LE VOLT AIR IANISME MODERNISTE ET LA PAPAUTÉ
gnés jusqu'aux moelles d'un venin emprunté aux adversaires de la foi catholique, des artisans d'erreurs d'autant plus redoutables qu'ils se cachent dans le sein même de l'Église.
Il les montre portant la cognée non seulement sur les rameaux, mais sur la racine même du catholicisme, et d'autant plus insidieux qu'ils excellent à amalgamer la piété avec le rationalisme.
Il les étudie ensuite dans leurs multiples rôles de philosophes, de croyants, de théologiens, d'historiens, de critiques, d'apologistes, de réformateurs, et explique que, partant de cet agnosticisme qui relègue Dieu dans le domaine de l'inconnaissable, dupés parle mirage menteur d'évolutions successives, ils s'engagent sur une voie qui mène au rejet de l'autorité de l'Eglise, à l'indifférence en matière de religions, à l'individualisme, au rationalisme, à l'athéisme.
Il leur reproche de vouloir que la science et l'histoire soient athées, par cela même qu'ils enferment l'une et l'autre dans la double sphère du monde visible et du monde intérieur, et leur refusent le pouvoir d'atteindre, au delà des phénomènes, le monde supérieur du divin.
Il s'indigne de leur prétention de rénover l'Eglise avec des insanités, des monstruosités qui font horreur, el dénonce leurs jongleries de mots, leurs équivoques, leurs contradictions: « Ecrivent-ils l'histoire? Nulle mention de la divinité de Jésus-Christ. Montent-ils en chaire? Ils proclament hautement cette divinité. Historiens, ils dédaignent Pères et Conciles. Catéchistes, ils les citent avec honneur. Si vous y prenez garde, il y a pour eux deux exégèses fort distinctes : l'exégèse théologique et pastorale, l'exégèse scientifique et historique... Les
modernistes ne reculent pas devant cette déclaration que le plus bel hommage à rendre à l'infini c'est d'en faire l'objet de propositions contradictoires. »
Des deux Christs que distinguent les modernistes, l'un, purement homme, est réel; l'autre, le Dieu de la foi, n'a jamais existé dans la réalité; l'un a vécu en un point du temps et de l'espace ; l'autre n'a jamais vécu que dans les pieuses méditations des croyants. Gomme ils distinguent du Christ de l'histoire le Christ de la foi, ils distinguent de l'Eglise de l'histoire l'Eglise de la foi, et des sacrements de l'histoire les sacrements de la foi.
Les modernistes veulent que, dogmes, Eglise, culte, livres saints, foi, tout enfin, soit tributaire des lois de l'évolution. Affirmations sacrilèges ! Pie X leur rappelle que la stabilité et l'immutabilité sont le propre de l'Église. Selon la lettre encyclique, introduire dans le catholicisme la notion du progrès, c'est méconnaître qu'il est l'œuvre de Dieu; c'est le traiter comme une invention philosophique, susceptible de perfectionnements humains : « La doctrine de foi que Dieu a révélée a été « confiée comme un dépôt divin à l'Épouse de Jésus- « Christ pour être par elle fidèlement gardée et fidèle- « ment interprétée. G est pourquoi le sens des dogmes « doit être retenu tel que Notre Sainte Mère V Église Ta « une fois défini ; et il ne faut jamais s'écarter de ce « sens *, »
L'encyclique n'épargne ni les ironies, ni les invectives à ce clan de théologiens, malades de curiosité et d! 'orgueil, qui déclarent trouver, soit dans les Ecritures
1. Voir dans La Pensée chrétienne, des Évangiles à V Imitation, pages 447 et suivantes, le développement de cette doctrine capitale et les démonstrations établissant qu'elle fait loi dans le catholicisme.