FAUSTE ET RIEZ
commentaires, qui sont le triomphe de l'allégorisme. Arnobe y combat la doctrine augustinienne de la grâce. Rien ne prouve qu'Arnobe soit vraiment l'auteur des Adnotationes ad quœdam Evangeliorum loca (1) : recueil informe de scolies sur divers passages de saint Jean, de saint Mathieu et de saint Luc,, où le prétendu commentaire évangélique de Théophile d'Antioche (2) a largement puisé.
On conteste aussi et plus encore l'authenticité d'un assez pauvre travail, le Con/lictus Arnobii catholici et Serapionis (3). C'est, dirait-on, la relation d'une conférence théologique qu'auraient tenue, en présence de deux arbitres, le catholique Arnobe et l'Egyptien Sérapion, et dont la dogmatique tout entière, Trinité, Ghristologie, Grâce, aurait fait les frais. Deux jours durant les arbitres, d'humeur fort accommodante, et Sérapion après eux ont souscrit tour à tour aux thèses d'Arnobe ; Sérapion alors demande si le pape saint Léon, dans sa lettre aux Orientaux, s'accorde pleinement avec ses prédécesseurs et lecture est donnée de la lettre du pape Damase à Paulin
d'Antioche, sur quoi, brusquement, la conférence est close.
Quant à l'auteur de notre dialogue, les critiques partagés prononcent plus d'un nom : Casimir Oudin, celui de Vigile de Tapse ; Dom Baeumer, celui de Fauste de Riez ; Bellarmin, Feuardent, Miraeus, Gave, celui d'Arnobe le Jeune. Les manuscrits, du moins à ce qu'il paraît, désignent à la fois le catholique Arnobe comme l'un des interlocuteurs du dialogue et comme l'auteur même de l'ouvrage. Mais le moyen de reconnaître la plume d'Arnobe
1. un, 569-580. V. sur ces Adnotationes, Harkaci, Textes et recherches pour Vhist. de l'ancienne litt. chrétienne, t. I, fasc. 4, 1863, 152-153. Dom Bède Grandi a cru devoir en reculer la date jusqu'à la période d'avant Constantin. V. Rev. trim. de théol., 1897, t. LXXIX, p. 555-568 (H. des T.).