‹ Les pères de l'égliseChapitre 98 sur 149 · V. Supra, § 87, n · texte numérisé non relu

V. Supra, § 87, n

p. 445498. — » La Pu 4# smnt Séverin a été publiée souvent à pari, notamment (y compris la lettre an diacre Paschaains) par H. Sanppe, Berlin, 1877 (Jfonum. Germ. hist. Auct. antiquiss., I. I, Pars. II).

Wattenbacb, Sources de l histoire d'Allemagne au moyen âge, 6 e édit., i, 44-51. — M. Boedinger, Eugippius, dans les Comptes-rendus de C Académie des sciences de Vienne, sect. de philos, et d?hist. 9 1878, t. XCI, p. 793-814.

V. Saint Benoit de Nursie était né en 480, à Nursia, aujourd'hui Xorcia, dans le duché de Spolète, d'une famille riche et considérable ; il mourut en 543, dans le monastère qu'il avait fondé quinze ans auparavant sur le mont Gassin, aux confins des Abruzzes et de la terre de Labour.

Ce fut là qu'il publia, vers Tan 529, sa Règle de la vie monastique (1). Code parfaitement homogène et qui embrasse toutes les obligations, en satisfaisant à tous les besoins du cloître 1 Cette règle, que les grands papes de l'âge suivant ont comblée de louanges et de faveurs, a été, du vin* siècle au commencement du xin*, la loi générale et presque unique des moines d'Occident ; elle a imprimé à

1. La Règle de saint Benoit, telle que nous la possédons, n'est ni une «Cttvre de premier jet, ni, au sens rigoureux du mot, une œuvre originale. Ce grand liomme s'est inspiré de la Règle de saint Basile, des Institutions et des Conférences de Cassien, de la lettre de saint Augustin Ad sanctimoniaies (Ep. 211;, et, avec un rare génie pratique, il a emprunté aux travaux de ses devanciers ce qui convenait le mieux à son plan et à son but. Soucieux enfin d'améliorer son propre travail, il en a donné lui-même deux ou trois éditions; de la première, qui sans nul doute s'arrêtait au chapitre lxti, pas un exemplaire n'a survécu ; la deuxième s'était enrichie des chapitres lxyii-lxxiii ou lxxii ; car, a la lin du chapitre lxxii, le manuscrit de Saint Gall (vuT siècle) [K>rto amen. La troisième, avec nombre de corrections ici et là, développait la conclusion du Prologue, témoin le codex de Tegernsee, aujourd'hui Monacensis, 10403, du vni p ou ix" siècle. — Les vieilles traductions de la Règle en langues vulgaires ont attiré de nos jours, en Allemagne et en Angleterre, l'attention (Ira Hiiviints ; v. notamment Sietbbs, La règle bénédictine d'Oxford, Tubingue, 1H87, et Lokkmasi, The Rule of S. Bened. Latin and Anglo-Saxon interlin«ar remion, Londres, 1888. (S. des T.).

§ 90, — LITTÉRATURE DE i/lTÀLlE 155

l'ordre monastique un puissant essor et inspiré à des légions de saints leur vie et leurs vertus.

Les manuscrits que nous en avons conservés, se partagent en deux familles, qui probablement dérivent d'une source commune, d'un autographe de saint Benoît.

Migne, P. L., lxvi, 215-932 : S. P. Benedicti Régula cum commentants; 932-934 : S. P. Benedicti sermo habitus in discessu S. Mauri et sociorum, episiola ad s. Maurum missa. — Sur des éditions modernes et d'anciennes explications de la Règle, v. A. Hamilton, 0. S. £., Âncient Bénédictine Customs : The Dublin Revieiv, Sér. III, 1887, t. XVII, p. 80-98. — E. Scbmidt, 0. S. B., a publié une édition de la Règle avec un riche appareil de variantes, Ratiebonne, 1880, in-8° (Vita et Régula S5. P. Benedicti, una cum exposilione Regulœ a Hildemaro édita) et une édition portative, sans appareil critique. Ibid., 1892, in-12°. — On doit à Ed. Woelfflin une excellente édition critique, la première qui ait paru, Be" nedicti régula monachorum, Leipzig, 1895, in-8°.

Graetzmacner, L'importance de Benoit de Nursie et de sa règle dans l'histoire du monackisme, Berlin, 1892, in-8* : très partial.

VI. Viotor de Capoue. — Les ouvrages de l'évêque de Gapoue Victor, sont perdus, sauf quelques fragments épars. Victor, qui mourut en 554, s'était voué surtout, semble-t-il, à l'exégèse sacrée. Il avait aussi traduit et mis h profit les travaux des exégètes grecs.

Sur la version des Harmonies évangéliques d'Ammonius d'Alexandrie dans la Patrologie Latine de Migne, l&vhi, 251-358, cf. Supra, § 17, vi. - - Sur tes fragments de saint Polycarpe de Smyrne, lxviii, 359 360, v. Supra, §11, m, v. — On trouve un Fragment du cycle pascal, sous le nom de Victor, P. £., lxviii, 1097-1098. — Sckolia veterum Patrum (S. Polycarpi, Origenis, Basilii M., Diodori larsensis, etc.) a Victor episc. Capux

15ti TROISIÈME PÉRIODE. — AUTEURS LATINS

collecta, dans J. B. Pitra, Spicilegium Solesmense, t. I, Paris, 1852, p. 265- 277. — Un Excerptum e libella rcticulo $eu de arca Noe t sous le nom de Victor, ibid., p. 287-289. — Suppléments et corrections dans Pitra, Analecta sacra et classica, Paris, 1888, Pars I, p. 163-165.

