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AUXILIAIRES ET CJONTR AD I CTEURS DE D'HOLBACH

de la pensée. Lamettrie aboutissait à un monisme matérialiste.

De son côté, avant que parût le Système de la nature, l'érudit Boullanger, sans être animé d'intentions agressives, avait étudié les théogonies antiques ; et il avait découvert dans les mystères du paganisme, dans ses cérémonies, dans ses fêtes, dans ses divinités, les prototypes des sacrements, des cérémonies, des fêtes catholiques, ainsi que du Père, du Fils, du Saint-Esprit, de la Vierge et des Saints.

L'Eglise n'épargna pas ses anathèmes à V Antiquité dévoilée.

Au surplus, si les incrédules concluaient des similitudes établies à une parenté de superstitions et d'erreurs entre le paganisme et le catholicisme, les croyants pouvaient répondre qu'en prouvant que les rites de leur religion ne sont que des emprunts faits aux rites des religions antérieures, on ne fait que démontrer combien sont vieilles et profondes les racines des cultes qu'on prétend déraciner.

Peu après d'Holbach, un professeur très populaire au temps de la révolution, Charles-François Dupuis, dans son livre sur YOrigine des cultes, où les hypothèses les plus chimériques s'allient à une science incontestable, devait, lui aussi, affirmer l'inanité de toutes l^es religions ; voir en particulier dans les évangiles des récits aprocryphes ou de pieux mensonges inspirés par l'esprit de superstition ; soutenir que Jésus-Christ n'avait jamais existé, au lieu de se borner à réduire aux proportions humaines sa vie, sa prédication et sa mort ; montrer enfin dans le christianisme un décalque du bouddhisme.

Son disciple, Volney, développa les mêmes vues, dans

son livre Les ruines, paru en 1791, œuvre d'un militant mélancolique qui a beaucoup lu, beaucoup observé, et qui, de ses voyages à travers les livres ou à travers le monde, n'a rapporté qu'une foi, la foi dans la raison et dans le progrès, qu'une haine, la haine des prêtres et des rois.

Exception faite de Lamettrie foncièrement matérialiste, les auxiliaires du baron d'Holbach furent loin d'aller aussi avant que lui dans leurs négations, et maints philosophes firent écho à Voltaire et au roi de Prusse sonnant le tocsin contre le Système de la nature.

D'Holbach se plaignait des erreurs résultant de ce que les hommes méconnaissent la nature et s'improvisent métaphysiciens avant d'avoir approfondi la physique. Il disait: « Tout semble nous autoriser à conjecturer que l'espèce humaine est une production propre à notre globe dans la position où il se trouve ; et que, vu qu'il n'y a que ce qui peut se coordonner avec le tout qui puisse subsister, c'est cette aptitude dans l'homme qui non seulement lui donne l'idée de Tordre, mais encore lui fait dire que tout est bien, tandis que tout n'est que ce qu'il peut être, tandis que tout jest nécessairement ce qu'il est, tandis qu'il n'y a positivement ni bien ni mal. »

Bien différent de d'Holbach, Bonnet de Genève, en 17(39, à la veille de la publication du Système de la nature, dans ses études sur l'état passé et l'état futur des êtres vivants, mettait en œuvre les conceptions maîtresses de Leibniz ; montrait une loi du progrès présidant aux développements sans fin des diverses existences, et ouvrait de curieuses perspectives sur la régénération ou palingénésie des individus, renaissant dans des conditions nouvelles, avec des organes supérieurs.

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