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LE THÉISME DE VOLTAIRE 3Ô

Sévigné, les pages où elle s'amuse du spectacle de pauvres paysans qui sont impitoyablement roués, et, dans la correspondance de Voltaire, les nombreuses lettres où il bout d'indignation contre les cruelles pratiques des juges de son temps : ce n'est pas chez la dévote, c'est chez le libre penseur qu'on reconnaîtra le véritable christianisme.

Voltaire exalte la morale de l'Evangile, si claire, si pure, si sainte, et cette religion du vrai chrétien qui consiste à regarder les hommes comme ses frères, à leur faire du bien et à leur pardonner le mal, sans faste et presque sans effort.

Constatons toutefois que Voltaire est chrétien de tête plutôt que de cœur; qu'il méconnaît certaines grandeurs du christianisme et ne sent pas assez les sublimes beautés de l'esprit de sacrifice. Elles sont pourtant de lui, ces paroles : « Le stoïcisme ne nous a donné qu'un Epictète, et la philosophie chrétienne forme des milliers d'Epictète qui ne savent pas qu'ils le sont et dont la vertu est poussée jusqu'à ignorer leur vertu même ».

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