MONTESQUIEU ADVERSAIRE DE LA CRUAUTÉ DES PEINES
réalité suprême qu'on imagine : ce S'il y a un Dieu, il faut nécessairement qu'il soit juste ; car s'il ne l'était pas, il serait le plus mauvais et le plus imparfait de tous les êtres. » Supposez au contraire qu'il n'y ait pas de Dieu, la justice ne laissera pas de s'imposer à l'amour et à la volonté des hommes. Pour être libres du joug de la religion, ils ne le seront pas du joug de la morale. Ils pourront bien ne voir que leur intérêt et ne pas voir la justice; ils pourront bien la méconnaître et la violer dans leurs prescriptions et dans leurs pratiques ; elle n'en subsistera pas moins. « Avant qu'il y eût des lois, dit Montesquieu, il y avait des rapports de justice possibles. Dire qu'il n'y a rien de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défendent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on eût tracé des cercles tous les rayons n'étaient pas égaux. »