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LE PACIFISME DES HOMMES DE LA RÉVOLUTION

La Révolution fut pacifique par essence, et c'est Tassaut des rois qui la fît conquérante.

Camille Desmoulins s'accordait avec Robespierre, les Jacobins s'accordaient avec les Cordeliers, il y avait enfin unanimité pour formuler ce principe inscrit dans la Constitution de 1791 : « La France renonce aux conquêtes ; elle n' emploiera jamais ses forces contre l'indépendance d'aucun peuple. » Mirabeau était l'éloquent écho de la conscience commune quand il s'écriait : « Si, pour étouffer à jamais le germe des combats, il fallait renoncer à toute force extérieure, détruire nos frontières, dissoudre notre armée et brûler notre flotte, nous donnerions les premiers l'exemple ».

La Constituante, prenant le deuil de Franklin, avait réprouvé les injustifiables éloges de tous ces brillants malfaiteurs qu'ont exaltés- nos pères, et avait fait sienne cette déclaration de son président : « Les représentants des nations ne doivent recommander à leur hommage que les héros de l'humanité. »

L'histoire nous montre les assemblées de la Révolution cherchant, par delà les frontières de la France, quels sont les pacifiques bienfaiteurs des peuples et les honorant du titre justement envié de citoyens français. C'est ainsi que l'éducateur suisse Pestalozzi, le médecin anglais Jenner, le poète allemand Schiller, furent agrégés dans la grande cité républicaine fondée par la France.

La guerre apparaissait à ces fougueux rénovateurs comme une monstruosité appelée à disparaître avec les despotes; et au vieux régime des luttes fratricides entre

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