de Nestorius, d'Eutychès, voient se lever contre elles, en Gaule, Fauste de Riez, Gennade de Marseille, saint Avite de Vienne, en Afrique, Vigile de Tapse et saint Fulgence de Ruspe, en Italie le pape saint Gélase et Boèce, en Espagne, saint Léandre de Séville. Le premier édit de Justinien contre les Trois Chapitres provoqua au sein de l'Eglise latine, en Italie surtout et en Afrique, des querelles bien plus longues et plus acharnées qu'en Orient. On trouve mêlés à ces querelles, en Afrique, Fulgence Ferrand, Facundus d'Hermiane, Verecundus de Junca, Liberatusde Carthage, etc., en Italie, l'archidiacre romain qui devint le pape Pelage, le diacre Rusticus, etc.

Sur le terrain de l'exégèse, l'interprétation allégorique et mystique prévaut, jusqu'à prédominer à la fin exclusivement. Arnobe le Jeune commente les Psaumes, Primasius d'Adrumète l'Apocalypse, Gassiodore les Psaumes et plusieurs parties du Nouveau Testament, Juste d'Urgel le Cantique des Cantiques, saint Grégoire le Grand le livre de Job. Junilius écrit, dans l'esprit de Théodore de Mopsueste, une introduction à l'Ecriture sainte. Gassiodore, en traçant son plan d'études, fait de la science de l'Ecriture sainte l'âme et le soutien de toute la théologie. Les travaux exégétiques de Victor de Capoue sont perdus. Nous avons en revanche, de saint Isidore de Séville, nombre de traités sur l'Histoire sainte, sur l'Archéologie biblique, sur l'Herméneutique sacrée.

L'histoire a revêtu surtout la forme de la chronique ;

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Idace, le comte Marcellin, Gassiodore, Victor de Tunnunium, Jean de Biclaro, Marius d'Avenches, sont de purs chroniqueurs, continuant chacun de quelques années le récit de leurs devanciers, et se copiant les uns les autres à l'envi. Cassiodore, dans son Eistoria tripartita, laisse au moyen âge un manuel d'histoire ecclésiastique. Deux histoires nationales méritent une place à part, celle des Goths par Gassiodore (il ne nous en reste que des extraits) et celle des Francs par saint Grégoire de Tours. L'Histoire ou plutôt la Chronique des Visigoths d'Espagne par saint Isidore de Séville n'est qu'un ouvrage médiocre. Pour l'histoire de l'Allemagne, la Vie de saint Séverin, œuvre de l'abbé Eugippius, nous est dans sa simplicité un trésor inappréciable.

Victor de Vite écrit l'histoire des persécutions de l'Eglise catholique en Afrique par les Vandales ariens. L'auteur du Praedestinatus et Liberatus de Garthage éclairent l'histoire des hérésies. L'histoire de la littérature théologique doit beaucoup à Gennade de Marseille et à saint Isidore de Séville. Parmi les légendaires qui recueillent et conservent les vies jdes saints, on ne saurait oublier Grégoire de Tours et Fortunat. Denys le Petit établit les bases de la chronologie ecclésiastique.

La théologie morale s'honore des noms de Salvien, de Julianus Pomerius, de Martin de Braga. Mais un nom éclipse tous les autres, celui de saint Grégoire le Grand, et la palme va sans contredit à sa Régula pastoralis, synthèse abrégée de la théologie pastorale, chef-d'œuvre de psychologie et de sagesse pratique. Les Dialogues où saint Grégoire, dans un but d'édification, raconte divers traits de la vie des saints, obtinrent aussi un merveilleux succès.

Les deux collections juridiques du moine Denys le Petit, Dionysiana , ont joui dans tout l'Occident, notamment en France, d'une grande autorité; Denys recueille, suivant

l'ordre chronologique, ici les canons des conciles, là les décrétales des papes. Un peu après, Fulgence Ferrand et Cresconius en Afrique, Martin de Braga en Espagne, s'avisent de ranger dans un ordre méthodique les canons qui réglaient la discipline de leurs Eglises. Saint Benoît de Nursie, saint Césaire d'Arles, saint Aurélien d'Arles, saint Léandre et saint Isidore de Séville publient des Règles de la vie monastique. Tandis que les autres Règles s'enfoncent plus ou moins vite dans l'oubli, celle de saint Benoît se répand dans toutes les parties de l'Europe et mérite à son auteur le titre de patriarche de l'ordre monastique en Occident. On doit à saint Grégoire de Tours un manuel liturgique.

Au premier rang des prédicateurs figurent Fauste de Riez et saint Césaire d'Arles. Saint Césaire est dans la vieille Eglise latine le prince des orateurs populaires.

Sidoine Apollinaire, Ennodius de Pavie, Fortunat, mènent en quelque sorte « le chœur » des poètes. Mais Ennodius et Sidoine, pour ne point parler ici de Fortunat, n'ont guère de poètes chrétiens que le nom. Paulin de Pella et Paulin de Périgueux ont laissé des poésies épiques; Arator mit en vers les Actes des apôtres. Mais leurs travaux ne sauraient rivaliser d'importance avec les poésies lyriques et didactiques de l'Africain Dracontius, non plus qu'avec l'œuvre épique et didactique de saint Avite de Vienne. Fortunat, dans quelques hymnes, s'élève au-dessus de lui-même.

§ 87. — Fauste de Riez.

X. Vie de Fauste. — Après JeanCassien(l), persopne plus que Fauste de Riez n'a servi la cause du semi-pélagia-

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