‹ Les pères de la Révolution (de Bayle à Condorcet)Chapitre 217 sur 257 · SAINT-SIMON ET FOURRIER · texte numérisé non relu

SAINT-SIMON ET FOURRIER

C'est durant la période révolutionnaire que le comte de Saint-Simon et Fourrier, nés l'un en 1760, Fautre en 1772, commencèrent à méditer leurs systèmes, éclos plus tard, après le rétablissement de la monarchie. Tous deux passèrent par les prisons de la Terreur, Saint- Simon à Paris, Fourrier à Besançon; tous deux s'émurent du spectacle des misères du peuple, et, au nom de la pitié, au nom de la justice, ils formèrent des plans de réforme sociale où ils se montrèrent plus généreux que pratiques.

Le premier, attribuant tous les maux à l'oisiveté et aux privilèges, parmi lesquels les pires sont l'institution de l'héritage et la subalternité de la femme vis-à-vis de l'homme, et attendant tous les progrès du régime théocratique, voudra faire de l'État une vaste Eglise de travailleurs hiérarchisés, qui, industriels, savants, artistes, exploiteraient en commun la richesse sociale, et dont chacun serait placé selon sa capacité, rétribué selon ses œuvres.

Le second, expliquant toute faute et tout malheur par des passions contrariées, et convaincu qu'une sorte d'harmonie préétablie doit suffire à tout bien ordonner dans le monde moral comme dans le monde physique, visera à instituer des phalanstères, c'est-à-dire de libres sociétés d'individus, ingénieusement groupés d'après leurs sym-

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