Peut-être révoque de Caporue, est-il ce t Victor» auquel saint Bonaventure se réfère si souvent dans son commentaire du iv* Evangile. Cf. Doctoris Ser. 8. Bonaventure, Opéra omnia, édita studio et cura PP. Collegii a S. Bonav., t. VI, Quaracchi, 1893, p. 246, n. -7.

§ 90. — Littérature de F Italie (suite). Boèce et Cassiodore.

I. Boèoe. — Esprit encyclopédique, savant, poète, philosophe et homme d'Etat, Anicius Manlius Torquatus Severinus Boethius naquit à Rome vers Tan 480, au sein de la vieille et illustre famille des Anicii, chrétienne depuis longtemps. Orphelin de bonne heure, il ne laissa pas de recevoir une excellente éducation littéraire, et s'appropria surtout, dans un degré rare, la science de la Grèce.

L'étonnante érudition du « dernier Romain », la noblesse de ses aïeux et le charme de ses qualités personnelles lui valurent, avec l'estime, la faveur particulière du roi des Ostrogoths, Théodoric. En 510, Boèce devenait consul, et, dès 522, il voyait ses deux fils élevés, à la fleur de l'âge, aux honneurs du consulat.

Mais autant le matin de sa vie avait été radieux, autant le soir en fut sombre et battu d'orages. La hardiesse et le zèle qu'il déploya dans la défense du sénateur Albinus, accusé de correspondance secrète avec l'empereur d'Orient, Justin I", le firent accuser à son tour d'intelligence avec la cour byzantine et de haute trahison. 11 fut en outre inculpé de magie. Théodoric était inquiet des re-

lations amicales que Justin nouait avec le pape Jean I er ; Arien lui-même, il redoubla de méfiance envers les Romains et les catholiques, et prêta l'oreille aux ennemis de son ancien favori ; un sénat servile condamna ce dernier à mort. Boèce, jeté dans la prison de Pavie, fut exécuté, quelque temps après, entre 524 et 526 (1), au milieu de supplices atroces.

Traduire et commenter les œuvres complètes d'Aristote avec tous les dialogues de Platon, puis montrer, dans la plupart des questions principales, l'harmonie des deux systèmes, ce fut la grande tâche que Boèce se proposa (2). Mais l'infatigable ouvrier ne put exécuter qu'une faible partie de son vaste plan ; l'étude des écrits du Stagyrite sur la Logique l'absorba tout entier; c'est de lui, en définitive, que relève au moyen-âge l'enseignement de la Logique.

Un des travaux de Boèce sur Aristote, le commentaire des Topiques, a disparu. Mais nous possédons encore la traduction des Premières et des secondes Analytiques, celle des Topiques et de la Soph. Elenchi, une version et un commentaire des Catégories, datant de Tan 510, une version du traité De F interprétation, lequel toutefois est d'origine suspecte, avec deux commentaires, destinés le premier aux commençants, le second, bien plus développé, aux personnes compétentes ; par la science et la sagacité qui s'y déploient, ce second commentaire (507-509) est, sur le terrain de la Logique, le chef-d'œuvre de l'auteur. A cette liste joignons un commentaire — écrit avant 510 — sur la traduction de Vlsagoge de Porphyre par Marius Victorinus (3), sa propre traduction avec commentaire de l'ouvrage de Porphyre, Ylntroductio ad catégorie

1. Boèce, très probablement, fat emprisonné dans la seconde moitié de Tan hîA. (N. dm T.).

2. V. la Préface du II" livre de son commentaire sur le De interprétation? . X V. Supra, § 65, vm.

cos syllogismoSy le De catégoriels syllogismis , le De divtsione ; le traité De la définition a usurpé le nom de Boèce (1).

Sur le même terrain ou sur un terrain tout à fait contigu, Boèce a laissé encore sa trace ; nous n'avons pas intégralement conservé son ample commentaire des Topiques de Gicéron ; mais nous possédons le livre De differentiis topicorum, les cinq livres Sur la musique, les deux livres De institulione arithmetica, le traité enfin De la géométrie* dont toutefois l'authenticité n'est rien moins qu'établie.

Ce fut dans le silence de la prison que Boèce composa son fameux ouvrage De la consolation de la philosophie, Philosophie consolatio ou De consolatione philosophie. Analysons d'un mot les cinq livres de 1 ouvrage.

L'auteur, dans le I er livre, commence par exhaler sa douleur et ses plaintes ; il voit alors apparaître la Philosophie sous l'aspeot d'une femme au port élevé, aux traits vénérables. Me voici, lui dit-elle, prête à partager avec vous le fardeau que vous portez à cause de moi.

Dans le II* livre, elle veut d'abord guérir Boèce avec des remèdes doux et calmants. Boèce a été jusqu'ici l'enfant gâté de la Fortune ; mais la Fortune est naturellement inconstante ; qu'importe, après tout? Le vrai bonheur est au cœur de l'homme et point ailleurs ; pures misères que les richesses, les honneurs et le pouvoir ! l'amour de la gloire, en particulier, quelle folie !

Dès le début du III e livre, Boèce, rasséréné, demande avec instances les remèdes énergiques, et la Philosophie lui fait voir en Dieu la seule et unique source du véritable bonheur. Dieu est la fin de toutes choses ; tout aspire à lui, même sans le savoir, et Dieu tourne tout à bien. Le IV* livre s'ouvre par une question : comment, s'écrie

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