ILLUSIONS DE MONTESQUIEU SUR LA MONARCHIE ANGLAISE
Et maintenant, qui ne voit quelle est l'erreur de Montesquieu, quand il méconnaît l'autonomie de chaque peuple et quand il associe à la nécessité de diviser les pouvoirs la nécessité de faire coexister la monarchie et l'aristocratie à côté de la démocratie?
Autant il a raison sur le premier point, autant il a tort sur le second. Montesquieu propose la constitution anglaise, qui déjà, au xvie siècle, faisait d'admiration d'Hotmann, comme l'idéal des bonnes constitutions; et il la démonte, l'analyse, l'explique, la justifie, avec une pénétration merveilleuse, nous montrant comment, dans ce système dont les Germains eurent la première idée, s'équilibrent et se complètent le roi, la chambre des lords et la chambre des communes.
Et d'abord, considérons le pouvoir législatif. Si vous le remettez tout entier aux représentants du peuple, il se posera en adversaire devant le pouvoir exécutif, et il