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L'ÉQUITÉ NATURELLE SUPÉRIEURE AUX LOIS, SELON DIDEROT

De même qu'il oppose aux servitudes consacrées par la coutume les libertés réclamées par la nature, Diderot oppose aux lois que font les hommes cet esprit de justice qui domine les lois.

Dans YEntretien d'un père avec ses enfants, dialogue socratique digne de ceux de Platon, il soutient que les prescriptions légales sont toutes sujettes à des exceptions, et que « c'est au sage qu'il appartient de juger des cas où il faut s'y soumettre ou s'en affranchir ».

Son frère et son père affirment, au contraire, la nécessité de s'en tenir strictement à la loi, et de sacrifier quelquefois l'intérêt du malheureux ou de l'innocent, pour éviter d'ouvrir les portes à une multitude de désordres et de lâcher la bride à une infinité de fripons. Lui persiste à préférer la raison de l'humanité à la raison d'un législateur, et il représente l'homme de bien citant la loi au tribunal de l'équité naturelle, s'y soumettant ou l'annulant.

Sa conclusion est qu' « à la rigueur il n'y a pas de loi pour le sage ». Mais, en même temps qu'il avance cette audacieuse formule, Diderot reconnaît qu'on ne doit pas prêcher de tels principes sur les toits, sous peine des plus graves conséquences, et il se fait dire par son père : « Mon fils, mon fils, c'est un bon oreiller que celui de la

raison ; mais je t'assure que ma tête repose plus doucement encore sur celui de la religion et des lois. »

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