P. £., un
le Jeune dans an ouvrage qui respire un attachement naïvement passionné à saint Augustin (1) ?
Le traité anonyme, qui porte le titre de Prœdesti- Hoins (2) et que le P. J. Sîrmond a publié en 1643, se divise en trois livres. Le premier nous parle de quatre-vingtdix hérésies, à compter de celle de Simon le Magicien jusqu'à celle des prédestinatiens (3) ; le second analyse une apologie du prédestinatianisme qui circulait sous le nom de saint Augustin ; la troisième prend à partie cette apologie et la réfute au nom des théories semi-pélagiennes. L'esprit semi-pélagten de l'ouvrage, les caractères spécifiques du style et quelques allusions chronologiques, semblent s'accorder à nous signaler dans Arnobe le Jeune, l'auteur du Pr&dcstinatus.
1. Et pois, de Fauteur du Commentaire à Fauteur du Con/f ictus, quel contraste ! Esprit et style, richesse de pensées et bonheur d'expressions, le premier visiblement dépasse le second de cent coudées, Omk eenû-eL, point de clarté ni de précision; partout, même dans la question de la grâce et dn libre arbitre, l'incohérence et l'impuissance. Chez celui-là, un système net et complet, soutenu avec un véritable talent. Là une intelligence cultivée, qui sait s'abaisser et se proportionner à ses lecteurs ; ici. un esprit médiocre, qui se guindé et fait parade, en pure perte souvent, de science et de philosophie. Entre Arnobe le Jeune et l'auteur du C on fl ictus % a peu près rien de commun.
Mais il ne s'ensuit nullement que 1* Arnobe de notre Dialogue soit un pseudonyme, c'est plutôt le contraire qui parait vrai. Feu importe, après tout- Ge qu'il y a de sûr, c'est que, d'après la mise eu scène, Rome fat le théâtre de la conférence, et que l'auteur du Con/f ictus est un Romain.
Le grand objet du colloque, c'est-à-dire la réfutation du monophysisme, et le but premier de Fauteur, qui est de convaincre l'Eglise d'Egypte que, ni Rome ni en particulier le pape saint Léon, ne déserté la cause des A 1 fcM> ** et des Cyrille, tout semble dater le Co»/! ictus des années 452-453. Cf. D. Gacxu, Le Con/f ictus ArnMi* dans laJfrru* de tAêol. trim„ 1S97, t. LX.MY, p. 529- 555. (S. M5 T.\ V. au surplus Ri*nmm dans Le Catholiqne, 1S?7, t. U, p.3S8- 406, et contra EacKiaucn. dans la Rente des Gymnases d'Autriche, 1890, t XU. p. 292-294 ; cf. Snpr*, nu
2. Prtrdestinatus t sire pr\rdestinatorum haresis et libri S. Aufustino temère adseripti re/utatio : Mien, P. L., un, 5S7-672.
3. On trouve ce premier livre dans Fr. CEaua, Corpus karreses logicum, t I, Berlin, IS5Ô, p. 227-2ÔS.
§88. — Littérature chrétienne de la Gaule. — Suite.
I. Salvien. — Moraliste et, si le motja'était pas trop moderne, sociologue d'une âpre éloquence, Salvien est, de tous les écrivains de la Gaule, celui qui reflète le mieux l'impression produite sur les esprits par l'invasion des Barbares.
II naquit vers la fin du iv e siècle, fut élevé sans doute à Trêves, centre de la culture gallo-romaine dans le nord, et ne laissa pas, quoique chrétien, d'épouser une jeune fille païenne du nom de Palladie, qui lui donna une fille unique, Auspiciola; Palladie devenue chrétienne, les deux époux, à l'exemple d'un Paulin et d'une Thérasia, d'un Eucher et d'une Qalla, résolurent de changer leurs relations et de vivre fraternellement. Bien qu'entre temps le père et la mère de Palladie se fussent convertis au christianisme, ils ne comprirent rien à pareille résolution et s'en montrèrent offensés. Nous avons encore la lettre que Salvien leur adressa (1) pour désarmer leur courroux. Cette lettre, d'un ton extrêmement affectueux et pénétrant, nous initie à une scène d'intérieur qui ne devait pas être rare au v* siècle, et nous révèle en son auteur des qualités qu'on ne lui supposerait point.
Salvien, fuyant l'incendie et le glaive des Francs, s'était réfugié dans le midi de la Gaule. On l'aperçoit, vers l'an 430, à Lérins, au sein de la famille religieuse de saint Honorât (2). Gennade (3), en nous disant que