Ch. lxxxt
sein d'une famille sénatoriale d'Auvergne, qui comptait trois générations d'évêques. Il monta, après son père, en 490, sur le siège de Vienne et l'occupa jusqu'à sa mort vers Tan 526, respecté et ménagé des maîtres ariens du pays, sans jamais faiblir ni fléchir dans les travaux et les luttes de son apostolat. On le vit déployer contre toutes les hérésies, y compris le semi-pélagianisme, un zèle infatigable, et ce fut lui qui, par sa haute influence, gagna le roi Sigismond (516-523) à la foi catholique.
Les tendances schismatiques de l'Orient, si fortement accusées par le schisme d'Acace, ne lui inspiraient qu'horreur et dégoût, et saint Avite ne s'épargna pas pour affermir et resserrer autant que possible les relations de l'Eglise burgonde avec la papauté. L'idée de la primauté de Rome est, pour ainsi parler, son étoile, et c'est en union avec le Saint-Siège qu'il veut sauvegarder et protéger les intérêts de la civilisation chrétienne comme de l'autorité religieuse. On connaît le mot de saint Avite : « Mettez le pape en question et l'épiscopat tout entier chancelle sur sa base (1). »
Grand évêque, saint Avite mérite aussi d'être étudié comme écrivain. 11 tient, dans l'histoire de la poésie chrétienne, un rang très distingué. Son chef-d'œuvre est un vaste poème en vers hexamètres, que l'auteur intitule, dans une lettre (2), Libellos de spiritualis historiœ gestis. 11 se divise en cinq livres qui ont chacun leur titre spécial, et chante la création, le péché originel, le jugement de Dieu ou l'expulsion du paradis, le déluge, le passage de la mer Rouge. Les trois premiers livres sur la création, le péché originel et le jugement de Dieu, se relient étroitement entre eux et forment un tout, un véritable Paradis
i. Ep y 34, éd. Peiper : « Si papa urbis vocatur in dubium, episcopatas jam videbitur, non episcopus, vacillare ».