V. Supra, § 5, v
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(498-514), les décrétâtes pontificales, au nombre de trentehuit, allant de saint Sirice (f 398) à saint Anastase II {\- 498) (1). Cette collection de décrétales et la collection de canons — seconde réaction — formèrent plus tard un seul tout, et reçurent le titre commun de Dionysiana (colle ctio). Elles jouirent aussitôt Tune et l'autre dans l'Église romaine d'une grande autorité (2).
Denys entreprit enfin, par ordre de saint Hormisdas (514-523), une troisième collection, dans laquelle il donnait tout ensemble le texte grec et la version latine des conciles ou décisions conciliaires ; la préface seule a survécu.
Dans la chronologie, Denys s'est acquis également un nom impérissable, en introduisant l'ère chrétienne, ou diony sienne. Il travailla énergiquement à faire adopter le cycle pascal alexandrin de dix-neuf ans, continua (525) pour une durée de quatre-vingt-quinze ans les tables pascales de saint Cyrille d'Alexandrie, et, rompant avec l'ère de Dioclétien, compta pour la première fois les années à partir de la naissance de Jésus-Christ. Mais Denys s'est trompé de plusieurs années, en abaissant la naissance du Sauveur à l'an 754 U. C. Jésus naquit, au plus tard, sur la fin de Tan de Rome 749, cinq ans avant l'ère chrétienne.
Les traductions grecques dont nous avons parlé, se trouvent réunies dans la Patrologie Latine de Migne, lxvii, 9 et s. En tête, la traduction de la Lettre synodale de saint Cyrille et du concile d'Alexandrie de l'an 430 (lxvii, 41-18), n'est pourtant pas du moine Denys; elle est de Ma-
1. On trouvait déjà des décrétales dans les collections plus anciennes ; mais Denys est lo premier qui en ait fait un recueil distinct des décisions des conciles, en les rangeant dans l'ordre chronologique. (N. dis T.).
2. De l'œuvre de Denys, il n'existe pourtant ni un manuscrit parfaitement sincère, ni une édition véritablement critique. V. Pitra, Anal, novissima, t. 1, p. 39. (N. dis T.).
rius Mercator, § 59, ix ; cf. Fr. Maassen, Histoire des sources et de ta littérature du droit canonique en Occident, t. I, Gratz, 1870, p. 132-136. — La traduction de l'ouvrage de saint Grégoire de Nysse sur la création de l'homme (lxvii, 345-408) a été mentionnée plus haut, § 51, x.
La Collection Diony sienne dans Migne, P. L., lxvii, 139-316. — Sur les Canons des Apôtres en particulier, v. Supra, § 5, v. — V. en outre Maassen, Op. cit., p. 422-440 : Les collections de Denys le Petit; cf. p. 960- 965 : Les préfaces de Denys. — Ad. Tardif, Histoire des sources du droit canonique, Paris, 1887, in-8°, p. 110-114.
Sur les deux lettres De ratione paschse (lxvii, 19-28 ; on trouve aussi, la première lettre, 483-494), le Cyclus decemnovennalis Dyonisii (Ibid.. 493 498) et les Argumenta paschalia (Ibid., 497-503) v. Ideler, Manuel de chronologie mathématique et technique, t. H, Berlin, 1826, p. 285 et s. — D. A. Amelli attribue à Denys le Petit un recueil latin qu'il a exhumé d'un manuscrit de Novare, contenant des pièces relatives aux querelles eutychiennes ; il en fixe la date aux années 530-535. V. Spicilegium Casinense compleclens Analecta sacra et profana, t. I, Ex typographia Casinensi, 1893, p. 1-189 : Diony sii Exigui nova Collectio pro controversia de uno e Trinitate in cruce passa (1). Cf. Amelli, S. Leone Magno e l'Oriente, Dissertatione sopra una collezione inedita di nuovi documenli relativi al v e al vi secolo, etc., Rome, 1882, Mont-Cassin, 1890, in-8*. V. aussi Supra* § 75, m.
IV. L'abbé Eugippius. — Africain de naissance, Eugippius (Eugipius, ou Eugepius) avait accompagné saint Séverin, son maître et son ami, à travers les régions danubiennes, le Noricum Ripense, entre Passau et Vienne. Saint Se vérin mourut en 482 à Favianis, auj. Mauer, non loin d'OEling, sur les bords du Danube ; quelques années après, vers Tan 492, Eugippius, avec les autres moines, dut s'enfuir du pays et aller chercher un asile près de Naples, au château de Lucullus ; il y fonda un nouveau couvent et en devint l'abbé.
On a de lui, sous le titre d'Excerpta ex operibus S. Au-
1. L'opinion de D. Amelli n a guère trouvé d'écho. (N. des T.).
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gustini, un recueil d'extraits empruntés, pour servir la cause de l'ascétisme, à l'œuvre entière de saint Augustin, et dédiés à une religieuse de Rome, Proba. Ce recueil, ainsi que l'atteste la foule des exemplaires encore subsistants, a eu dans le moyen-âge une grande vogue.
De nos jours les esprits apprécient et goûtent bien plus la Vie de saint Sèverin. Ecrite en 511, elle peint les choses et les hommes en traits aussi nets que sûrs; on dirait vraiment un astre qui perce de ses rayons les ténèbres d'une phase de l'histoire (i).
11 nous reste enfin une lettre d'Eugippius au diacre romain Paschasius (2).
On trouve les œuvres d'Eugippius dans la Patrologie Latine à* Migae, lxii, 559-1088, 1167-1200. — Nouvelle édition par Knoell, Vienne, 1885- 1886 (Corpus script, eccles. lat., t. IV, Pars MI). — Cf. Knœll, Le classement des manuscrits de la Vita S. Severini par Bugippius : Comptes rendus de P Académie des sciences de Vienne, sect. de philos, et d'hisf., 1879, t. XGV,
1. « Vers le milieu du v° siècle les Rugiens avec leurs alliés, les Herules, les Sevrés et les Turcelinges, s'étaient abattus sur les pays qui correspondent à la Basse-Autriche actuelle ; ils étaient ariens et opprimaient durement les habitants catholiques. C'est alors qu'apparut comme un ange du ciel saint Séverin, Tune des pins merveilleuses figures de l'histoire ecclésiastique Sa biographie, dit Wattenbach. œuvre de son disciple Eugippius, est un trésor absolument hors de prix, parce qu'elle jette une vive lumière sur des temps et des conjonctures qui, sans' ce document, seraient pour nous la nuit noire : de fait, avant comme après, une obscurité profonde règne sur ces régions danubiennes. Nulle autre source ne nous présente ainsi l'impge fidèle de cette terre romaine sise au sud du grand fleuve, terre bien Chrétienne déjà et pourvue d'une organisation ecclésiastique complète ; un hasard heureux nous offre de ces pays et de leur population, immédiatement avant leur ruine, un tableau net et vivant. D'une très haute naissance, apparenté peut-être aux derniers empereurs romains, saint Séverin s'était retiré dans la solitude ; il n'en sortit que j)onr voler an secours de ces peuples menacés. » (Kiucs, Hist. de l'Eglise, édit. fr. par P. Godet et C. Verschaffel, t. II, p. 18 et s.).