V. Supra, § 75, u sub fin
sur, c'est que l'Eglise romaine, avant saint Grégoire-le- Grand, possédait un recueil officiel de prières liturgiques, et. qu'on le retrouve* non sans retouches postérieures, dans le Sacramenlaire gélasien. Mais ce recueil est-il précisément de Gélase et, par conséquent, a-t-il le droit de porter son nom ? Il se peut, dirons-nous avec Dom Baeumer, que la question ne soit pas encore mûre et en état d'être tranchée.
^1 nous est resté du pape saint Symmaque (498-514) une dizaine de lettres authentiques. En revanche, la gerbe des lettres de saint Hormidas (514-523) est d'une richesse rare ; il est probable que les premiers chercheurs ont puisé directement ces lettres dans les archives de l'Eglise romaine.
La Patrologiô latine de M igné nous a donné, lvul, il et s., les lettres et les décrétâtes du pape saint Hilaire ; lviii, 35 et s., celles de saint Simplicius ; lviii, 893 et s., celles de saint Félix III ; lis, 13 et s., celles de saint Gélase I" ; lxii, 49 et s., celles de sainl Symmaque ; lxiii, 367 et s. v celles de saint Uormidas. On n'y trouve rien du pape saint Aoastase II. — Edition nouvelle par A. Tbiel : Epistolx Romanorum PonUficium genuinx et qux ad eos scriptx sunt à S. Hilaro usque ad Pelagium //. T. I, a s. Hilaro usyue ad s. Hormisdam, ann. 461-523, Braunsberg, 1868, in-8°. L'ouvrage est resté inachevé, le t. II n'ayant pas paru. — S. Lœwenfeld a publié les lettres nouvelles, très courtes pour la plupart, exhumées du British Muséum, Epislolx Romanorum Poniificum inédite, Leipzig, 1885, in-8°, p. 1-12. Cf. P. Ewald, Les lettres pontificales du British Muieum, dans les Nouvelles archives 4e Us société peur ta connaissance de l'histoire ancienne de l'Allemagne, 1860, t. V, su 275-414» 503-596. — 0. Gîinther, Episiulte imperatarum, ponUjLium, aliorum... (Avetlana collectio), Pars I e , Vienne, 1895 (Corpus script, eccles. lat. t t. XXXV.)
Sur la chronologie des lettres pontificales depuis saint Hilaire jusqu'à saint Horaitsdas, V. Jaffé, Regesia Ponttf. Rom. 9 2* éd., t. I, 1885, p, 35-109. — Cf. O. Gûnther, Contributions à la chronologie des lettres au pape Hormisdas, Vienne, 1892.
La lettre du pape saint Gélase à l'archevêque de Lyon Rusticus, 25 janvier 494 (Thiel, Epist. Rom. Pontife p. 359), la lettre de féli citation adressée, en 497, par saint Anastase II à Clovis, aussitôt après la conversion du roi (Thiel, Op. cit., p. 624), et la lettre de Baint Symmaque à saint A vite, 13 octobre 501 (Thiel, Op. cit., p. 656 et s.), sont toutes les trois des inventions de l'oratorien Vignier. Cf. Supra, § 87, v.
A. Thiel a publié une édition à part du décret De recipiendis et non reeipiendis libris, Braunsberg, 1866, in-4°. — Cf. J. Friedrich, Trois conciles inédits de V époque mérovingienne avec un appendice sur le Décret de Gélase, Bamberg, 1867, in -8°. — Le môme, Le caractère apocryphe du décret du pape Gélase /", dans les Comptes -rendus de V Académie des sciences de Munich, sect. de philosophie, de philologie et d'histoire, 1888, t. I, p. 54-86. — Th. Zahn, Hist. du canon du nouveau Testament, t. II, 1, Erlangen et Leipzig, 1890, p. 259-267 : Le soi-disant Décret de Gélase.
Sur les Gesta de nomine Acacii, cf. 0. Gûnther, dans la Revue byzantine, 1894, t. III, p. 146149.
On trouve le Sacramentaire gélasien dans la Patrobgie latine de Migne, lxxiv, 1055-1244. — Nouvelle édition par Wilson, The Gelasian Sacramentary, Liber sacramentorum Romanx erclesiœ, Oiford, 1894, in-8*. — Cf., sur ce Sacramentaire, les études de MM. Duchesne, Probst, Wilson, § 75, m. — D. Baeumer, Le sacramentaire Gélasien, dans les Annales historiques, 1893, t. XIV, p. 241-301. — Probst et Funk, La question de V attitude du Sacramentaire au regard du jeûne quadragésimal, dans la Revue trismeslr. de IhéoL, 1894, p. 126-142.
Sur la vie et les œuvres de saint Gélase I er et de saint Anastase If, v. B. Viani, Vite dei due ponte/ici S. Gelasio / e , s. Anastasio //, Modène, 1880, in-8°. — A. Roux, Le pape Gélase I*, 482-496, Bordeaux et Paris, 1880, in-8*; l'auteur, avec Pearson, Richter, Heller et Duchesne, dénie à saint Gélase la paternité du Sacramentaire qui porte son nom.
II. Saint Ennodius de Pavie. — Magnus Félix Ënnodius naquit dans la Gaule méridionale ; mais il quitta de bonne heure sa patrie et fut élevé à Milan. On incline fort à croire qu'il commença par être un brillant professeur d'éloquence; après quoi, se séparant de sa femme, qui alla s'ensevelir dans un cloître, il embrassa l'état ecclésiastique. Il monta sur le siège de Pavie, selon toute apparence en 513. Depuis ce temps, sa vie fut mêlée aux
affaires de l'Eglise ; il prit le parti du pape Symmaque contre la faction adverse ; le pape saint Hormisdas l'envoya deux fois, en 515 et en 517, à Gonstantinople près de l'empereur Anastase, pour essayer de rapprocher le? Eglises d'Orient et d'Occident : mission malheureusement stérile! L/évêque de Pavie mourut sur son siège, en 521.
Ennodius et Sidoine Apollinaire (1) sont deux esprits de même famille ; à la fois rhéteurs et évêques, prosateurs et poètes, on dirait deux physionomies sœurs. Mais à travers l'œuvre littéraire d'Ennodius, on sent percer bien davantage le chrétien et l'homme d'Eglise. L'évêque de Pavie est même un ardent champion de la primauté du Saint-Siège.
L'édition du P. Sirmond répartit les écrits de saint Ennodius en quatre groupes : Lettres, Opuscules, Dictiones ou discours, Poésies. Cette ordonnance est l'œuvre de l'éditeur; dans les manuscrits nulle trace de groupes distincts, les divers écrits d'Ennodius s'entremêlent et se suivent sans ordre, quoique en général périodes par périodes.
Les lettres, au nombre de deux cent quatre-vingt-dixsept, ont été divisées par le P. Sirmond en neuf livres (2). Nul doute qu'elles ne soient toutes antérieures à l'an 513 et ne remontent à l'époque où l'auteur était diacre, probablement à Milan. Fond et forme, idées et style (3), ce ne sont guère que des pauvretés.
Bien autrement vif est l'intérêt qui s'attache aux dix Opuscules, Opuscula miscella. Au premier rang figure le
i. V. Supra, § 88, n.
] 2. Depuis Pline lo jeune, c'était, en pareille matière, la division consacrée.