‹ Les pères de la Révolution (de Bayle à Condorcet)Chapitre 249 sur 257 · L'ESPRIT FRATERNITAIRE DE CONDORCET G · texte numérisé non relu

L'ESPRIT FRATERNITAIRE DE CONDORCET G

Divinité leur déclaration des droits de l'homme, les constituants français de 1789 et de 1793 ne suivaientpas seulement l'exemple des constituants américains; ils restaient dans le grand courant de la philosophie du xviue siècle, où domine le théisme.

Condorcet, lui, fidèle à l'esprit de maints encyclopédistes, n'admet pas qu'il convienne de faire intervenir Dieu. Y a-t-il, n'y a-t-il pas de Dieu? Gondorcet ne le sait; mais ce qu'il sait hien, c'est que les preuves qu'on prétend donner de son existence ne tiennenl pas dehout. Pourquoi alléguer une entité conjecturale ? De par la nature des individus pensants, le droit existe et est à lui-même sa raison d'être. Pas hesoin, selon un mot de Laplace. de l'hypothèse Dieu.

Ce fut le propre de ce raisonneur d'être complètement destitué du sens mystique et fermé à ces raisons du cœur que la raison ne connaît pas. Gela explique qu'il ait été un si pauvre interprète des Pensées de Pascal, quand il s'est mêlé de les étudier.

Page 1