‹ Les pères de l'égliseChapitre 70 sur 149 · FAUSTE DE RIEZ · texte numérisé non relu

FAUSTE DE RIEZ

en deux livres (1), à rencontre d'un défenseur outré de la prédestination. Le prêtre gaulois Lucidus avait, en effet, enseigné la complète abolition du libre arbitre après la chute, la limitation de la grâce aux seuls élus, la prédestination à la mort éternelle, etc. Deux conciles réunis l'un à Arles en 473, l'autre à Lyon vers 474, condamnèrent formellement ces idées, et les Pères, l'archevêque d'Arles Léontius à leur tête, chargèrent Fauste d'écrire contre Lucidus son traité De la grâce. L/évêque de Riez, ici comme ailleurs, veut tenir la via média, à distance égale des deux extrêmes ; il dit anathèmeà l'opinion de Pelage, anathème aussi à l'idée de la prédestination absolue, et professe, à tout prendre, les théories semi-pélagiennes de Jean Gassien. Il proteste énergiquement contre la nécessité de la grâce prévenante au sens de saint Augustin (2), non pas qu'il n'ait parlé auparavant, dans une lettre à Lucidus, d'une gratia prœcedens, mais il n'entend par là qu'une grâce purement extérieure, celle de la Révélation, et l'on sent qu'il se révolte contre l'idée d'une grâce spéciale et personnelle, au sens prédestinatien du docteur d'Hippone. Les thèses du traité De la grâce ne tardèrent pas à provoquer de plusieurs côtés une très nette et très vive opposition (3).

L'opuscule que signale ensuite Gennade, Contre Fopinion qui reconnaît d'autres êtres incorporels que Dieu, forme manifestement la troisième partie (4) d'une lettre adressée

cupe avec les deux premières parties de la lettre 111°. Mais, outre que rien, ni dans les manuscrits, ni dans le texte môme, ne nous autorise à faire de ces deux premières sections une œuvre a part, il n'y est pas soufflé mot des Macédoniens, et a peine y a-t-il trace d'un argument en faveur de la consubstantialité des trois personnes divines, le vrai sujet de l'opuscule en question 'N. dis T.).

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