‹ Les pères de l'égliseChapitre 93 sur 149 · N. DEB T · texte numérisé non relu

N. DEB T

; 3. Pins la langue rustique est employée généralement, plus la langue écrite

s'efforce de s'en distinguer, au risque de perdre toute simplicité et toute

1 clarté. La prose surtout, au vi e siècle, devient difficile à entendre ; il s'en faut

que les lettres d'Ennodius dérogent à cette r£gle. (S. des T.).

Pères de l'Église, T. III. 10

panégyrique du roi des Ostrogoths, Théodoric : c'est là, sous l'enflure outrée des mots et l'excès de l'adulation, l'œuvre d'un talent supérieur, et une source historique d'un très haut prix. Ce panégyrique fut écrit en 507, sur Tordre de saint Symmaque, pour remercier le roi d'avoir enfin pris parti, après de longues hésitations, contre l'antipape Laurent.

Déjà, quelques années plus tôt, Ënnodius avait soutenu énergiquement la cause du pontife légitime. Lorsqu'en «502 un concile romain, Synodus palmaris, justifia saint Symmaque des imputations de son adversaire, un pamphlet, Adversus synodum absolutionis incongrues^ décria la sentence et demanda la revision du procès; Ennodiusy riposta, avec autant de bonheur que de talent, par une apologie du concile, Libellas adversus eos qui contra synodum scribere prxsumpserunt '.

Parmi les Opuscules citons encore la Vie de saint Epiphane y l'un des plus célèbres évêques de Pavie (t 496) (t), travail des environs de l'an 503 ; la Vie de saint Anto ine, moine de Lérins ; X Eucharisticum de Vita sua (2), autobiographie rapide, en forme de prière, à l'exemple des Confessions de saint Augustin ; enfin, pour parler avec le P. Sirmond, la Paraenesis didascalica f sorte de manuel de pédagogie, composé par Ennodius, en 511, à la demande de ses deux jeunes amis, Ambroise et Beatus.

Les Dictiones ou discours, au nombre de vingt-huit, se signalent par un mélange bizarre de profane et de sacré, œuvres, pour la plupart, de rhétorique pure et qui empruntent en général leurs sujets, les unes à l'histoire païenne de Rome, les autres à la mythologie. '

Quant aux poésies, le P. Sirmond les a partagées eo

1. M. Tahii, Op. Ufra ait., p. 11-12, parait avoir établi que saint Epipban«* mourut le 27 janvier 497. (K. des T.).

2. Le P. Sirmond emprunte ce titre au poènie de Paulin de Pella ; v. S«F' fl -

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deux livres : le premier avec vingt-et-un poèmes, le second avec cent-einquante-et-une épigrammes pour tombeaux, églises, statues, etc. Inutile de chercher en tout ce fatras une étincelle de poésie; ce serait peine perdue.

L'édition do P. Sirmond, S. J., parut en 1641 à Paris, in-8\ Elle se retrouve dans la Patrologie latine de Migne, lxiii, 13-364. — Nous avons deux nouvelles éditions complètes, Tune de G. Hartel, Vienne, 1882 (Corpus scriptorum eccles. lot., t. VI), l'autre de Fr. Vogel, Berlin, 1885 (Monum. Gertn. hist. ÂucL anliquiss., t. VU). Hartel, à l'exemple du P. Sirmond, a divisé en quatre groupes les écrits d'Ennodius. Vogel, au contraire, a jeté cette classification par dessus bord, pour reproduire simplement les manvserits. — G. Tanzi, La cronologia degli seritli di Magno Felice Ennodio, Trieste, 1889.

Sur le panégyrique de Tbéodoric, v. C. Cipolla, lntarno al panegirico di Ennodio per re Theodorico, Padoue, 1889. — Sur l'Apologie du ooncile de l'an 503, v. Duchesne, Observations sur quelques passages du Libellus pro synodo d'Ennodius de Pairie, dans la Revue de philologie, 1883, p. 78- 81. — S. Léglise, S. Ennodius et la suprématie pontificale au vi« siècle, 499-503, Lyon (Extr. de Y Université catholique).

Sur la vie et les œuvres d'Ennodius, v. II. Ferlig, If. F. Ennodius si son temps, I r * partie, Passan, 1855; II* partie, Landshut, 1860 (Progr.) ; !!!• p., ibid.y 1858, in-4°. — P. Fr. Magani, Ennodio, Pavie, 1886, 3 vol. ia-8°. — B. Hasenstab, Etudes sur Ennodius, contribution à l'histoire de la migration des peuples (Progr.), Mnnicb, 1890, in-8°.

Entre les années 503 et 506, Ennodius, qui était alors diacre de l'Eglise de Milan, prononça un discours pour l'anniversaire du sacre de Laurent, son évêque (490-512), Dictio in natale Laurentii Mediolanensis episcopi (1). Cet évoque, au dire de plus d'un critique, serait le prédicateur dont parle Sigebert de Gembloux (2), Laurent le

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